Enel mise sur les marchés émergents pour rebondir

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* Baisse de 84% du bénéfice net 2014 après des dépréciations * Croissance du bénéfice prévue de 10% en moyenne jusqu'en 2019 * Veut vendre pour 5 milliards d'euros d'actifs * Pense creuser sa dette à 39,2 milliards d'euros fin 2015 (Actualisé avec détails, analyste et cours de Bourse) par Stephen Jewkes MILAN, 19 mars (Reuters) - Enel ENEI.MI vise une augmentation du bénéfice et du dividende au cours des cinq prochaines années en se concentrant sur les marchés émergents et les énergies vertes après avoir fait état jeudi d'une chute de 84% de son résultat net au titre de 2014, en raison d'importantes dépréciations d'actifs. Le numéro un italien des services aux collectivités va investir 18 milliards d'euros pour relancer sa croissance, dont plus de la moitié dans les marchés émergents comme l'Amérique latine et l'Afrique, et doubler la capacité de sa division énergies vertes. Enel compte également sur ses technologies de compteurs et de réseaux "intelligents" pour développer son activité. Le groupe a dit vouloir mettre l'accent sur un plus grand nombre de petits projets plutôt que les grands sites traditionnels. Son concurrent allemand E.ON EONGn.DE a aussi décidé de se concentrer sur les énergies renouvelables et les réseaux de distribution d'électricité "intelligents", en se scindant de ses centrales thermiques. Le secteur de l'énergie de l'Europe souffre de la faiblesse de la demande d'énergie dans un contexte de stagnation économique, de recul des prix de gros de l'électricité et d'une forte demande d'énergies renouvelables plus propres appelées à remplacer les centrales thermiques. Enel, dont l'Etat italien a cédé 5,7% du capital fin février pour ne plus garder directement que 25,3% du capital tout en conservant le contrôle de la société, a précisé qu'il verserait un dividende de 0,14 euro par action, contre 0,13 euro en 2013. ID:nL5N0W06CW Enel veut porter son ratio de distribution du bénéfice sous forme de dividendes à 50% en 2015, contre 40% actuellement, pour ensuite le porter progressivement à 65% d'ici 2018. La stratégie de l'administrateur délégué d'Enel Francesco Starace, qui a pris les rênes du groupe public italien l'an dernier, a été bien accueillie. "La clé est de stimuler le ratio de distribution du bénéfice à 65% en 2018 (...) avec un supplément de trois milliards d'euros de cessions, un plan d'investissements de 18 milliards d'euros, tout cela dépassant même les anticipations les plus optimistes", écrit UBS dans une note adressée aux traders. HAUSSE DU TITRE A la Bourse de Milan, l'action Enel avance de 3,01% vers 11H00 GMT, surperfomant l'indice sectoriel européen SX6P qui s'adjuge 0,95%. Enel, numéro un européen des services aux collectivités en termes de capacité installée, a publié un résultat net 2014 à 517 millions d'euros après des charges de dépréciation de 6,43 milliards passées notamment en Italie et en Slovaquie. Le groupe italien attend un bénéfice net cette année de 3 milliards d'euros et une croissance de son résultat en moyenne de 10% par an jusqu'en 2019. Enel, qui avait annoncé des résultats préliminaires début février, a également dit que son excédent brut d'exploitation (EBE) de cette année serait inférieur à celui de 2014, en raison surtout de l'accent mis sur l'amélioration de la rentabilité et une hausse du dividende. ID:nL6N0VF4VQ Dans son nouveau plan stratégique 2015-2019, Enel précise que cet EBE devrait être de l'ordre de 15 milliards d'euros en 2015 contre 15,7 milliards l'an dernier. Le groupe souligne que ses investissements bruts sur la période étaient prévus à 34 milliards d'euros, ce qui représente une hausse de 14% par rapport à la période précédente. Le programme de vente d'actifs sur la période 2015-2019 est estimé à cinq milliards d'euros, dont deux sont déjà en cours. Le groupe italien, l'une des "utilities" les plus endettées d'Europe, est en pourparlers pour vendre sa participation de 66% dans la compagnie slovaque Slovenske Elektrarne. Enfin, Enel a dit s'attendre à creuser sa dette à 39,2 milliards d'euros d'ici la fin de l'année, contre 37,4 milliards fin 2014. La dette devrait être ramenée à 36,3 milliards d'euros en 2019. (Stephen Jewkes, Benoît Van Overstraeten et Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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