ENQUÊTE -GB-L'UE optera pour une ligne dure sur le Brexit

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    * Les données détaillées de l'enquête: reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/econ-polls?RIC=GBGDPQP 
 
    LONDRES, 13 octobre (Reuters) - L'Union européenne (UE) 
privilégiera une ligne dure dans les négociations sur la sortie 
du Royaume-Uni et la chute de la valeur de la livre se traduira 
par une inflation supérieure à l'objectif de la Banque 
d'Angleterre (BoE) dès l'année prochaine, montre une enquête de 
Reuters auprès d'économistes publiée jeudi.  
    Le consensus sur les perspectives de l'inflation ne se 
retrouve pas en ce qui concerne la politique de taux d'intérêt 
de la Banque d'Angleterre.  
    Sur les 53 économistes interrogés 23 ont dit s'attendre à 
une baisse du taux directeur dans le courant du quatrième 
trimestre, 22 prédisant qu'elle sera de 15 points de base 
(0,15%). Ils sont 26 à anticiper un statu quo sur les taux.  
    Une majorité de Britanniques s'est prononcée en faveur d'une 
sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne lors du référendum 
du 23 juin sur ce sujet.  
    La première ministre Theresa May a dit qu'elle invoquerait 
avant fin mars 2017 l'article 50 du Traité de Lisbonne, ce qui 
enclenchera un processus de négociation de deux ans pour fixer 
les modalités du divorce.  
    Theresa May a laissé entendre qu'elle pourrait opter pour un 
"Brexit dur" qui verrait Londres renoncer à l'accès au marché 
unique européen afin de retrouver sa souveraineté sur les 
questions migratoires.  
    "Dans de telles circonstances, l'UE adoptera 
vraisemblablement une ligne dure afin de rappeler au Royaume-Uni 
mais aussi à tous les autres pays membres qu'il est nécessaire 
d'accepter la liberté de circulation des individus pour avoir 
accès au marché unique", a dit Peter Dixon de Commerzbank.  
    Sur les 27 économistes qui ont répondu à une question 
spécifique sur l'attitude de l'UE vis-à-vis de Londres, un seul 
a estimé qu'elle n'opterait pas pour une ligne dure.  
    Prié de dire quelle ligne l'UE devrait adopter, ils se sont 
montré un peu moins unanimes, deux tiers estimant qu'elle 
devrait adopter une ligne dure voire intransigeante.  
    Si les économistes interrogés sont moins enclins à prédire 
une récession de l'économie britannique, ne lui attribuant 
qu'une probabilité de 25%, ils s'attendent toutefois à une 
dégradation des perspectives économiques d'ensemble par rapport 
à ce qu'elles étaient avant le référendum du 23 juin.  
     
    CHUTE DE LA LIVRE, HAUSSE DE L'INFLATION 
    Le taux de change de la livre sterling  GBP= , qui a chuté 
d'environ 18% contre le dollar depuis le vote en faveur du 
Brexit, à un plus bas de 31 ans, n'a jamais été aussi faible en 
termes pondérés par les échanges extérieurs.  
    Du fait des conséquences de la faiblesse de la monnaie sur 
les prix des produits importés, l'inflation est attendue en 
forte hausse par rapport au niveau de 0,6% en rythme annuel 
enregistré au mois d'août. Elle devrait s'établir à 2,3% au 
deuxième trimestre de l'année prochaine, au-dessus de  
l'objectif de 2% de la Banque d'Angleterre, selon la médiane des 
prévisions.  
    La BoE pourrait toutefois abaisser de 15 points de base 
supplémentaires son taux directeur, éventuellement dès le mois 
prochain, le fixant à un nouveau plus bas record de 0,10%, selon 
une courte majorité des économistes interrogés. Il devrait 
ensuite rester à ce niveau au moins jusqu'à la fin 2018.  
    La chute de la livre a soutenu les exportateurs et les 
récents indicateurs économiques ont souligné que les effets du 
vote en faveur du Brexit sur la confiance des ménages et des 
entreprises et sur l'activité dans son ensemble n'avaient pas 
été aussi négatifs qu'on le redoutait.  
    L'économie britannique est désormais attendue en croissance 
de 0,3% au troisième trimestre et de 0,1% au quatrième selon les 
économistes interrogés, qui prévoyaient une contraction de 0,1% 
pour l'un comme pour l'autre dans l'enquête du mois d'août.  
    Les prévisions de croissance pour 2017 et 2018 ont été 
revues en baisse à 0,8% et 1,4% respectivement contre 2,1% et 
2,3% en juin avant le référendum, mais elles restent sujettes à 
la manière dont les négociations sur le Brexit se dérouleront.   
     
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 

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