ENQUÊTE-La livre proche du niveau "idéal" pour l'économie britannique

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    par Jonathan Cable et Sumanta Dey 
    LONDRES/BANGALORE, 7 novembre (Reuters) - La livre sterling 
est au niveau idéal pour l'économie britannique après sa chute 
de près de 20% qui a suivi le référendum en faveur d'une sortie 
du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit), montre une 
enquête de Reuters auprès d'économistes publiée lundi.  
    La dégringolade de la livre s'est toutefois traduite par une 
résurgence des pressions inflationnistes avec la hausse des prix 
à l'import, qui ne sont pas sans poser quelques problèmes à la 
Banque d'Angleterre (BoE) et aux consommateurs britanniques dont 
le pouvoir d'achat se trouve ainsi menacé. 
    L'enquête conduite entre le 4 et le 7 novembre montre aussi 
que la BoE, qui a un objectif d'inflation à moyen terme de 2% 
l'an, laissera cette dernière passer de 1% actuellement à 3,5% 
l'an prochain avant d'envisager un changement de l'orientation 
de sa politique monétaire.  
    La banque centrale a opté la semaine dernière pour la 
neutralité de sa politique monétaire alors qu'elle avait adopté 
un biais accommodant à la suite du Brexit.  
    Les économistes sont très partagés quant au seuil de 
tolérance de la Banque d'Angleterre à une poussée de 
l'inflation, le niveau susceptible de déclencher une orientation 
restrictive de la politique monétaire allant de 3% à 6%.  
    Plusieurs des économistes habituellement interrogés pour 
cette enquête sur les perspectives de l'économie britannique se 
sont refusés à donner une indication sur le taux de change le 
plus approprié pour l'économie britannique, certains soulignant 
qu'il n'y en avait pas tandis que d'autres faisaient valoir que 
la forte volatilité de la devise était plus problématique que 
son niveau.  
    "Il y des indications montrant que la chute de la livre à 
favorisé les exportateurs et les industries manufacturières mais 
les incertitudes engendrées par la volatilité peuvent annuler 
certains des effets positifs", a dit Jane Foley de Rabobank. 
    La livre s'échange autour de 1,24 dollar  GBP=  lundi, un 
niveau correspondant à la médiane des réponses sur son cours 
idéal contre la devise américaine, soit bien au-dessus du plus 
bas de plus de 30 ans atteint à 1,145 dollar lors du "flash 
crash" du 7 octobre mais très en dessous du niveau de 1,50 
dollar qui prévalait avant le référendum du 23 juin.  
    Les estimations du taux de change idéal, suffisamment faible 
pour soutenir les exportations mais pas au point d'enclencher 
une hausse des prix incontrôlable, se situent entre 1,15 et 1,35 
dollar. 
    Contre l'euro  EURGBP=  la médiane ressort à 88 pence, 
proche du niveau sur le marché au comptant lundi, avec une 
fourchette d'estimations allant de 83 à 95 pence.  
    La livre a rebondi de près de 3% la semaine dernière contre 
le dollar mais d'à peine plus de 1% contre l'euro après la 
publication d'un arrêt de la Haute Cour de Londres imposant au 
gouvernement britannique d'obtenir l'aval du Parlement pour 
déclencher la procédure de sortie de l'Union européenne.  
    La surperformance de la livre vis-à-vis de dollar 
s'expliquait par l'affaiblissement de la devise américaine lié à 
la remontée dans les sondages du candidat républicain à 
l'élection présidentielle américaine, Donald Trump.  
    Le livre a rechuté lundi contre le dollar avec la 
publication de sondages favorables à la candidate démocrate 
Hillary Clinton, à la veille du scrutin. 
    L'évolution de la devise britannique sur le marché des 
changes devrait rester suspendue au processus de sortie de la 
Grande-Bretagne de l'UE, estiment les économistes interrogés.  
    Beaucoup pensent que la Première ministre britannique 
Theresa May est favorable à un "Brexit dur" qui verrait la 
Grande-Bretagne renoncer à l'accès au marché unique européen 
pour retrouver sa pleine souveraineté en matière de politique 
migratoire, au risque d'un nouvel affaiblissement de la livre.  
    "La sterling sera volatil et balloté au gré des orientations 
politiques en faveur d'un 'hard' ou d'un 'soft' Brexit", a dit 
Jane Foley.  
    Plusieurs cambistes ont remarqué qu'en dépit du rebond de la 
semaine dernière les positions vendeuses sur la livre restent 
très importantes, ce qui peut peut aussi entraîner de brusques 
mouvements de reprise en cas de rachats soudains.  
    "L'incertitude liée au Brexit devrait se poursuivre et il 
est donc très peu vraisemblable que l'intérêt à l'achat augmente 
beaucoup par rapport aux niveaux actuels", a toutefois prévenu 
Valentin Marinov, stratégiste sur les changes de CA-CIB dans une 
note au clients de la banque. 
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

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