Environ 9.000 réfugiés syriens ont gagné la Turquie en 24h

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LA TURQUIE A ACCUEILLI QUELQUE 9.000 RÉFUGIÉS SYRIENS EN 24H
LA TURQUIE A ACCUEILLI QUELQUE 9.000 RÉFUGIÉS SYRIENS EN 24H

par Jonathon Burch

ANKARA (Reuters) - Environ 9.000 Syriens fuyant les violences ont franchi la frontière turque ces dernières 24 heures, a dit vendredi le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ce qui porte à plus de 120.000 le nombre de réfugiés syriens en Turquie.

L'agence de presse Anatolia rapporte par ailleurs que 26 officiers syriens, dont deux généraux, ont fait défection et rejoint la Turquie avec leurs familles durant la nuit. Il s'agit de la plus grosse désertion de masse de gradés depuis des mois.

Le Premier ministre turc, Tayyip Erdogan, dont le pays est confronté à un afflux croissant de réfugiés, a de nouveau fustigé vendredi le Conseil de sécurité de l'Onu pour son impuissance face à la crise syrienne.

"C'est vraiment étrange. Des atrocités sont commises en ce moment en Syrie et ces atrocités sont orchestrées par un chef d'Etat. Tandis que ces atrocités se poursuivent (...), les Nations unies restent silencieuses à ce sujet", a-t-il déclaré lors d'un déplacement en Indonésie.

"Jusqu'où cela ira-t-il ? Quand les membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu vont-ils prendre leurs responsabilités ? Nous sommes obligés d'agir ensemble pour contrer cela sans quoi nous ne pourrons plus parler d'organe démocratique pour cette instance internationale", a ajouté le Premier ministre turc.

Selon le HCR, 1.000 Syriens ont également fui vers le Liban et le même nombre a gagné la Jordanie, portant à 408.000 le nombre total de réfugiés syriens recensés dans les pays voisins.

Cette dernière vague de départ vers la Turquie est l'une des plus importantes depuis le début du soulèvement contre le président syrien Bachar al Assad, en mars 2011.

PROGRESSION VERS LE NORD-EST

Les rebelles syriens, qui ont repoussé les forces loyalistes de la plus grande partie du Nord syrien et se sont emparés de plusieurs points de passage frontaliers vers la Turquie, ont pris jeudi soir la ville frontalière de Ras al Aïn, a-t-on appris auprès d'un commandant rebelle et de l'opposition.

Les combats ont fait dix morts dans cette localité arabe et kurde de la province de Hassaka, située à 600 km au nord-est de Damas, a-t-on précisé de mêmes sources.

"Ce point de passage est important car il nous ouvre une nouvelle voie vers la Turquie, par laquelle nous pouvons évacuer nos blessés et nous approvisionner", a expliqué Khaled al Walid, commandant d'une division de l'Armée syrienne libre (ASL) dans la province voisine de Raqqa.

Un vingtaine de membres des forces de sécurité ont par ailleurs été tués et plusieurs autres blessés lors de l'attaque du siège d'un bâtiment des services de sécurité à Ras al Aïn, rapporte L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

"Le sort de plus de 25 policiers reste inconnu", précise le communiqué de l'OSDH, organisation basée à Londres.

Au cours des trois derniers mois, les rebelles syriens ont pris plusieurs postes avancés le long des 910 km de la frontière turque. Ils progressent en direction du nord-est, où vit une grande partie de la minorité kurde de Syrie, une communauté forte d'un million de personnes sur une population totale d'environ 22 millions d'habitants.

Le Conseil kurde, coalition de partis opposés au régime de Bachar al Assad, a demandé à l'ASL de quitter la région, expliquant que les combats, de même que la peur de bombardements en représailles des forces régulières syriennes, avaient fait fuir la plupart des 50.000 habitants de Ras al Aïn.

"Tout en affirmant son appartenance à la révolution visant à mettre à bas ce régime totalitaire, le Conseil kurde estime que la province d'Hassaka doit rester une région sûre pour les milliers de réfugiés qui y ont fui en provenance d'autres régions", peut-on lire dans ce communiqué.

"ATMOSPHÈRE POSITIVE" À DOHA

L'OSDH a rapporté qu'au moins douze personnes avaient été tuées par un bombardement de l'armée à Al Kourriya, dans l'est du pays. Les autorités ont démenti être impliquées.

Des rebelles et des soldats syriens se sont également affrontés à Kfar Sousseh, un quartier huppé de Damas à quelques kilomètres seulement du palais présidentiel, disent des activistes, précisant que la zone était bombardée à partir de bases militaires situées dans la capitale.

D'après un militant de l'opposition présent dans le centre de Damas, des postes de police et des bâtiments publics ont été fortifiés avec des sacs de sable durant la semaine, pour prévenir les attaques de plus en plus audacieuses des rebelles.

Le Conseil national syrien (CNS), principale formation de l'opposition en exil qui rassemble islamistes, laïques et démocrates, est réuni depuis jeudi à Doha, au Qatar, pour négocier un accord sur une nouvelle structure unifiée chargée de préparer l'après-Assad.

Bourhan Ghalioun, membre du CNS, a évoqué une "atmosphère positive" à propos de la réunion. "Nous sommes tous d'accord pour dire qu'on ne veut pas que cette réunion se solde par un échec", a-t-il dit.

Avec Khaled Yacoub Oweis à Amman, Tom Perry et Oliver Holmes à Beyrouth et Stephanie Nebehay à Genève, Juliette Rabat pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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