ENQUÊTE-Wall Street vulnérable à une déception sur le plan de relance

le
0
    * Les données détaillées de l'enquête : reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/asset-allocation-polls 
    * La pondération des actions US portée à 41,8% 
    * Celle des obligations US ramenée à 36,3% 
    * Doutes croissants sur le plan de relance de Trump 
 
    par Claire Milhench 
    LONDRES, 31 janvier (Reuters) - Les gérants d'actifs ont 
porté la pondération des actions américaines dans leur 
portefeuille à un plus haut de 18 mois en janvier, pariant que 
le plan de relance budgétaire de Donald Trump allait accélérer 
la croissance, mais les doutes montent sur la possibilité pour 
le nouveau président américain de mettre en oeuvre les mesures 
escomptées.  
    Une enquête mensuelle réalisée par Reuters du 16 au 30 
janvier auprès de 47 responsables de l'allocation d'actifs de 
sociétés de gestion à travers le monde montre qu'ils ont en 
moyenne porté à 41,8% la pondération des actions américaines 
dans la poche actions de leurs portefeuilles diversifiés.  
    Elle fait aussi apparaître qu'ils estiment majoritairement 
que les marchés ont surjoué le thème de la "reflation" lié aux 
promesses de relance budgétaire de Trump.  
    Wall Street a atteint des plus hauts records en janvier 
 .SPX   .IXIC  avec les anticipations d'une accélération de la 
croissance et des résultats des entreprises à la faveur de 
l'injection promise de pas moins de 1.000 milliards de dollars 
dans l'économie sous forme de baisses d'impôts et 
d'investissements publics.  
    "Le marché actions américain apparaît cher, mais des 
perspectives économiques positives et une croissance des 
bénéfices soutenue par celle des chiffres d'affaires alimente le 
solide appétit des investisseurs", a relevé Peter Lowman, 
responsable des investissements d'Investment Quorum.  
    Pour 55% des participants à l'enquête qui ont répondu à une 
question sur le sujet, le programme de relance de Trump ne sera 
pas à la hauteur des attentes du marché et les mesures 
protectionnistes sont une menace pour le commerce mondial.  
    "Les marchés financiers ont pris en compte un certain niveau 
de bonnes nouvelles sur la reprise économique mondiale", a dit 
Andrew Milligan, responsable de la stratégie de Standard Life 
Investments. "En conséquence, un risque majeur est que les 
marchés soient surpris par l'agressivité des Républicains sur 
les questions commerciales et d'immigration." 
    Le décret de Donald Trump interdisant provisoirement aux 
réfugiés et aux ressortissants de sept pays musulmans de se 
rendre aux Etats-Unis a provoqué de nombreuses réactions 
négatives à travers le monde et une chute des Bourses mondiales 
qui ont enregistré lundi leur plus forte baisse en une séance 
depuis un mois et demi.  .MIWD00000PUS  
     
    RHETORIQUE PROTECTIONISTE  
    Pour Trevor Greetham, responsable de la multigestion de 
Royal London Asset Management, l'imprévisibilité de Trump 
pourrait peser sur les marchés si sa rhétorique protectionniste 
devait prendre le pas sur ses promesses de relance.  
    "Les récents reculs du dollar et des actions américaines 
laissent penser que les investisseurs débouclent leur 'Trump 
trades'", a-t-il ajouté.  
   Mouhammed Choukeir, responsable des investissements de 
Kleinwort Hambros, doute que Donald Trump parviendra à atteindre 
son objectif d'une croissance économique de 3,5% par an aux 
Etats-Unis.  
    "Ce niveau de croissance n'a pas été atteint aux Etats-Unis 
depuis plus d'une décennie et une relance budgétaire massive ne 
réglera en rien les problèmes fondamentaux d'une démographie 
déprimée - encore aggravée par les restrictions à l'immigration 
- et du ralentissement de la productivité", a-t-il prévenu. 
     
    ALLEGEMENTS SUR L'OBLIGATAIRE 
    La pondération des actions dans les portefeuilles 
diversifiés, toutes zone géographiques confondues, a été portée 
à 45,8%, au plus haut depuis mai 2016, montre l'enquête.  
    La part des obligations est tombée à 39,9%, à un plus bas de 
quatre mois. Celle des liquidités reste stable à 5,4%.  
    Au sein de la poche obligataire, les gérants d'actifs ont 
arbitré les obligations américaines en faveur de celles de la 
zone euro, dans la perspective d'un durcissement de la politique 
monétaire aux Etats-Unis alors que la Banque centrale européenne 
conserve un biais accommodant.  
    La pondération des obligations américaines a diminué à 36,3% 
au plus bas depuis octobre 2016 tandis que celle des obligations 
de la zone euro a augmenté à 27,9%, à un plus haut de quatre 
mois.   
    Pour 60% des gérants qui ont répondu à une question sur ce 
thème, la Fed procèdera à un ou deux relèvements de taux cette 
année, un peu plus d'un tiers d'entre eux tablant toutefois sur 
trois hausses.  
    Matteo Germano, responsable de la multigestion de Pioneer 
Investments s'attend à au moins deux relèvements de taux cette 
année mais n'exclut pas qu'il y en ait plus si le plan de 
relance budgétaire de Trump se traduit "par une surchauffe d'une 
économie déjà au plein emploi".  
    "Si les Etats-Unis s'engageaient sur la voie d'une vaste 
relance budgétaire, cela conduirait très vraisemblablement à une 
forte appréciation du dollar et à un creusement du déficit 
commercial", a prévenu de son côté Patrick Moonen, stratégiste 
multigestion de NNIP.  
    "L'une et l'autre renforceraient le risque que 
l'Administration Trump accentue son biais protectionniste." 
      
 
 (avec Maria Pia Quaglia Regondi et Hari Kishan; Marc Joanny 
pour le service français, édité par Patrick Vignal) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux