ENQUÊTE-USA-Hausse des taux en décembre malgré une croissance molle

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    * Graphique sur les résultats de l'enquête: 
    * http://tmsnrt.rs/2e7JFpt 
 
    par Sumanta Dey et Anu Bararia 
    18 octobre (Reuters) - L'économie américaine devrait croître 
à un rythme modéré l'année prochaine et l'inflation devrait 
rester faible, selon des économistes interrogés par Reuters qui 
estiment toutefois la probabilité d'une hausse des taux par la 
Réserve fédérale américaine en décembre à 70%.  
    Huit ans après la sortie de la crise financière, la première 
économie mondiale peine à retrouver des bases solides, des accès 
de faiblesse alternant avec des phases de croissance honorable, 
sans véritable retour à la tendance qui prévalait avant la 
grande récession de 2008-2009.  
    La faiblesse persistante de l'inflation pendant toute cette 
période a encouragé la Fed à maintenir une politique monétaire 
ultra-accommodante même si les solides créations d'emplois 
laissent penser qu'une accélération de la hausse des prix 
alimentée par celle des salaires pourrait bientôt s'enclencher.  
    La prévision de croissance médiane de la centaine 
d'économistes interrogés la semaine dernière ressort à 2,4% en 
rythme annuel pour le troisième trimestre de cette année après 
1,4% sur les trois mois précédents. Mais, ils s'attendent à un 
léger ralentissement à 2,3% sur la période octobre-décembre.  
    Pour l'année prochaine, la médiane des prévisions s'établit 
à 2%-2,1% par trimestre, un niveau sans grand changement par 
rapport à la précédente enquête. 
    Les prévisions de croissance trimestrielle pour l'année 
prochaine s'étagent de 0,3% à 3,2% contre une fourchette de 1,5% 
à 3,5% dans l'enquête de septembre.  
    "C'est le mieux qu'on puisse attendre", a dit Ryan Sweet, 
économiste de Moody's Analytics, soulignant les doutes sur un 
retour de la croissance sur les rythmes de 4% annualisés qui 
prévalaient avant la crise financière.  
    "Mais les fondamentaux sont très bons du côté des 
consommateurs et 2017 devrait être une bonne année. La situation 
financière des ménages est très saine, le marché de l'emploi se 
durcit et la croissance des salaires accélère." 
    Le taux de chômage est attendu en baisse à 4,7% en moyenne 
sur l'année 2017 contre 5% actuellement, même si les créations 
de postes devraient ralentir à 150.000 par mois en moyenne 
contre 178.000 depuis le début de cette année.  
    Ces prévisions bien ancrées d'une croissance molle 
n'empêchent pas les économistes interrogés d'anticiper une 
hausse des taux par la Réserve fédérale en décembre.  
    La médiane de leurs prévisions en la matière fait ressortir 
une probabilité de 70% d'un relèvement de 25 points de base de 
la fourchette des fed funds à 0,50-0,75% lors de la réunion de 
politique monétaire des 13 et 14 décembre. Trois économistes 
seulement ont donné une probabilité inférieure à 50%, soit 
moitié moins que le mois dernier.  
    La probabilité implicite d'une hausse de taux en décembre 
résultant des marchés de futures ressort quant à elle à 64%.  
    L'écart entre les deux probabilités n'a jamais été aussi 
faible depuis que l'hypothèse d'une hausse des taux en fin 
d'année est devenue dominante, soit depuis quelques mois. 
    L'enquête montre que deux autres hausses de taux de 25 
points de base sont attendues l'année prochaine, au deuxième 
puis au quatrième trimestre, portant l'objectif des fed funds 
dans une fourchette de 1% à 1,25%, comparable à celle retenue 
par les responsables monétaires eux-mêmes.  
    En dépit de leurs anticipations de durcissement monétaire, 
les économistes interrogés ont à peine relevé leurs prévisions 
sur l'inflation, qui a pratiquement toujours évolué sous 
l'objectif de 2% de la Fed depuis 2008.  
    La médiane des prévisions de hausse de l'indice des prix à 
la consommation "core", soit en ôtant les éléments les plus 
volatils que sont l'énergie et les produits alimentaires, 
s'établit à 1,7% en moyenne pour cette année et 1,8% pour 2017. 
La médiane des projections des responsables de la Fed ressort à 
1,9% pour l'année prochaine.  
    Une victoire de la candidate démocrate Hillary Clinton à 
l'élection présidentielle serait bénéfique à la croissance à 
long terme, ont très majoritairement dit les économistes qui ont 
répondu à une question spécifique sur ce sujet. 
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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