ENCADRE-Victorieuse d'un souffle, Clinton n'a pas chassé les fantômes de 2008

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    par John Whitesides 
    DES MOINES, Iowa, 2 février (Reuters) - La victoire sur le 
fil d'Hillary Clinton dans les caucus de l'Iowa va 
inévitablement relancer le débat sur sa capacité à séduire les 
électeurs démocrates et entretenir à l'inverse la mobilisation 
autour du "socialiste démocrate" Bernie Sanders. 
    La favorite de la course à l'investiture démocrate, qui 
avait trébuché dans l'Iowa en 2008, n'a devancé que d'un souffle 
son challenger.  ID:L8N15H1RY  
    Cette victoire difficile fragilise la campagne de celle qui, 
au printemps dernier, s'était lancée dans les primaires 
démocrates avec l'étiquette de grandissime favorite. Dans 
plusieurs "caucus", ou réunions locales organisées lundi soir, 
les jeux étaient à ce point serré qu'il a fallu trancher à pile 
ou face pour déterminer qui de Clinton ou de Sanders 
l'emporterait.     
    Dans ces conditions, le sénateur de 74 ans a eu beau jeu de 
revendiquer une "victoire morale" dans cet Etat qui donnait le 
coup d'envoi du long processus de désignation des candidats à 
l'élection présidentielle du 8 novembre. 
    "Nous avons réussi ce que les élites politiques jugeaient 
impossible. Ne nous sous-estimez pas", a-t-il dit. 
    D'autant que le sénateur du Vermont, qui mène campagne à 
gauche en promettant la gratuité des études ou le démantèlement 
des grandes corporations bancaires, est donné largement en tête 
des intentions de vote dans le New Hampshire, où aura lieu le 9 
février la prochaine étape de la saison des primaires. 
    "Elle avait tous les atouts possibles au niveau des 
structures et de l'organisation politique, et pourtant Sanders 
l'a contrainte à un match nul", souligne Dan Schnur, directeur 
de l'institut d'études politiques Jesse M. Unruh de l'université 
de Caroline du Sud. 
    "C'est presque une copie conforme de 2008. La différence, 
c'est que la concurrence n'est pas aussi dure cette fois-ci", 
ajoute-t-il, estimant que la candidature Sanders est trop 
marquée à gauche pour menacer durablement Clinton. 
     
    DÉFICIT DE CONFIANCE 
    Il y a huit ans, lors de sa première tentative, 
l'ex-sénatrice de New York et ex-Première dame avait été 
nettement devancée par Barack Obama. Placée d'emblée sous 
pression, elle n'avait pas réussi à renverser la tendance et 
s'était au final inclinée face à celui qui allait devenir le 44e 
président des Etats-Unis. 
    Huit ans plus tard, elle a évité le pire. Mais la tonalité 
de son bref discours post-caucus -- six minutes chrono -- 
contrastait nettement avec l'enthousiasme de son rival, qui a 
discouru pendant seize minutes. 
    L'équipe de campagne de l'ex-secrétaire d'Etat a même retiré 
à la dernière minute le prompteur installé à la tribune de 
l'université Drake, signe d'une modification in extremis de son 
discours, où elle n'a pu du reste revendiquer la victoire. 
L'indécision était encore trop forte. Son mari Bill Clinton et 
leur fille Chelsea, qui devaient initialement prendre la parole 
en introduction de son discours, sont restés muets. 
    Dans les sondages sur les motivations du vote, Hillary 
Clinton est en difficulté quand on interroge les électeurs sur 
son honnêteté ou le degré de confiance qu'on peut lui accorder.  
    Autre indicateur du décalage dans l'enthousiasme que 
suscitent la favorite et son rival auprès de la base démocrate: 
l'an dernier, l'équipe de campagne de Clinton a collecté 109 
millions de dollars de financements, bien plus que les 73,5 
millions réunis par le sénateur du Vermont. Mais 75% des fonds 
obtenus par Sanders proviennent de petits donateurs à moins de 
200 dollars, contre 18% seulement pour Clinton, soutenue par les 
grands financiers de la vie politique américaine. 
 
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur les primaires:  ID:nL8N15G1ZD  
 
 (avec Jonathan Allen à Washington; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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