Environ 90 détenus suivis pour un risque de radicalisation

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QUELQUE 90 DÉTENUS SONT SUIVIS POUR RISQUE DE RADICALISATION ISLAMISTE
QUELQUE 90 DÉTENUS SONT SUIVIS POUR RISQUE DE RADICALISATION ISLAMISTE

PARIS (Reuters) - Environ 90 détenus font l'objet en France d'un suivi particulier eu égard au risque de radicalisation islamiste en prison, a déclaré jeudi la ministre de la Justice, Christiane Taubira.

La tuerie du musée juif de Bruxelles, dont le principal suspect, Mehdi Nemmouche, est un Français parti combattre un temps en Syrie, a relancé le débat sur la capacité de l'antiterrorisme français à empêcher l'enrôlement des jeunes détenus.

Mehdi Nemmouche, 29 ans et incarcéré à cinq reprises, s'est comme d'autres radicalisé en prison, un phénomène qui "existe" mais qu'il ne faut pas "surestimer", a estimé Christiane Taubira au micro de RTL.

"Il ne faut pas surestimer le phénomène parce que si on le surestime, on évite de se rendre compte de ce qui se passe ailleurs (mais) il y a évidemment des gens qui se radicalisent en prison", a-t-elle dit.

Un service de renseignement pénitentiaire a été créé en 2003 pour suivre les détenus considérés comme les plus dangereux et la ministre de la Justice a souligné que ce service avait été renforcé avec le recrutement de sept personnes il y a un an.

Sur les 800 personnes suivies par ce service, "sur la radicalisation, 90 personnes sont suivies", a-t-elle ajouté.

De source syndicale, on estimait récemment que 150 détenus présentaient un profil islamiste à la fin de 2012, sur plusieurs milliers observant un pratique de l'islam. ()

Pour Christiane Taubira, leur suivi et la maîtrise du phénomène passent aussi par un meilleur encadrement religieux.

"Nous avons recruté des imams, 15 en 2013 et 15 en 2014, ce qui nous permet de couvrir 60 établissements supplémentaires", a-t-elle dit. "Les problèmes ne viennent pas de la pratique du culte, ils viennent d'imams qui s'improvisent et qui appellent à la haine et à la violence."

La justice française examine jeudi une éventuelle remise de Mehdi Nemmouche aux autorités belges dans le cadre de l'enquête sur la tuerie du musée juif de Bruxelles, qui a fait quatre morts le 24 mai dernier.

(Gregory Blachier, avec Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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