Enquête préliminaire sur les allégations d'espionnage chez Ikea

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PARIS (Reuters) - Une enquête préliminaire de police a été ouverte jeudi sur des pratiques présumées d'espionnage d'employés et de clients du géant de l'ameublement suédois Ikea en France, a-t-on appris auprès du parquet de Versailles.

L'enquête, qui fait suite à une plainte du syndicat Force ouvrière de Seine-Saint-Denis pour "utilisation frauduleuse de données à caractère personnel", a été confié à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), a déclaré à Reuters Odile Faivre, procureur par intérim.

Les faits présumés ont été révélés par le Canard enchaîné, qui assure qu'un responsable de la "gestion du risque" à la direction d'Ikea-France a opéré depuis des années des collectes de données personnelles via une société privée qui aurait eu accès frauduleusement à plusieurs fichiers de police.

La direction française d'Ikea a dit mercredi dans un communiqué prendre ces accusations "très au sérieux" et annoncé le lancement d'une enquête interne "avec l'aide de conseillers indépendants" ainsi que la mise en disponibilité du responsable mis en cause.

Le Canard enchaîné a publié des courriers électroniques qui auraient été échangés entre le cadre d'Ikea et l'officine privée, où il est question notamment de l'accès au fichier de police Stic, qui recense toutes les personnes impliquées dans des interventions de police, même sans suites judiciaires ou comme simples témoins. Il contient plusieurs millions de fiches.

Le site d'information Mediapart a fait état mercredi d'autres documents montrant que la filiale française d'Ikea aurait aussi recueilli des informations protégées sur les comptes bancaires de membres de son personnel, et se serait renseigné sur une procédure judiciaire qui visait un de ses sites.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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