Enrique bientôt éjecté ?

le
0
Enrique bientôt éjecté ?
Enrique bientôt éjecté ?

Il en avait déjà eu l'occasion à plusieurs reprises, mais hier, Luis Enrique a été frappé de plein fouet par toutes les difficultés de son poste. Celui d'entraîneur de l'un des plus grands clubs de la planète et du plus marquant de ce siècle.

Avoir le privilège de diriger le FC Barcelone procure aussi, immuablement, le poids de l'échec, rendu encore plus lourd par sa rareté en terres catalanes. Le coach espagnol n'en avait peut-être pas la mesure avant de s'engager avec les Blaugrana, ou peut-être être ne s'attendait-il tout simplement pas à recevoir, mardi soir, une telle leçon de football et le lot de critiques qui l'ont suivie.

Il en a, inconsciemment, lui-même apporté la preuve, mardi soir, juste après le coup de sifflet final, au moment où Jordi Grau, journaliste de TV3, lui a relayé une courte analyse livrée par Sergio Busquets quelques minutes auparavant. « C’était une leçon de football. Ils ont su mettre en place un plan et l’appliquer comme ils le voulaient », avait alors lâché le milieu de terrain, sous-entendant une mauvaise préparation catalane. Le coach de 46 ans a alors tenté de se défendre, évoquant un changement tactique.

Hausser le ton sur le terrain plutôt qu’en dehors

Considérablement agacé par le ton employé par son interlocuteur, l’ex milieu de terrain a fini par s’emporter. « Le responsable, c’est moi. Alors arrêtez de le chercher et de vous préoccuper de cela. J’accepte toute la responsabilité. En revanche, j’aurais aimé que vous utilisiez le même petit ton lors de nos victoires », a-t-il lâché, regard sombre, geste à l’appui, avant de partir. Dans la soirée, plusieurs médias ont même rapporté que le technicien en serait venu aux mains si plusieurs membres du staff barcelonais n’étaient pas intervenus. Mais ces informations ont finalement été démenties par TV3.

Il n’en fallait de toute façon pas plus pour que la situation délicate traversée par le coach n’éclate au grand jour. Elle était déjà extrêmement tendue, depuis plusieurs mois, puisque les négociations concernant une éventuelle prolongation de son contrat, expirant en juin prochain, ont été gelées en début de saison. En coulisses, ce manque de visibilité sur l’avenir aurait provoqué l’affront d’une partie du vestiaire, qu’Ivan Rakitic, dont l’importance a été remise en question par Enrique, aurait pu incarner sans les opérations de communication menées par le club.

La remuntada ou la porte ?

Mais certaines phrases, comme celle de Sergio Busquets, tout comme l’attitude, ne trompent en rien la réalité. Mardi soir, l’amorphie blaugrana a été aussi évidente que le génie parisien. Une telle conduite n’a jamais été bénéfique pour une équipe de football, elle a finalement été fatale pour la machine barcelonaise dont l’identité tactique n’est ni à faire, ni à revoir, mais à peaufiner. Au Parc des Princes, Luis Enrique a donné du relief à son échec en instaurant, aux alentours de la 60ememinute, un nouveau schéma en 4-2-3-1 initié par l’entrée en jeu de Rafinha en lieu et place d’André Gomes.

Le tout avait pour but de sauver l’honneur et quelques espoirs de qualification. Il a finalement permis aux Parisiens de museler plus facilement Luis Suarez, moins mobile, et Lionel Messi, éloigné du but. Edinson Cavani en a même profité pour planter la quatrième banderille. Selon la Cadena Cope, cette incapacité d’adaptation aurait définitivement convaincu les cadres de l’équipe, Piqué ou Messi en tête, de réclamer un renouveau au poste d’entraîneur. Ils ne le crieront pas sur tous les toits. Mais ils pourraient bien le faire comprendre sur le terrain. A moins que les dirigeants culés ne prennent les devants dès le match retour, en cas d’élimination. Au jeu du siège éjectable, ils pourraient être tentés d’appuyer sur le bouton plus vite que prévu.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant