Encadrement des loyers: les professionnels contre-attaquent

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Après la campagne lancée par l’association CLCV pour étendre l’encadrement des loyers, les professionnels rappellent leur opposition à ce dispositif qu’ils jugent inefficace.

Ces dernières semaines, les partisans de l’encadrement des loyers ont donné de la voix. Il y a d’abord eu la ministre du Logement Emmanuelle Cosse annonçant l’arrivée de l’encadrement des loyers à Lille pour la fin de l’année et souhaitant l’extension du dispositif. Puis l’association CLCV (Consommation logement et cadre de vie) lui a embrayé le pas en lançant un site Internet où elle invitait les locataires à dénoncer des loyers qu’ils estiment trop élevés quelle que soit leur ville d’origine.

C’est désormais au tour des opposants à ce genre de mesures de faire entendre à nouveau leurs arguments. C’est notamment le cas de l’Unis (Union des syndicats de l’immobilier), premier syndicat des administrateurs de biens, des syndics de copropriété et des promoteurs-rénovateurs, qui rappelle que dans les zones tendues, un dispositif de «blocage» des loyers est déjà applicable lors de la relocation ou du renouvellement du bail depuis 2012. L’organisme professionnel souligne d’ailleurs que la tendance à la baisse des loyers s’observe quasiment partout en France et ne semble rien devoir à cet encadrement. D’ailleurs , ce recul dans la capitale avait été enclenché avant le 1er août, date de démarrage de l’encadrement.

Tout en reconnaissant qu’il existe «un véritable problème de respect de la réglementation sur les marchés de gré à gré», le président de l’Unis Christophe Tanay estime qu’il y a de gros risques à «déclencher automatiquement des encadrements à l’aveugle» car «l’encadrement arbitraire tétanise bailleurs et investisseurs». «Nous constatons qu’à Paris le découpage par quartiers et secteurs présente des incohérences, souligne-t-il. Nous avons saisi le juge administratif pour cette raison. Nous proposons qu’un bilan soit effectué sur Paris, car ce dispositif n’a même pas un an d’existence!».

Son syndicat démarre d’ailleurs une tournée à travers la France pour rencontrer élus locaux en charge de l’immobilier, du logement ou de l’urbanisme, représentants de l’Etat et parlementaires impliqués afin d’élaborer une plateforme de propositions. Rappelant que l’Etat dépense directement 42 milliards d’euros pour le logement, que chaque Français y consacre plus de 40% de son revenu alors que la disparité de l’offre de logement se creuse selon les territoires, l’Unis espère que cette réflexion sera entendue par les candidats à la présidentielle et débouchera sur «une politique nationale du logement et de l’habitat plus agile».

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  • ericlyon le jeudi 7 avr 2016 à 15:32

    C'est vrai que ces décisions sont surprenantes, on peut se demander s'ils sont incompétents ou si sous prétexte de vouloir favoriser les personnes en situation difficile ils ne cherchent pas à favoriser les professionnels qui profitent de ce système : les grosses agences immobilières, les huissiers, les avocats, ...

  • charonph le jeudi 7 avr 2016 à 15:11

    Il semble que nos responsables politiques ont oublié les conséquences sur l'évolution du parc immobilier du maintien dans le temps( plus de 30 ans) de la loi de 1948 qui bloquait et fixait par décret l'évolution autorisée des loyers.

  • dotcom1 le jeudi 7 avr 2016 à 13:54

    exact ericlyon. J'ajouterai que bloquer les loyers dans un marché tendu accentue la compétition entre locataires, favorisant les plus solides au détriment des plus fragiles. Bref, l'opposé du but recherché.

  • ericlyon le jeudi 7 avr 2016 à 12:57

    Je le répète l'encadrement des loyers dans le privé n'a aucun sens dans la mesure ou le prix de l'immobilier est fixé par le marché. On ne peut pas encadrer ce qui ne l'est pas. N'importe qui avec un peu de bon sens comprend que si on bloque les loyers mais que le marché de l'immobilier est libre, dans les zones tendues il y aura forcément de moins en moins de logement à louer.