Enquête après un incident à la centrale nucléaire de Cattenom

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STRASBOURG (Reuters) - Le parquet de Thionville (Moselle) a ouvert une enquête, sur plainte du réseau Sortir du nucléaire, après un incident survenu en janvier 2012 à la centrale nucléaire de Cattenom, a-t-on appris auprès de ce collectif d'organisations antinucléaires.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait révélé le 6 février dernier une anomalie sur les tuyauteries de refroidissement des piscines d'entreposage des combustibles de deux des quatre réacteurs de cette centrale, située sur la Moselle, non loin des frontières allemande et luxembourgeoise.

Les bassins, où sont entreposés les combustibles, avant ou après leur utilisation dans le coeur du réacteur, auraient pu se vider accidentellement par un phénomène de siphonnage, en cas de manoeuvre incorrecte de certaines vannes commandant l'injection d'eau froide.

Ce problème, qui a été corrigé début février par le percement sur la tuyauterie d'un orifice appelé "casse-siphon", a été classé par l'ASN au niveau 2 de l'échelle internationale Ines, "en raison de ses conséquences potentielles".

Dans sa plainte, Sortir du nucléaire estime qu'EDF a violé l'article 591-5 du code de l'environnement qui prescrit à l'exploitant de signaler "sans délai" à l'Autorité de sûreté nucléaire tout incident "ayant ou risquant d'avoir des conséquences notables sur la sûreté de l'installation".

L'ASN l'a souligné elle-même dans son rapport d'inspection adressé à la direction de la centrale le 26 janvier 2012.

"Or, bien que l'écart ait été détecté le 21 décembre 2011, vous n'en avez informé l'Autorité de sûreté nucléaire oralement que le 13 janvier 2012 et par écrit le 18 janvier 2012", souligne Florien Kraft, chef de la division de Strasbourg de l'ASN.

Cette infraction est passible d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende.

La plainte de Sortir du nucléaire vise également la non-conformité de l'installation elle-même et le fait d'avoir mis plus d'un mois pour y remédier, s'agissant d'une opération ne requérant "pas d'expertise complexe", comme l'affirme également l'ASN dans son rapport.

Le procureur de Thionville, contacté par Reuters, a confirmé l'ouverture d'une enquête, sans préjuger des suites qui lui seront données.

"Ces problèmes se règlent généralement de manière administrative entre l'ASN et l'exploitant", a toutefois estimé Jean-François Mailhes.

La direction de la centrale n'était pas joignable dans l'immédiat.

Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse

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