Entrée interdite en Israël pour des Palestiniens après Tel Aviv

le , mis à jour à 17:21
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    * Plus de 80.000 Palestiniens de Cisjordanie sont concernés 
    * Deux hommes et deux femmes tués à Tel Aviv 
    * Plusieurs groupes palestiniens saluent l'attaque de 
mercredi 
 
 (actualisé avec déclarations de Netanyahu, Abbas) 
    par Luke Baker et Jad Sleiman 
    JERUSALEM, 9 juin (Reuters) - L'armée israélienne a annulé 
jeudi 83.000 autorisations d'entrée en Israël accordées à 
l'occasion du ramadan et annoncé l'envoi de renforts en 
Cisjordanie au lendemain de la mort de quatre Israéliens tués 
par des Palestiniens à Tel Aviv. 
    Les meurtres, menés par deux cousins d'un vingtaine 
d'années, ont eu lieu dans un restaurant en vogue situé près du 
ministère israélien de la Défense.    
    Ils n'ont pas été revendiqués mais plusieurs groupes 
palestiniens, dont le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, ont 
approuvé ce geste. 
    Les attaquants, en costume-cravate pour se faire passer pour 
des clients du restaurant, venaient de Yatta, un village proche 
d'Hébron, en Cisjordanie. Deux femmes et deux hommes sont morts. 
Il y a eu également six blessés. 
    Ces dernières semaines, les attaques d'Israéliens par des 
Palestiniens, à l'arme blanche, par arme à feu ou à la 
voiture-bélier étaient devenues plus rares après avoir été 
quasi-quotidiennes.   
    L'attaque de mercredi soir est la plus meurtrière depuis 
huit mois. 
    Les auteurs des tirs, entrés apparemment sans autorisation 
en Israël selon des spécialistes de la sécurité, ont été 
rapidement appréhendés. L'un des deux souffre de blessures par 
balles.  
    "Il est clair qu'ils ont passé du temps en préparation, 
entraînement et choix de leur cible. Ils ont eu des soutiens, 
mais nous ne savons pas qui sont leurs soutiens", a déclaré à la 
presse Barak Ben-Zur, ancien chef d'études au Shin Bet, le 
service israélien du renseignement intérieur. 
    Les armes automatiques utilisées sont semble-t-il des armes 
de contrebande, a-t-il ajouté. 
    Après une série de consultations supervisées par le Premier 
ministre Benjamin Netanyahu, l'armée israélienne a annoncé 
qu'elle annulait 83.000 autorisations délivrées à des 
Palestiniens de Cisjordanie pour qu'ils puissent rendre visite à 
leurs proches durant le jeûne du ramadan. 
    Le chef de l'exécutif israélien s'est rendu dès son retour 
d'une visite de 48 heures à Moscou sur les lieux de la 
fusillade, qu'il a qualifiée de "meurtre de sang-froid" et il a 
promis des représailles. 
    "Nous retrouverons tous ceux qui ont coopéré à cette attaque 
et nous agirons avec fermeté et intellgience pour combattre le 
terrorisme", a-t-il dit. 
     
    PÉTARDS ET DRAPEAUX 
    L'armée israélienne a annoncé le déploiement de deux 
bataillons en Cisjordanie dans la journée pour renforcer les 
troupes stationnées dans ce territoire occupé. Un bataillon 
israélien comprend environ 300 militaires. 
    Ce genre de mesures, qui s'accompagnent d'un accès restreint 
au site de l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de 
l'islam sunnite, mais également révéré dans le judaïsme parce 
qu'étant le site de deux anciens temples bibliques, ont par le 
passé été source de tensions avec les Palestiniens. 
    Après l'attaque de mercredi soir, des pétards ont été tirés 
de divers endroits de Cisjordanie. Dans certains camps de 
réfugiés, on a chanté et agité des drapeaux, ont raconté des 
habitants. 
    Un porte-parole du Hamas, Houssam Badran, a estimé qu'il 
s'agissait de "la première prophétie du ramadan". L'attaque qui 
a eu lieu en face du ministère israélien de la Défense, 
"démontre l'échec de toutes les mesures prises par l'occupant" 
pour mettre fin au soulèvement, a-t-il dit. 
    Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) a 
décrit les meurtres de mercredi soir comme "une réponse 
naturelle aux exécutions menées par l'occupation sioniste". Il a 
également qualifié cette action de défi lancé à Avigdor 
Lieberman, le nouveau ministre de la Défense israélien qui va 
devoir décider de la riposte à ces violences.  
    Le FPLP est le deuxième groupe par ordre d'importance au 
sein de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) 
derrière le Fatah, le mouvement du président de l'Autorité 
palestinienne Mahmoud Abbas. 
    Ce dernier a publié un communiqué dans lequel il dit 
"rejeter toutes les opérations visant des civils, quel que soit 
son auteur et quelles que soient leurs justifications". 
    Depuis octobre dernier, 32 Israéliens et deux Américains en 
visite en Israël ont été tués dans des attaques palestiniennes. 
Les forces israéliennes, dans le même temps, ont abattu 196 
Palestiniens, dont 134 présentés par Israël comme des 
assaillants. Les autres ont été tués dans des heurts et lors de 
manifestations. 
 
 (Avec Dan Williams et Nidal al Moughrabi; Danielle Rouquié et 
Nicolas Delame pour le service français) 
 
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  • manx750 il y a 12 mois

    Pourquoi pas en France ?

  • acharbi1 il y a 12 mois

    Nous avons les mêmes terroristes en France,et après ils parlent pas d'amalgames

  • raich2 il y a 12 mois

    Un peu comme au Bataclan, s'attaquer aux civils puis prendre la fuite, on devine bien qu'il s'agit de barbares pour ne pas employer de mots censurés.