Enquête sur des crimes en série dans l'Essonne

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PARIS (Reuters) - La police enquête sur des crimes en série dans l'Essonne après la mort, jeudi à Grigny, d'une femme abattue avec une arme qui avait déjà servi à commettre trois autres crimes dans le même département proche de Paris depuis novembre dernier.

Les trois derniers meurtres semblent liés et un doute subsiste pour le premier, bien qu'il s'agisse de la même arme, a déclaré Marie-Suzanne Le Quéau, procureur de la République d'Evry.

Dans la soirée, la police judiciaire de Versailles a lancé un appel à témoins pour trouver la trace, dans "l'ouest parisien", d'une moto bleue et blanche de marque Suzuki modèle GSXR 750, année 2001.

Cette moto aurait pu être utilisée à plusieurs reprises par un éventuel tueur en série, agissant seul ou avec un éventuel complice.

Une piste terroriste, à l'instar des sept meurtres de l'affaire Mohamed Merah, l'homme qui a tué sept personnes à Toulouse et Montauban avant d'être abattu, est écartée, a dit Suzanne Le Quéau lors d'une conférence de presse.

"Jamais dans ces quatre dossiers il n'a été question de piste terroriste", a-t-elle dit, soulignant qu'il n'y avait aucune revendication et que le profil des victimes semblait exclure cette hypothèse.

La magistrate a confirmé qu'une seule et même arme avait servi à commettre les quatre assassinats tout en soulignant que la première affaire n'était peut-être pas liée aux suivantes, un suspect étant emprisonné depuis l'origine.

Pour chacun des assassinats, commis entre novembre et début avril, un pistolet semi-automatique de calibre 7,65 a été utilisé mais le mode opératoire du premier crime n'est pas identique aux trois suivants.

INFORMATION OUVERTE POUR ASSASSINAT

Dans le premier cas, la victime a reçu sept balles dans le corps, alors que pour les trois autres l'agresseur a tiré dans la tête. Une seule balle pour le second et le troisième meurtre, probablement trois balles pour le dernier.

Le seul élément de l'arme "ne suffit pas en soi pour affirmer à ce stade qu'il s'agisse d'une seule et même affaire", a expliqué Marie-Suzanne Le Quéau.

Elle a cependant souligné que les crimes avaient tous été "commis de jour", à peu près à la même heure de sortie des bureaux. Il semble que le lien entre toutes ces affaires ne soit apparu à la police qu'à la faveur de la quatrième.

L'auteur du meurtre de jeudi semble avoir repéré les lieux la veille, ce qui a incité le parquet a ouvrir une information pour assassinat, ce qui suppose la préméditation. "Il avait pensé à ce qu'il allait commettre en venant sur les lieux et en repérant sans doute l'immeuble et en s'assurant qu'il ne serait pas arrêté", a affirmé la magistrate.

Une centaine d'hommes sont mobilisés sur l'enquête.

Les meurtres ont été commis dans un périmètre d'environ 10 km2 entre Grigny, Ris-Orangis et Juvisy-sur-Orge.

Les victimes ont des profils divers de personnes sans passé judiciaire. "Les quatre victimes n'avaient aucun casier judiciaire, c'étaient des gens sans histoire", a dit Marie-Suzanne Le Queau. Seul point commun, la deuxième victime habitait dans le même immeuble que la première.

PAS FORCÉMENT DE LIEN

Outre la laborantine tuée le 27 novembre, un ingénieur de 51 ans a été en effet assassiné le 21 février dernier à Juvisy-sur-Orge. Le 19 mars, un retraité de 81 ans a été abattu dans le hall de son immeuble à Ris-Orangis, une commune voisine, par un homme qui semblait l'attendre. Enfin, le 5 avril, une femme de 47 ans a été tuée de nouveau dans un hall d'immeuble à Grigny.

Les enquêteurs hésitent à établir un lien entre le premier meurtre et les trois suivants car un homme - l'ancien compagnon de la victime - a été mis en examen et écroué après avoir passé des aveux.

Marie-Suzanne Le Quéau a expliqué que ce suspect s'était ensuite rétracté devant le juge d'instruction mais que la suite de l'enquête avait conduit à son maintien en détention.

Selon elle, cet homme, qui a été de nouveau entendu la semaine dernière et va l'être prochainement à nouveau, n'avait pas évoqué l'arme dans ses aveux initiaux.

Priée de dire si les enquêteurs pensaient que ce suspect avait pu bénéficier une fois emprisonné d'une complicité, la magistrate a répondu : "C'est une des pistes, mais je ne dirais pas que c'est la plus sérieuse et, surtout, l'unique piste".

"Il n'y a pas forcément de lien entre la première affaire et les trois autres mais il peut y avoir un lien, toutes ces pistes de travail doivent être exploitées", a-t-elle insisté.

Procéduralement, le dossier est aux mains de juges d'instruction pour les trois premiers crimes et du parquet pour le quatrième. Trois unités, la PJ de Versailles et deux offices centraux, l'un spécialisé dans les crimes en série et l'autre sur l'internet et l'informatique, sont saisies.

Gérard Bon, avec Nicolas Bertin et Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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