Enrico Letta présente un nouveau gouvernement pour l'Italie

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ENRICO LETTA PRÉSENTE LA COMPOSITION DE SON GOUVERNEMENT
ENRICO LETTA PRÉSENTE LA COMPOSITION DE SON GOUVERNEMENT

par James Mackenzie et Gavin Jones

ROME (Reuters) - Trois jours après sa nomination, Enrico Letta a présenté samedi au président italien Giorgio Napolitano la composition de son gouvernement de coalition dans lequel Angelino Alfano, l'un des plus proches alliés de Silvio Berlusconi, aura le rang de vice-président du Conseil.

"Je n'ai pas besoin de formule spéciale pour définir la nature de ce gouvernement: c'est un gouvernement politique (...), l'unique possible", a commenté le président de la République.

"J'espère que ce gouvernement se mettra rapidement au travail dans un esprit de coopération fervente et sans préjugé ni conflit", a-t-il ajouté.

Outre la vice-présidence du Conseil, Angelino Alfano, secrétaire général de Peuple de la liberté (PDL) ardemment soutenu par Berlusconi lors des consultations de ces derniers jours, sera également ministre de l'Intérieur.

Berlusconi avait annoncé dans l'après-midi qu'il ne serait pas ministre mais à 76 ans, "Il Cavaliere", que l'on disait hors jeu après sa démission sous les lazzi en novembre 2011, est redevenu incontournable et jouera un rôle important en coulisse.

Le ministère de l'Economie revient en revanche à un "expert" sans affiliation politique, l'actuel directeur général de la Banque d'Italie, Fabrizzio Saccomanni, tandis qu'Emma Bonino, ancienne commissaire européenne, prendra en charge les Affaires étrangères.

Flavio Zanonato, du Parti démocrate (PD, centre-gauche), accède à la tête du ministère du Développement économique.

Annamaria Cancellieri, qui était ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Mario Monti, est nommée elle ministre de la Justice. Mario Mauro, de la formation centriste Scelta civica (Choix civique), prend la tête du ministère de la Défense.

NAPOLITANO A DÉBLOQUÉ LA SITUATION EN UNE SEMAINE

Enrico Letta, numéro deux du PD, a été désigné mercredi par Giorgio Napolitano.

Formé après d'intenses tractations, son gouvernement prêtera serment ce dimanche à 11h30 (09h30 GMT), ont précisé les services de la présidence, et le nouveau président du Conseil, qui est âgé de 46 ans, devrait être en mesure de se soumettre à un vote de confiance des parlementaires dès lundi.

Depuis les élections de février, qui ont donné au Parti démocrate la majorité absolue à la Chambre des députés mais pas au Sénat, qu'aucun parti ne contrôlait, l'Italie, troisième puissance économique de la zone euro, était en quête d'un introuvable gouvernement.

La réélection, à contrecoeur, de Giorgio Napolitano, bientôt 88 ans, a débloqué la situation. En acceptant samedi dernier de prolonger son bail au palais du Quirinal, le président de la République s'est retrouvé en position de force.

Fustigeant "l'irresponsabilité" des partis politiques, il les a également prévenus que s'il devait de nouveau se retrouver confronté à leur "surdité", il en tirerait "toutes les conséquences devant la nation".

GRILLO: "UNE ORGIE DIGNE DU MEILLEUR DES BUNGA BUNGA"

Enrico Letta, figure de l'aile droite du PD et neveu d'un des plus proches conseillers de Berlusconi, Gianni Letta, a indiqué que ses priorités iraient à la création d'emplois et à l'aide aux PME, ainsi qu'à la réforme des institutions, et notamment du code électoral.

En théorie, il partage avec Silvio Berlusconi le souci de mettre de côté l'obsession de l'Union européenne pour l'austérité et de privilégier des mesures de relance de la croissance économique et de l'investissement.

Reste à voir comment cela se concrétisera sur le terrain des décisions. Berlusconi et son PDL réclament notamment l'abolition de la taxe sur les résidences principales (ou impôt municipal unique, Imu) réintroduite l'an dernier par le gouvernement de Mario Monti.

S'ils obtiennent gain de cause, il manquera quelque 8 milliards d'euros cette année dans les caisses de l'Etat.

Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) se tient quant à lui à l'écart du jeu politique. Pour son chef de file, Beppe Grillo, la création de cette coalition droite-gauche est "une orgie digne du meilleur des bunga bunga", ces fêtes privées organisées par Berlusconi.

Avec Roberto Landucci et Steve Scherer; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français

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