Enquête de police en France sur la faillite de Petroplus

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ENQUÊTE PRÉLIMINAIRE DE POLICE SUR LA FAILLITE DE PETROPLUS
ENQUÊTE PRÉLIMINAIRE DE POLICE SUR LA FAILLITE DE PETROPLUS

PARIS (Reuters) - Une enquête préliminaire de police a été ouverte en France pour des soupçons de faillite frauduleuse du raffineur suisse Petroplus qui a mis en vente sa raffinerie de Petit-Couronne (Seine-Maritime), a-t-on appris jeudi au bureau du procureur.

Cette procédure, ouverte par le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) et confiée à la Brigade financière, repose sur des soupçons portant sur la filiale française basée dans les Hauts-de-Seine, dit-on au bureau du procureur, Philippe Courroye.

La police a perquisitionné mercredi au siège de cette filiale, dans le quartier d'affaires de la Défense, et à la Deutsche Bank à Paris, où elle a ses comptes bancaires.

Le parquet, qui a eu accès à des pièces comptables lors de la procédure de redressement judiciaire de la filiale française, s'intéresse en particulier à un transfert financier de 100 millions d'euros, a dit une porte-parole.

"Le parquet a eu connaissance de documents nécessitant des vérifications, et notamment relatifs à des transferts financiers posant question, laissant penser qu'on avait volontairement appauvri la filiale", a-t-elle dit.

Caractériser le délit pénal de "banqueroute par détournement d'actifs" n'est pas acquis, puisque la société est en difficulté non seulement au plan français mais à l'échelle mondiale.

Incapable de faire face à des engagements financiers de 1,75 milliard de dollars (1,3 milliard d'euros) faute d'accord avec ses banques, Petroplus a annoncé mardi le déclenchement d'une procédure d'insolvabilité qui menace plus de 2.000 emplois en Europe.

Il a lancé par ailleurs la semaine dernière un processus de vente de son site français de Petit-Couronne, qui emploie 550 personnes, et a fait savoir qu'il examinait des "alternatives stratégiques" pour ses raffineries d'Anvers, en Belgique, et de Cressier, en Suisse.

Le gouvernement français dit chercher un repreneur pour la raffinerie normande, et les salariés menacent de mener des actions violentes si rien n'est fait pour sauver leur emploi.

L'opération de revente s'annonce compliquée dans un contexte de diminution du nombre de raffineries en fonction, Petit-Couronne étant en outre considérée comme une des moins profitables de France par les experts du secteur.

Comme les autres raffineries françaises, le site produit principalement de l'essence, alors que trois quarts des automobilistes français utilisent du diesel.

Thierry Lévêque, avec Nicolas Bertin, édité par Gilles Trequesser

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