ENQUÊTE -Zone euro-La politique budgétaire doit prendre la relève

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    * Les données de l'enquête: reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/econ-polls?RIC=EUGDPQAP 
    * Les données sur la BCE: reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/cb-polls?RIC=EUECBR%3DECI 
 
    par Shrutee Sarkar et Rahul Karunakar 
    15 septembre (Reuters) - La politique budgétaire doit 
compléter une politique monétaire toujours plus accommodante 
pour sortir l'économie de la zone euro de l'ornière d'une 
croissance et d'une inflation faibles, estiment une majorité 
d'économistes sondés par Reuters. 
    Les interrogations des investisseurs sur la capacité de 
banques centrales comme la Banque du Japon ou la Banque centrale 
européenne à relancer l'activité et à stimuler la hausse des 
prix ont entraîné des dégagements sur les marchés obligataires 
au cours des dernières séances.  
    Klaas Knot, membre du conseil des gouverneurs de la Banque 
centrale européenne (BCE), a aussi mis en garde mercredi contre 
les risques d'un nouvel assouplissement de la politique 
monétaire.   
    Près de 90% des quelques 70 économistes interrogés la 
semaine dernière par Reuters dans le cadre d'une enquête 
mensuelle sur les perspectives de la zone euro ont estimé que la 
politique budgétaire devait être mise à contribution pour 
stimuler l'activité et les prix plutôt que le recours à des 
mesures encore plus agressives de politique monétaire.  
    Le président de la BCE Marion Draghi a aussi déclaré la 
semaine dernière que les politiques budgétaires devaient 
soutenir la reprise. Il faisait échos aux propos de nombreux 
banquiers centraux lors de leur symposium annuel à Jackson Hole 
aux Etats-Unis fin août sur le même thème.  
    Les marges de manoeuvre budgétaire des pays de la zone euro 
sont toutefois contraintes par le Pacte de stabilité qui fixe 
notamment un plafond au déficit public à 3% du produit intérieur 
brut (PIB), même si un certain nombre de dirigeants européens 
plaident régulièrement pour plus de souplesse dans l'application 
de cette règle.  
    "L'efficacité de la politique monétaire a atteint ses 
limites. Une politique de soutien budgétaire serait donc 
bienvenue. Toutefois, les obstacles politiques demeurent 
importants et nous n'espérons pas grand chose de ce côté", a dit 
Oliver Niklasch, économiste chez LBBW.  
     
    LA BCE ATTENDUE EN DECEMBRE  
    Interrogés sur les pays de la zone euro les mieux à même de 
conduire une politique budgétaire expansionniste, les 
économistes interrogés citent majoritairement l'Allemagne.  
    Quelques uns ont mentionné la France et l'Italie et de 
petits pays du coeur de la zone euro. Certains d'entre eux 
plaident  pour une politique budgétaire européenne plus 
coordonnée.  
    Même au Royaume-Uni, où une récession devrait être évitée de 
peu malgré le "Brexit", une politique de soutien budgétaire est 
aussi nécessaire, estiment les économistes.   
    Décevant les attentes des investisseurs, la BCE n'a pas 
annoncé la semaine dernière une extension de son programme 
rachats d'actifs de 80 milliards d'euros par mois, déclarant 
vouloir continuer d'en apprécier les effets et étudier les 
moyens de l'améliorer.  
    Les économistes interrogés s'attendent toutefois 
majoritairement à ce qu'elle annonce une prolongation de sa 
politique d'assouplissement quantitatif au-delà de l'échéance 
prévue en mars 2017.  
    Ils prévoient que cette annonce interviendra en décembre, ce 
qui fera plus ou moins coïncider avec le calendrier désormais 
anticipé de la prochaine hausse des taux directeurs de la 
Réserve fédérale. Certains d'entre eux n'excluent pas une 
annonce plus rapide, dès le mois prochain.  
    Ni la croissance ni l'inflation au sein de la zone euro ne 
devraient toutefois significativement accélérer dans les 
prochains mois, selon les médianes des prévisions compilées pour 
cette enquête, en grande partie inchangées par rapport au mois 
dernier.  
    La croissance ne devrait pas dépasser 0,3% sur chacun des 
trimestres de cette année et 0,4% sur chacun de ceux de l'année 
prochaine.  
    L'objectif de la BCE d'une inflation proche mais inférieure 
à 2% ne devrait donc pas être atteint à l'horizon des prévisions 
avec une croissance des prix de 0,3% en moyenne sur l'année en 
2016, 1,3% en 2017 et 1,5% en 2018.  
    "L'espoir était que les taux bas soutiendraient 
l'investissement mais le pouvoir de transmission de la politique 
monétaire s'est visiblement affaibli après la crise (de 2008) et 
même des mesures de plus en plus agressives et non 
conventionnelles ne sont pas parvenues à doper significativement 
l'économie", a dit Michala Marcussen, économiste chez Société 
générale.  
    "De plus, il y des inquiétudes grandissantes sur les 
conséquences potentiellement néfastes d'une politique prolongée 
de taux bas voire négatifs", a-t-elle prévenu. 
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Benoît Van 
Overstraeten) 
 
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