Enquête publique à Londres sur la mort de Litvinenko

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LONDRES, 27 janvier (Reuters) - Neuf ans après la mort d'Alexandre Litvinenko à Londres, une enquête publique sur les circonstances du décès de l'ancien espion du KGB a été officiellement lancée mardi en Grande-Bretagne. Sur son lit de mort, Litvinenko, victime d'un empoisonnement mortel au polonium-210, un isotope radioactif, retrouvé dans sa tasse de thé, a accusé Vladimir Poutine d'avoir ordonné son assassinat. Les autorités britanniques estiment disposer d'éléments à charge justifiant l'ouverture de poursuites pour meurtre contre deux autres anciens agents des services secrets russes. "Les questions qui ont été soulevées par la mort de M. Litvinenko sont de la plus haute importance et ont suscité un intérêt et une inquiétude à l'échelle de la planète", a déclaré Robert Owen, magistrat et médecin légiste qui préside cette enquête, devant la Haute Cour de Londres. Pour la police britannique, Litvinenko a été empoisonné alors qu'il prenait le thé au bar de l'hôtel Millennium, dans le centre de Londres, en novembre 2006 avec deux anciens espions russes, Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoune. Son agonie a duré trois semaines. Moscou a toujours nié toute responsabilité dans la mort de Litvinenko et refusé d'extrader les deux suspects. S'adressant aux membres de l'enquête, Robert Owen a qualifié sa mort d'"attaque nucléaire miniature dans les rues de Londres" et d'"assassinat par empoisonnement radioactif soutenu par un Etat". Owen estime que des preuves confidentielles établissent à première vue la culpabilité de l'Etat russe dans la mort de Litvinenko. L'ouverture de l'enquête publique, qui autorise l'examen de documents confidentiels, survient après de longs atermoiements. En 2013, les autorités britanniques l'avaient rejetée, invoquant notamment l'importance des relations bilatérales avec la Russie. Le gouvernement a fait volte-face en juillet dernier tandis que le rôle prêté à Moscou dans le conflit en Ukraine refroidissait à nouveau les relations avec Londres. La veuve de Litvinenko, Marina, a dit espérer que l'enquête qui s'est ouverte mardi ferait la lumière sur les circonstances de la mort de son mari de même que sur son travail pour le compte du MI6, les services britanniques du renseignement extérieur. (Michael Holden; Henri-Pierre André pour le service français)

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