Encadrement des loyers : les mesures qui inquiètent

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Le projet de loi qu'a présenté Cécile Duflot la semaine dernière risque de déstabiliser un peu plus le marché immobilier. Et ne va pas donner envie aux particuliers d'investir dans la pierre.

La ministre veut en effet généraliser l'encadrement des loyers dans 28 agglomérations de plus de 50.000 habitants (dont Annecy, Nice, Montpellier, Bordeaux, Nantes ou Toulouse par exemple): il faudra que le loyer ne dépasse pas de plus de 20% le loyer médian qui doit être établi par les futurs Observatoires des loyers. Un arrêté du préfet fixera les règles «pour chaque catégorie de logement et par quartier». Et le ministère promet des bouleversements, puisque, selon lui, plus d'un loyer sur quatre devrait baisser en région parisienne. Tant mieux apparemment pour les locataires... sauf si le stock de biens à louer fond. Les investisseurs risquent en effet de se décourager. D'autant qu'ils seront obligés, tout comme leurs locataires, de soucrire une assurance, baptisée GUL (garantie universelle des loyers).

Des professionnels inquiets

Face à ce texte, les professionnels de l'immobilier sont inquiets, Jean-François Buet à la Fnaim a même sonné la rébellion en refusant d'alimenter les Observatoires des loyers. La profession a perdu la première bataille. La deuxième se jouera à l'Assemblée nationale et au Sénat qui examineront le texte à partir de l'automne. On peut d'ores et déjà parier que les amendements ne manqueront pas. Pour les particuliers, rien ne change dans l'immédiat, mais le signal est mauvais. L'immobilier est affaire de confiance, un projet aussi coercitif ne peut la susciter. Benoist Apparu, député de la Marne (UMP) et ancien ministre du Logement, résume bien la situation. «On ne peut pas, d'un côté, soutenir haut et fort qu'il manque des logements en France et, de l'autre, mettre en place une politique qui fait fuir les investisseurs!»

Le Figaro Magazine - Quelle a été la baisse des prix au premier semestre?

Laurent Vimont, président de Century 21 - Les prix ont reculé de 2,6% en France par rapport à la fin de juin 2012. Les maisons ont été plus touchées (- 2,8%) que les appartements (- 1,9%). Certains segments, comme les résidences secondaires, sont en panne, mais globalement les volumes sont en hausse de 6%.

Une bonne surprise?

Les cadres moyens et les employés sont de retour, comme les moins de 40 ans. La baisse des prix et celle des taux de crédit leur a permis d'acheter.

Les investisseurs eux désertent.

En un an, 40.000 ventes destinées à l' investissement locatif n'ont pas été réalisées et ce n'est sans doute pas fini. Avec le projet Duflot, un investisseur ne peut plus aujourd'hui connaître la rentabilité de son placement.

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