ENQUÊTE -La croissance mondiale a besoin d'une reprise des échanges

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    * Graphique sur les résultats de l'enquête: 
    * http://tmsnrt.rs/2e7JFpt 
 
    par Ross Finley et Rahul Karunakar 
    LONDRES/BENGALORE, 18 octobre (Reuters) - Une reprise du 
commerce international est nécessaire pour que la croissance 
économique mondiale accélère, estiment des économistes 
interrogés par Reuters qui ne s'attendent pas à un arrêt des 
politiques monétaires ultra-accommodantes mises en oeuvre par 
les banques centrales depuis des années pour tenter de ranimer 
l'inflation.  
    Au cours des derniers mois, plusieurs grandes banques 
centrales, de l'Inde au Brésil en passant par la 
Grande-Bretagne, ont adopté ou sont sur le point d'adopter des 
politiques plus accommodantes et la Réserve fédérale américaine 
n'en apparaît que plus isolée dans sa tentative de normalisation 
monétaire qui pourrait la conduire à relever ses taux en 
décembre.  
    Un sentiment de malaise semble gagner les investisseurs, 
illustré par la remontée des taux longs, les hésitations des 
marchés actions, proches de plus hauts historiques dans certains 
pays, et la remontée des cours du pétrole.  
    Certaines économies émergentes, comme celle de l'Inde, 
affichent une santé solide. Le Brésil semble avoir tourné la 
page de la récession. L'Australie, qui peut se targuer de près 
d'un quart de siècle de croissance quasi-continue, est bien 
partie pour continuer sur sa lancée.  
    Mais aucun de ces pays n'a suffisamment de poids pour peser 
sur une croissance mondiale médiocre et sans ressort depuis la 
sortie de la crise de 2008-2009.  
    Le ralentissement de la croissance de la Chine, deuxième 
économie mondiale, devrait se poursuivre avec sa réorientation 
vers la demande intérieure au détriment de l'investissement et 
de l'export, sans parler des risques liés à un marché immobilier 
surévalué.  
    "Une reprise des échanges internationaux en volume est 
nécessaire à une croissance économique stable", prévient 
Yoshimasa Maruyama, économiste chez SMBC Nikko Securities.  
    L'économie américaine ne devrait pas croître de beaucoup 
plus que de 2% l'an jusqu'à la fin 2017 avec un net 
ralentissement des créations d'emploi et guère d'optimisme au 
sein des économistes interrogés sur une accélération de 
l'investissement des entreprises.  
    L'Europe est promise à une croissance et à une inflation 
faibles dans un contexte d'incertitudes encore accentuées par le 
référendum britannique en faveur d'une sortie de la 
Grande-Bretagne de l'Union européenne (Brexit).  
     
    PREVISIONS D'INFLATION ABAISSEES 
    Les perspectives de croissance de l'économie britannique 
sont jugées nettement plus faibles qu'elles ne l'étaient avant 
le scrutin et la chute de la livre sterling devrait pousser 
l'inflation au-dessus de l'objectif à moyen terme de la Banque 
d'Angleterre dès l'année prochaine.  
    Si la croissance de l'économie mondiale devrait se raffermir 
en 2017, les économistes ont abaissé leurs prévisions depuis le 
début de l'année, tout comme les organismes internationaux, à 
l'instar du Fonds monétaire international (FMI). 
    La prévision médiane des quelques 500 économistes interrogés 
par Reuters sur la semaine écoulée ressort à 2,9% pour cette 
année puis à 3,2% en 2017, des chiffres quasi inchangés par 
rapport à la précédente enquête réalisée en juillet. 
    Ils ont en revanche sensiblement révisé en baisse leurs 
prévisions sur l'inflation pour la plupart des pays.  
    "Malgré tous les efforts des banques centrales, la 
croissance mondiale est laborieusement lente et l'inflation 
toujours trop faible. Nos prévisions pour les deux prochaines 
années sont que cela va plus ou moins continuer sur la même 
tendance", écrit Janet Henry, économiste chez HSBC.  
    "Alors que la capacité des banques centrales à mettre en 
oeuvre de nouvelles stimulations monétaires est de plus en plus 
mise en doute et que l'efficacité de leurs mesures reste 
incertaine, la politique budgétaire joue un rôle plus 
important." 
    Relancer les échanges internationaux est plus important pour 
l'économie mondiale que de soutenir l'inflation ont dit près des 
trois quarts des plus de 200 économistes qui ont répondu à une 
question sur ce thème.  
    La croissance des échanges mondiaux en volume ralentit 
depuis plusieurs années. Le mois dernier, l'Organisation 
mondiale du commerce (OMC) a abaissé de plus d'un tiers sa 
prévision de progression des échanges mondiaux en volume cette 
année.   
    Dans la dernière livraison de ses perspectives économiques 
mondiales, le FMI a souligné que le rythme de croissance des 
échanges mondiaux en volume était plus de deux fois moins rapide 
actuellement qu'au cours des trois décennies précédentes. 
    Au-delà du Brexit, le contexte politique en Europe mais 
aussi aux Etats-Unis est de moins en moins favorable à un 
renforcement du libre échange et de la mondialisation comme en 
témoigne la contestation croissante des projets d'accords 
commerciaux internationaux en cours de négociation.  
    "Le Brexit a été le choc le plus récent et le choc mondial 
potentiel le plus important est une dérive en faveur du 
protectionnisme aux Etats-Unis, tout particulièrement en cas de 
victoire du candidat républicain Donald Trump à l'élection 
présidentielle", a dit Ethan Harris, économiste de BofA Merrill 
Lynch.  
    Une victoire de la candidate démocrate Hillary Clinton, 
considérée comme plus favorable aux accords commerciaux 
internationaux, serait bénéfique à la croissance à long terme, 
ont très majoritairement dit les économistes chargés de 
l'économie américaine qui ont répondu à une question spécifique 
sur ce sujet. 
     
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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