Erdogan accuse Kurdes et Syriens dans l'attentat d'Ankara

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ISTANBUL, 22 octobre (Reuters) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré jeudi que le double attentat suicide qui a fait plus de 100 morts il y a douze jours à Ankara impliquait l'Etat islamique (EI), les rebelles kurdes et la police secrète syrienne. "Cet incident montre à quel point la terreur est mise en oeuvre de manière collective. C'est un acte de terreur totalement collectif qui inclut l'EI, le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), les moukhabarat (police secrète syrienne) et le groupe terroriste PYD (Parti de l'Union démocratique) du nord de la Syrie", a déclaré le président turc à la tribune d'un congrès syndical à Ankara. "Ils ont commis cet acte ensemble", a-t-il dit. Depuis le double attentat, les autorités turques disent concentrer leurs efforts d'investigation sur les djihadistes de l'EI. Un des deux kamikazes a été identifié comme étant Yunus Emre Alagoz, et il est soupçonné d'avoir appartenu avec son frère à une cellule locale de l'EI dans la ville d'Adiyaman dans le sud-est de la Turquie. Mais le gouvernement reste ambigu quant aux responsables, craignant, selon ses opposants, d'en subir les conséquences dans les urnes lors des élections législatives du 1er novembre. L'opposition estime que les attentats sont avant tout le résultat d'une défaillance lourde des services de renseignement et qu'Erdogan cherche à détourner les responsabilités. "Ou bien nous sommes protégés par les pires services de sécurité et de renseignement ou il y a de l'aveuglement et de la tolérance. Même moi, je connais les noms de ces kamikazes. C'est un scandale", déclare Soli Ozel, éditorialiste et professeur à l'université Kadir Has, sur le site d'informations Diken. "Dans une telle situation évidemment, on essaie de s'en sortir en disant que l'Etat islamique et le PKK ont commis l'attentat ensemble. Aucune personne dans le monde ne prendra cette thèse au sérieux", a ajouté l'enseignant. Certains responsables du gouvernement turc ont pointé le fait que de l'ADN appartenant à des membres du PKK, organisation autonomiste des Kurdes de Turquie considérée comme terroriste par Ankara, avait été retrouvé sur le lieu des attentats, tout en n'excluant pas qu'ils participaient à la manifestation prokurde qui a été la cible des kamikazes. Ankara accuse le PYD, qui combat les djihadistes de l'EI dans le nord de la Syrie, d'être étroitement lié au PKK, et le désigne également comme organisation terroriste. (Humeyra Pamuk; Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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