Engagé "jusqu'au bout", Hollande défend bec et ongles son bilan

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    * Le président veut réformer "jusqu'au bout" 
    * Il dira "à la fin de l'année" s'il brigue un second mandat 
    * Son leitmotiv : "moderniser" en "préservant le modèle 
social" 
    * Il estime que sa politique économique produit des 
résultats 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 14 avril (Reuters) - François Hollande a défendu 
jeudi son bilan avec vigueur, jugeant la situation économique de 
la France meilleure qu'au début de son quinquennat jalonné de 
crises, et annoncé qu'il déciderait à la fin de l'année s'il se 
représente. 
    Sur France 2, où il a été interrogé par des journalistes et 
des Français, le chef de l'Etat le plus impopulaire de la Ve 
République a assuré qu'il agirait "jusqu'au bout". 
    "Oui, ça va mieux : il y a plus de croissance, moins de 
déficit, moins d'impôts, plus de compétitivité, plus de marges 
pour les entreprises, plus de pouvoir d'achat pour les 
salariés", a-t-il déclaré d'emblée. 
    "Voilà ce que j'ai fait depuis quatre ans et voilà pourquoi 
je vais poursuivre jusqu'au bout", a-t-il ajouté en évoquant 
notamment la réforme du Code du travail, objet de contestation 
depuis des semaines. 
    Près de deux heures plus tard, le président a annoncé qu'il 
déciderait "à la fin de l'année" s'il brigue un second mandat, 
avec l'espoir d'avoir d'ici là des résultats sur l'emploi.     
    "Il se trouve qu'un quinquennat, c'est cinq ans et que j'ai 
engagé une politique qui produit des résultats et en produira 
encore davantage. Mais c'est vrai que je demanderai à être jugé 
sur la question du chômage", a-t-il dit.  
     
    "DES ÉPREUVES TERRIBLES"  
    Multipliant les clins d'oeil à l'électorat de gauche -- "je 
ne vais pas stimuler quand même les embauches en CDD", a-t-il 
répondu à une chef d'entreprise qui critiquait la surtaxation 
des contrats courts --, il a souligné que son "fil conducteur" 
depuis quatre ans n'avait pas varié : "Moderniser le pays tout 
en protégeant son modèle social". 
    "J'ai affronté durant ce quinquennat des épreuves 
terribles", a-t-il dit en évoquant les risques d'éclatement de 
la zone euro, les interventions militaires et le terrorisme. 
    "Je réformerai tous les jours de mon mandat, je le ferai 
jusqu'au dernier jour de mon mandat." 
    Du minimum vieillesse à la prime d'activité en passant par 
le plan de formation de 500.000 chômeurs, François Hollande a 
défendu son action pour le pouvoir d'achat et la relance.  
    Le Pacte de responsabilité, qui comprend des baisses de 
charges, "ce n'est pas une aide aux patrons, c'est une aide aux 
salariés, une aide à l'embauche", a-t-il martelé.  
    Au terme de quatre mois chaotiques, François Hollande a dit 
assumer la proposition d'inscrire la déchéance de nationalité 
dans la Constitution au nom de l'unité nationale.  
    Au lendemain des attentats du 13 novembre qui ont fait 130 
morts, "j'ai ressenti le besoin d'une mesure symbolique", a-t-il 
expliqué. "On sentait bien qu'à ce moment-là le pays pouvait 
éclater".  
    Face à un électeur du Front national, le président 
socialiste a réaffirmé la fermeté du gouvernement en matière 
d'immigration.  
    "Seuls les demandeurs d'asile ont le droit de recevoir des 
aides", a-t-il rappelé, évoquant aussi les actions pour faire 
baisser le nombre de migrants massés dans la région de Calais 
dans l'espoir de passer en Grande-Bretagne. 
     
    LE FN, "UN REMÈDE PIRE QUE LE MAL"  
    Aux électeurs tentés par le parti de Marine Le Pen, il a mis 
en garde contre "un médecin qui peut tuer le malade", un "remède 
pire que le mal".   
    Interrogé sur les ambitions de son ministre de l'Economie, 
Emmanuel Macron, qui vient de lancer son mouvement, François 
Hollande a invoqué la nécessaire "loyauté". 
    "Il a été mon conseiller. Il doit être dans l'équipe, sous 
mon autorité", a-t-il dit. "Ce n'est pas simplement une question 
hiérarchie -- il sait ce qu'il me doit -- c'est une question e 
loyauté personnelle et politique".  
    Aux critiques sur son attitude, parfois jugée indifférente, 
François Hollande a expliqué qu'il était touché mais ne devait 
pas donner l'impression de douter.   
    "Etre président c'est vivre, tout le temps, avec la 
tragédie", a-t-il dit, citant les attentats de 2015, mais aussi 
les trois jeunes soldats tués la semaine dernière au Mali.      
    "Je ne suis pas indifférent et si parfois il y a des 
critiques qui me blessent, ça peut arriver, j'ai le devoir de ne 
pas le montrer pour que les Français n'aient pas de doute sur le 
cap, même si j'entends tout ce qui se dit."   
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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