ENQUÊTE-Chine-Une croissance robuste de 6,8% attendue au premier trimestre

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    * Données détaillées de l'enquête : Open 
econ-polls?RIC=CNGDP%3DECI 
    * La croissance au T1 attendue à 6,8% comme au T4 2016 
    * La construction en plein boom, les services résistent 
    * Ralentissement attendu ultérieurement - économistes 
 
    PEKIN, 13 avril (Reuters) - Le produit intérieur brut (PIB) 
de la Chine devrait avoir progressé de 6,8% au premier 
trimestre, au même rythme qu'au cours des trois mois précédents, 
soutenu par les dépenses d'infrastructure du gouvernement et un 
marché immobilier toujours en plein boom, d'après une enquête de 
Reuters auprès de 60 économistes. 
    La Commission nationale du développement et de la réforme 
(CNDR) a confirmé le résultat de cette enquête en disant que la 
croissance de la deuxième économie mondiale était restée stable 
sur les trois premiers mois de l'année. 
    Les économistes interrogés par Reuters s'attendent toutefois 
à ce que l'activité chinoise perde de son élan par la suite, les 
effets des mesures de relance gouvernementale s'estompant et les 
autorités locales cherchant à juguler la surchauffe immobilière. 
    Une politique monétaire plus restrictive de la banque 
centrale et des efforts accrus des autorités de contrôle pour 
limiter le risque d'emballement du crédit et le développement de 
bulles sur le prix des actifs pourraient aussi peser sur la 
croissance s'ils ne sont pas bien gérés, ont dit des 
économistes.  
    "La croissance reste alimentée par les investissements en 
infrastructures et par le secteur immobilier, mais 
l'investissement immobilier devrait ralentir au deuxième 
semestre du fait des contraintes sur les achats de logements et 
les prêts hypothécaires", a dit Tang Jianwei, économiste chez 
Bank of Communications.  
    "L'économie se stabilise et s'améliore, mais il y a encore 
des risques baissiers à moyen terme." 
    Un chiffre de croissance supérieur aux attentes pourrait 
favoriser les marchés d'actions et de matières premières mais 
une déception risquerait d'alimenter les sorties de capitaux et 
de raviver les pressions baissières sur le yuan  CNY=CFXS .  
    Le gouvernement vise une croissance de 6,5% en moyenne sur 
l'année, légèrement en dessous de la fourchette de 6,5% à 7% 
affichée pour 2016 et des 6,7% réalisés, qui représentait un 
plus bas de 26 ans. 
    Les dirigeants chinois se sont dits prêts à accepter une 
croissance plus modeste cette année afin de prévenir les risques 
financiers créés par la croissance explosive du crédit.  
    Les 25 économistes sur les 60 interrogés qui ont donné une 
estimation de la croissance d'un trimestre sur l'autre 
s'attendent en moyenne à une hausse de 1,6% du PIB au premier 
trimestre après 1,7% sur les trois mois précédents. 
    La plupart des analystes s'accordent à dire que le marché 
immobilier représente le risque le plus important pour la 
croissance.  
     
    ENDETTEMENT ET IMMOBILIER, PRINCIPAUX FACTEURS DE RISQUE 
    Le mois dernier et début avril, des dizaines de 
collectivités locales ont imposé ou renforcé les restrictions 
sur l'achat de logement et augmenté l'apport initial exigé des 
acquéreurs alors que les dernières données sur le prix des 
logements, les ventes et les investissements immobiliers ont 
souligné la vigueur du marché en dépit des mesures antérieures 
destinées à le refroidir.  
    Des mesures énergiques sont de plus en plus anticipées pour 
endiguer l'emballement du marché immobilier au risque de 
provoqué un krach qui serait dommageable pour l'économie et la 
confiance des consommateurs.  
    Dans le même temps, la banque centrale chinoise a adopté un 
biais plus restrictif et recourt à des mesures plus ciblées afin 
de contenir les risques au sein du système financier, après des 
années de politique monétaire ultra-accommodante.  
    Elle a relevé les taux à court terme de manière limitée mais 
à plusieurs reprises depuis le début de l'année et certains 
observateurs s'attendent à un ou deux relèvements 
supplémentaires d'ici la fin de l'année. 
    Un durcissement brutal de la politique monétaire n'est 
toutefois pas le scénario privilégié par les économistes à 
l'approche du 19e congrès du parti communiste chinois, qui 
devrait être l'occasion pour le président Xi Jinping de briguer 
un deuxième mandat de cinq ans à la tête du pays.  
    Certains économistes estiment même que le gouvernement 
pourrait rapidement revenir sur les mesures restrictives et 
renouer avec les soutiens classiques à l'activité si la 
croissance devait ralentir trop fortement, en dépit des 
avertissements répétés de responsables chinois sur les dangers 
d'une stimulation prolongée de l'économie à crédit.  
    Selon l'Organisation pour la coopération et le développement 
économiques (OCDE), la dette publique et privée dépasse 250% du 
PIB en Chine contre 150% avant le déclenchement de la crise 
financière de 2008.  
    Pékin publiera lundi les chiffres de la croissance au 
premier trimestre en même temps que ceux de la production 
industrielle, des ventes au détail et des investissements en 
capital fixe pour le mois de mars.  
    La production industrielle est attendue en hausse de 6,3% en 
rythme annuel le mois dernier, soutenue par le boom de la 
construction et l'augmentation des carnets de commande à 
l'export avec le raffermissement de la demande mondiale.  
    L'investissement en capital fixe devrait avoir progressé de 
8,8% au premier trimestre, en très léger retrait par rapport au 
rythme annualisé de 8,9% des deux premiers mois de l'année.  
    Les responsables économiques chinois et les investisseurs 
surveilleront l'évolution de l'investissement privé qui a 
accéléré en janvier et février après une nette baisse de régime 
au cours des dernières années.  
    Les ventes au détail pourraient à nouveau être un sujet 
d'inquiétudes. Leur croissance ne devrait accélérer que 
marginalement à 9,6% en rythme annuel en mars après 9,5% en 
janvier et février, le rythme le plus faible en près de deux 
ans. 
    Les chiffres du commerce extérieur publiés jeudi ont fait 
état d'un rebond supérieur aux attentes des exportations et les 
perspectives commerciales de la Chine se sont nettement 
améliorées après la décision du président américain Donald Trump 
de ne pas qualifier le pays de manipulateur des taux de change, 
rompant ainsi avec la rhétorique anti-chinoise de sa campagne 
électorale.  L8N1HL0HG  
 
 (Kevin Yao et Shaloo Shrivastava, Marc Joanny pour le service 
français, édité par Benoît Van Overstraeten) 
 
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