Entre corruption et dopage, les dernières révélations de l'Agence mondiale antidopage

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Entre corruption et dopage, les dernières révélations de l'Agence mondiale antidopage
Entre corruption et dopage, les dernières révélations de l'Agence mondiale antidopage

Jeudi, le second volet du rapport de l'Agence mondiale antidopage accuse la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) d'avoir mis en place des politiques de dissimulation de dopage et de corruption.

La deuxième partie du rapport de l’Agence mondiale antidopage (AMA) a été dévoilé au cours d’une conférence de presse à Munich, jeudi. Au sein de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), « la corruption était partie intégrante » et les dirigeants « ne pouvaient ignorer l’ampleur du dopage » affirme l’AMA. La commission d’enquête juge que la corruption « ne peut être attribuée seulement à quelques brebis galeuses agissant de façon isolée ». Selon elle, l’IAAF n’a pas été « assez ferme avec un certain nombre de pays, dont la Russie ». La Russie, justement, a été suspendue en novembre dernier de toute compétition d’athlétisme, laissant la possibilité d’une absence des athlètes russes aux prochains JO de Rio en août 2016.

« Le Conseil de l’IAAF ne pouvait pas ne pas être au courant »

Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme, est jugé « responsable de l’organisation d’une conspiration et d’une corruption qui a eu lieu » au sein de l’IAAF. Le rapport pointe aussi que ce dernier avait instauré « une structure de gouvernance illégitime ». En plus de différents membres de la Fédération, les deux fils de Lamine Diack sont eux aussi concernés par ce rapport : « Le Conseil de l’IAAF ne pouvait pas ne pas être au courant du niveau de népotisme au sein de l’IAAF. »

Lorsque le président de l’IAAF (ndlr : mis en examen par la justice française), son conseiller personnel (Habib Cissé, lui aussi mis en examen par la justice française), deux de ses fils en position de responsabilité (Papa Massata et Khalil Diack, tous deux employés par le passé par l’IAAF), le directeur du département médical et antidopage (Gabriel Dollé, lui aussi mis en examen) et le secrétaire général adjoint sont tous impliqués dans les agissements douteux ou criminels, c’est la réputation de l’IAAF toute entière qui est mise en doute, et cette réputation doit être restaurée. »

Braillard : « Il n’y avait pas que le cyclisme qui était gangréné par le dopage »

Sebastian Coe, président de l’IAAF depuis août dernier, a lui été épargné par l’AMA et son président Dick Pound : « Si Coe avait été au courant de la corruption au sein de l’IAAF, il serait intervenu. Il n’y a personne de meilleur que Sébastian Coe. » Côté français, Thierry Braillard, le secrétaire d’Etat aux Sports, a réaffirmé son soutien à l’AMA et encouragé les révélations. « Il n’y avait pas que le cyclisme qui était gangréné par le dopage, nous a-t-il expliqué. A une époque, on pensait qu’il n’y avait que ce sport qui en souffrait. »

Si des efforts importants ont été faits dans ce sport, il faut que ces efforts soient faits dans tous les sports. Il se trouve qu’aujourd’hui, l’Agence Mondiale Antidopage a décidé de prendre ces responsabilités et l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a pris les siennes en adoptant le troisième Code mondial antidopage produit par l’AMA. La France est en soutien total dans cette lutte. C’est la raison pour laquelle j’engage l’AMA à aller le plus loin possible et elle aura le soutien de la France dans cette lutte. Il n’y a pas de place pour les tricheurs. Un processus est engagé, nous le soutenons de toutes nos forces car il faut que l’AMA aille très loin pour arrêter les tricheurs. »

Alexandre Ravet (avec Nicolas Berté)

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