Enquête de Danone sur des soupçons de corruption en Chine

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DANONE LANCE UNE ENQUÊTE EN CHINE APRÈS DES SOUPÇONS DE CORRUPTION
DANONE LANCE UNE ENQUÊTE EN CHINE APRÈS DES SOUPÇONS DE CORRUPTION

SHANGHAI (Reuters) - Nutricia, filiale de nutrition médicale de Danone, a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête interne après la publication d'un article de presse l'accusant d'avoir versé des pots-de-vin à plus de 100 médecins à Pékin pour doper ses ventes.

Pour la troisième fois en deux semaines, une filiale du groupe français se trouve ainsi forcée de répondre à des allégations de corruption rapportées par la presse chinoise. Avant Nutricia, c'est sa filiale de nutrition infantile Dumex qui avait été visée par des médias chinois et avait déjà dû ouvrir une enquête.

Selon l'article publié mercredi par le quotidien 21st Century Business Herald, Nutricia a distribué de l'argent et offert des cadeaux ou des voyages à des médecins de 14 hôpitaux de la capitale chinoise entre 2010 et 2013.

Le journal cite une source affirmant disposer de 52 documents détaillant les paiements effectués par Nutricia.

"Nous n'avons vu l'article que ce matin, donc nous venons juste d'entamer une enquête interne sur le sujet", a déclaré à Reuters Zhao Qinghua, porte-parole de Nutricia en Chine.

Les deux principaux hôpitaux de Pékin cités par la source, dont une dizaine de médecins auraient reçu 300.000 yuans (36.300 euros) de Nutricia en trois ans, n'ont pas répondu dans l'immédiat à des demandes de commentaires.

La corruption reste largement répandue dans le secteur de la pharmacie en Chine, un phénomène favorisé entre autres par la faiblesse des salaires dans les 13.500 hôpitaux publics du pays.

L'article du 21st Century Business Herald précise que, pour s'attirer les faveurs de certains médecins, des représentants de Nutricia sont allés jusqu'à accepter de nettoyer leur aquarium ou à organiser des excursions pour leurs équipes pendant la saison des fraises.

Les hôpitaux sont un canal commercial de premier plan sur le marché chinois du lait en poudre, estimé à 12,4 milliards de dollars et qui pourrait doubler d'ici 2017 selon certains analystes.

Mais la multiplication des informations de presse sur les pratiques commerciales des producteurs étrangers et la vigueur, cet été, de la réaction officielle face à des soupçons de contamination bactérienne d'un produit du néo-zélandais Fonterra suggèrent que Pékin cherche à encadrer plus sévèrement les activités des multinationales.

La semaine dernière, le ministère de la Santé a annoncé son intention de s'attaquer aux pratiques commerciales dans le secteur hospitalier et de sanctionner les personnels qui auraient accepté des pots-de-vin.

Adam Jourdan, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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