Epopée belge, amours interdites, festival queer... La sélection cinéma du Monde

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Chaque mercredi dans La Matinale, la rédaction du Monde vous propose son choix de films pour la semaine.

Un candidat au trophée belge du film au plus fort taux d’alcoolémie, une romance torride dans l’enfer glacé d’une prison, le portrait truculent d’un faussaire de génie et une comédie dostoïevskienne ne devraient pas empêcher le public lyonnais de se régaler d’une aguichante sélection de films gays et lesbiens d’hier et d’aujourd’hui.

GRANDEUR ET DÉCLIN D’UNE UTOPIE NOCTURNE : « Belgica », de Felix van Groeningen

De Belgica, il ne reste, à la fin de la projection, logiquement, que le collage d’images, de sons et de sensations que l’on conserve au bout d’une nuit d’ivresse. Si le film porte le nom d’un pays (et l’on reviendra sur cette métonymie), il faut se souvenir que cette déclinaison de « Belgique » est d’abord une marque de bière. Et qu’ici cette marque désigne un rade, un bar de la ville de Gand, décor principal du quatrième long-métrage de Felix Van Groeningen.

Derrière les brumes d’alcool et de stupéfiants se dessinent nettement deux figures banales et magnifiques, deux frères que la perspective sans cesse changeante de la mise en scène présente, tour à tour, comme des héros, de minuscules patriarches ou de dignes héritiers des Affranchis, de Martin Scorsese (1990). Jo et Frank font du Belgica une splendide utopie à mi-temps (le jour, ce n’est pas très reluisant) vouée au naufrage. Leurs interprètes, respectivement Stef Aerts et Tom Vermeir, incarnent le désir brut de briser les chaînes du quotidien – ce qui offre au film une énergie proportionnelle à celle du met...

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