Enrico Letta, la carte jeune de Giorgio Napolitano

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ENRICO LETTA CHARGÉ DE FORMER LE NOUVEAU GOUVERNEMENT ITALIEN
ENRICO LETTA CHARGÉ DE FORMER LE NOUVEAU GOUVERNEMENT ITALIEN

ROME (Reuters) - Nommé mercredi président du Conseil, Enrico Letta, qui pourrait devenir le deuxième chef de gouvernement le plus jeune de l'Histoire de l'Italie, a connu une ascension très rapide dans les arcanes de la politique.

Agé de 46 ans, l'homme que Giorgio Napolitano a choisi pour sortir le pays de l'impasse créée par les élections législatives de février fait figure de dirigeant sérieux et doté d'un solide sens des responsabilités.

Jeune, modéré, europhile, il est de nature à satisfaire les partenaires de l'Italie et les acteurs des marchés financiers.

Enrico Letta est issu de la mouvance centriste du Parti démocrate (PD), formation de centre-gauche née sur les décombres des anciens partis politiques emportés par les scandales révélés par l'opération Mains propres, et où se retrouvent aussi bien ex-communistes qu'anciens de la Démocratie chrétienne (DC).

C'est à la DC que le probable futur locataire du palais Chigi a fait ses armes, au début des années 1990.

A 31 ans, il est déjà le numéro deux du Parti populaire, une émanation de la Démocratie chrétienne, et un an plus tard, en 1998, accède au poste de ministre des Affaires européennes, devenant le plus jeune membre d'un gouvernement italien.

Vice-secrétaire de la direction démissionnaire du PD, Enrico Letta présente l'avantage d'être acceptable aux yeux de Silvio Berlusconi et de ses élus du Peuple de la liberté (PDL). Son oncle, Gianni Letta, est le plus proche conseiller politique du "Cavaliere" depuis plus de dix ans.

Cette proximité ne sera sans doute pas de trop à l'heure de former un gouvernement susceptible d'être soutenu tant par le Parti démocrate que par la droite et les centristes, regroupés eux autour de Mario Monti auquel il est appelé à succéder.

Depuis plusieurs jours déjà, son nom circulait, même si le vétéran socialiste Giuliano Amato, 75 ans et deux fois déjà président du Conseil, semblait tenir la corde.

La dislocation du Parti démocrate, dont les divisions ont éclaté au grand jour lors du fiasco des premiers tours de l'élection présidentielle au suffrage indirect, jouait aussi contre lui.

Tirant les leçons de son incapacité à réunir ses troupes, toute la direction du PD, Pier Luigi Bersani et Enrico Letta en tête, a du reste démissionné.

Au final cependant, la jeunesse de Letta et le fait que, à l'inverse d'Amato, il a été élu lors des élections législatives de février ont sans doute joué en sa faveur.

Gavin Jones; Henri-Pierre André pour le service français

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