ENQUÊTE-L'euro plus sensible à la Fed qu'à la crise grecque

le , mis à jour à 16:20
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* Tous les résultats de l'enquête sur Eikon : For poll data click: reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/fx-polls?RIC=EUR= * La Grèce n'a pas modifié les prévisions sur l'euro * Moindre affaiblissement attendu de l'euro et du sterling 2 juillet (Reuters) - Le calendrier et le rythme de la hausse attendue des taux directeurs de la Réserve fédérale américain vont rester le principal déterminant du taux de change de l'euro contre le dollar, bien plus que les rebondissements des négociations entre la Grèce et ses créanciers, montre une enquête de Reuters auprès de professionnels du marché des changes publiée jeudi. Selon cette enquête, conduite auprès de 60 stratégistes au total, l'euro, qui a baissé de 8% par rapport au dollar depuis le début de l'année, devrait s'échanger dans un mois sur ses niveaux actuels de 1,10 dollar. Les incertitudes entourant les négociations d'Athènes avec ses créanciers voire la participation de la Grèce à la zone euro seraient donc déjà prises en compte par le marché. De fait, 40 des 46 stratégistes qui se sont prononcés sur l'évolution de la parité euro-dollar à un, trois, six et douze mois ont dit que les derniers rebondissements du dossier grec n'avaient pas modifié leurs prévisions sur le taux de change de l'euro pour l'année à venir. La hausse des taux directeurs de la Fed attendue à compter du mois de septembre et la poursuite du programme d'achats d'actifs de 60 milliards d'euros mensuels par la Banque centrale européenne devraient selon eux entraîner une baisse de 5% de l'euro à un horizon de six mois, à 1,05 dollar, niveau auquel il devrait encore se situer dans un an. L'EFFET FED PLUS DURABLE QUE L'EFFET GREC "Le référendum grec va faire les gros titres dans les prochains jours. Nous pensons que la divergence des politiques monétaires est un déterminant plus puissant de (la parité de) l'euro (contre le dollar) que les risques grecs", a dit David Woo, stratégiste taux et changes de BofA-Merrill Lynch. "Dans ces conditions, le calendrier de la première hausse de taux de la Réserve fédérale, en septembre selon nous, et la tonalité du discours de la BCE sont plus importants pour l'euro que les titres des journaux sur la Grèce." Les prévisionnistes anticipent toutefois un moindre affaiblissement de l'euro que dans l'enquête du mois dernier et ils sont en particulier moins nombreux à le voir atteindre la parité avec le dollar, voire tomber en dessous. La vigueur du dollar est en effet l'un des facteurs mis en avant pour expliquer le passage à vide de l'économie américaine au premier trimestre, qui a nourri des anticipations d'un report dans le temps du durcissement par la Fed de sa politique monétaire. La première hausse de taux de la Banque d'Angleterre étant anticipée pour le début de l'année prochaine, soit après celle de la Fed, les prévisionnistes interrogés s'attendent aussi à une dépréciation de la livre sterling contre le dollar. La livre devrait se négocier autour de ses niveaux actuels de 1,56 dollar dans un mois puis à 1,52 dollar dans six mois et à 1,51 dollar dans un an, selon les médianes de leurs prévisions, un peu supérieures à ce qu'elles étaient il y a un mois. Le raffermissement de la devise américaine pèsera aussi sur le yen, pour lequel les prévisions sont presque inchangées avec un dollar à 126 yens dans six mois et 127 yens dans un an. (Rahul Karunakar, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)

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