ENQUÊTE-Chine-La croissance va encore ralentir, la PBoC agira

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* La croissance tomberait à 7% en 2015, 6,8% en 2016 * Nouveaux assouplissements monétaires attendus par Sumanta Dey 19 janvier (Reuters) - Le ralentissement de la croissance de l'économie chinoise va se poursuivre cette année en raison du manque d'élan du crédit, de la chute de l'immobilier et de la faiblesse de la demande globale, montre une enquête Reuters. La croissance du produit intérieur brut chinois devrait s'établir à 7% cette année et tomber à 6,8% en 2016, selon les prévisions médianes de 40 économistes interrogés entre le 15 et le 19 janvier. Le consensus des économistes sur la croissance au quatrième 2014, dont les chiffres officiels seront publiés mardi, ressort à 7,2% en rythme annuel, le rythme le plus faible depuis le ralentissement de l'activité qui avait suivi la crise financière de 2008. L'économie chinoise traverse ainsi son ralentissement le plus marqué depuis plusieurs décennies en partie en raison de la volonté des autorités de rééquilibrer le modèle de croissance en faveur de la demande intérieure et au détriment de l'investissement et de l'export. La chute du marché immobilier, provoquée par un excédent d'offre et un surinvestissement alimenté par la politique de crédit facile mise en place pour atténuer les conséquences de la crise financière, n'était en revanche pas planifiée. Si le consensus des économistes pour le quatrième trimestre correspond aux chiffres officiels, la croissance économique en moyenne sur l'année ressortira en dessous de l'objectif gouvernemental de 7,5% et au plus bas depuis près d'un quart de siècle. Les économistes interrogés par Reuters s'attendent en conséquence à une poursuite de l'assouplissement monétaire par la Banque populaire de Chine (PBoC) avec une réduction de 50 points de base par trimestre du taux des réserves obligatoires jusqu'en octobre afin de soutenir le crédit bancaire. La PBoC avait réduit son principal taux directeur à 5,6% à la fin de l'année dernière et pourrait l'abaisser à 5,4% au cours du deuxième trimestre, estiment les économistes. INQUIETUDES SUR L'IMOBILIER Un nouveau ralentissement de l'économie chinoise risquerait de compromettre les chances d'une reprise, cette année, de l'économie mondiale dont la Banque mondiale a souligné récemment que le "seul moteur" était l'économie américaine. Une enquête Reuters auprès d'économistes publiés la semaine dernière a d'ailleurs fait ressortir que les principaux risques pour l'économie mondiale cette année résidaient dans une croissance moindre qu'espérée en Chine mais aussi au sein de la zone euro. ID:nL6N0UU41G "Même en prenant en compte la poursuite de l'investissement public et les retombées positives de la baisse des prix du pétrole, le fléchissement de l'activité dans le secteur immobilier et les efforts pour maîtriser le crédit soulignent le risque d'une croissance encore plus faible", prévient Sacha Tihanyi, économiste chez Scotia Bank. Les flux d'investissement directs en Chine, baromètre de la confiance des investisseurs internationaux dans le pays, n'ont progressé que de 1,7% l'année dernière contre une hausse de 5,3% en 2013. La croissance du crédit est aussi ressortie en dessous des attentes en dépit de la baisse surprise des taux par la banque centrale en novembre, les banques se montrant prudentes devant la hausse du taux d'endettement des entreprises et des crédits douteux. Pékin recourt habituellement au crédit pour stimuler l'activité mais la demande de prêts par les entreprises a aussi été freinée par le ralentissement de l'économie mondiale. La PBoC a annoncé vendredi l'octroi d'une enveloppe de 50 milliards de yuan (7 milliards d'euros) de financements pour les banques afin qu'elles développent les crédits à l'agriculture et aux petites et moyennes entreprises, des secteurs de l'économie généralement confrontés à une pénurie de crédits. Le ralentissement prolongé de l'activité est accentué par les craintes de voir la correction du marché immobilier dégénérer en une crise dont les effets se propageraient à l'ensemble d'une économie caractérisée par un niveau d'endettement très élevé. Le secteur du logement représente 15% de l'économie chinoise et le tassement de l'activité qu'il connaît s'est répercuté sur une quarantaine de branches allant de l'acier au ciment en passant par l'ameublement. Les prix des logements en rythme annuel dans les principales villes chinoises sont orientés à la baisse depuis le mois de septembre et les dernières données disponibles, publiées dimanche, ont montré un net recul au mois de décembre. ID:nL6N0UG0D6 La Chine ne devrait pas non plus échapper à la tendance mondiale à la désinflation sous l'effet de la baisse des prix de l'énergie et des matières premières. Les économistes interrogés par Reuters s'attendent à ce que la hausse des prix à la consommation ralentisse à 2% en moyenne cette année avant d'accélérer légèrement à 2,5% en 2016. (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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