Entretien "historique" Obama-Castro au sommet des Amériques

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par Matt Spetalnick et Daniel Trotta PANAMA, 11 avril (Reuters) - Barack Obama a eu samedi un entretien qu'il a qualifié d'"historique" avec son homologue cubain Raùl Castro en marge du sommet des Amériques à Panama, moins de quatre mois après le début du processus de normalisation annoncé conjointement le 17 décembre. Le président américain a jugé le moment venu de tourner la page de la Guerre froide, sans renoncer à insister sur le respect des droits de l'homme et de la démocratie. "Nous sommes maintenant en mesure de tracer un chemin vers l'avenir", a-t-il déclaré à son interlocuteur avant d'entamer cet entretien sans précédent depuis près de 60 ans qui, selon lui, ne mettra toutefois pas fin aux divergences entre Washington et La Havane. "Nous avons des points de vue différents sur l'organisation de la société et je lui ai dit de façon très directe que nous n'allions pas cesser de parler de sujets tels que la démocratie, la liberté de la presse et la liberté de réunion", a ensuite souligné Barack Obama, lors de la conférence de presse qui a suivi. L'hostilité et les sanctions économiques n'ont pas entraîné de changement majeur, il était donc temps d'adopter une nouvelle approche, a-t-il expliqué, justifiant le tournant annoncé en décembre, qui doit conduire au rétablissement des liens diplomatiques rompus en 1961. Des dispositions limitant les déplacements et les échanges commerciaux entre les deux pays ont d'ores et déjà été levées. "La guerre froide est terminée", a insisté Barack Obama, ajoutant qu'une majorité d'Américains le soutenait dans sa démarche de rapprochement. "NOUS DEVONS ÊTRE PATIENTS, TRÈS PATIENTS" Le tête-à-tête, cordial mais franc, s'est déroulé dans une petite salle de conférence où les deux chefs d'Etat étaient assis face à face. Il a duré 01h20. "Nous sommes disposés à discuter de tout, mais nous devons être patients, très patients. Nous nous entendrons sur certains points, mais nous divergerons sur d'autres", avait auparavant averti Raùl Castro. Il a par ailleurs condamné les tentatives américaines de renversement du régime communiste mais a salué en Barack Obama un "honnête homme". "Je m'excuse auprès du président Obama, car il n'est en rien responsable de cela", a a-t-il ajouté. Le président cubain, qui est âgé de 83 ans, a entamé de timides réformes économiques, mais a exclu de renoncer aux principes de la révolution de 1959 qui a porté son frère Fidel au pouvoir. Ce dernier lui a cédé la place en 2008 pour raisons de santé. La dernier sommet américano-cubain, qui a réuni Dwight Eisenhower et Fulgencio Batista, remontait à 1956. Il s'était également déroulé au Panama. Au-delà des gestes symboliques, Cuba attend avec impatience d'être rayée de la liste américaine des Etats promoteurs du terrorisme. Barack Obama prendra sa décision dans les jours à venir, a promis samedi un membre de la délégation américaine, ajoutant que la Maison blanche avait achevé sa réflexion sur le sujet. "Nous devons dire très clairement que Cuba n'est pas une menace pour les Etats-Unis", a quant à lui estimé le président lors de la conférence de presse. Cuba figure sur cette liste depuis 1982. La Havane soutenait alors des rebellions marxistes en Amérique latine. L'Iran, la Syrie et le Soudan s'y trouvent également. (Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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