ENCADRE-Verbatim de la déclaration de François Hollande

le
0
    PARIS, 1er décembre (Reuters) - Le chef de l'Etat François 
Hollande a annoncé jeudi qu'il ne briguerait pas de nouveau 
mandat lors de l'élection présidentielle de 2017, mettant fin à 
plusieurs mois de suspense. 
    Voici le verbatim de sa déclaration :  
     
    "Je m'adresse à vous ce soir pour vous faire connaître la 
décision que j'ai prise ans la perspective de la prochaine 
élection présidentielle" 
    "Depuis mai 2012, c'est-à-dire la date à partir de laquelle 
je suis devenu président de la République, j'ai agi avec les 
gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls pour 
redresser la France et la rendre plus juste" 
    "Aujourd'hui, au moment où je m'exprime, les comptes publics 
sont assainis, la Sécurité sociale est à l'équilibre et la dette 
du pays a été préservée" 
    "J'ai également voulu que notre modèle social puisse être 
conforté parce que c'est notre bien commun, je l'ai même élargi 
pour permettre à ces travailleurs, qui avaient commencé très tôt 
leur vie professionnelle, de partir plus précocement à la 
retraite, et j'ai fait en sorte qu'à chacune et à chacun puisse 
être accordée une complémentaire santé" 
    "Dans ce contexte, j'ai aussi voulu placer la France au 
premier rang de la lutte contre le réchauffement climatique et 
c'est à Paris que l'accord historique a pu être signé et qui a 
engagé le monde entier" 
    "J'ai voulu aussi que l'école dispose des moyens 
indispensables, ceux-là mêmes qui lui avaient été ôtés dans la 
période précédente, parce que l'école c'est le pilier de la 
République" 
    "J'ai fait avancer les libertés, le mariage a été ouvert à 
tous les couples, l'égalité entre les femmes et les hommes a été 
renforcée et la lutte contre les discriminations, celles qui 
blessent, a été amplifiée" 
    "J'ai également modernisé notre démocratie avec la réforme 
territoriale, celle dont on parlait régulièrement et qui n'était 
jamais faite, avec la fin du cumul des mandats et avec également 
la transparence que j'ai imposée à tous les élus, à commencer 
par moi-même, pour être dans l'exemplarité" 
    "Mais l'engagement majeur que j'avais pris devant vous, 
c'était de faire baisser le chômage. J'y ai consacré avec le 
gouvernement toute mon énergie, j'ai pris tous les risques j'ai 
allégé les charges des entreprises parce que c'est la condition 
pour qu'il y ait davantage d'emploi, j'ai également aidé les 
embauches, j'ai fait en sorte que la formation professionnelle 
puisse être une grande priorité, j'ai également soutenu 
l'innovation et l'industrie de demain et j'ai pris la 
responsabilité de réformer le marché du travail" 
    "Les résultats arrivent, plus tard que je ne les avais 
annoncés, j'en conviens, mais ils sont là : l'investissement, la 
consommation, la construction repartent et depuis le début de 
l'année le chômage enfin diminue mais il reste à un niveau trop 
élevé et je mesure ce que cette situation peut avoir 
d'insupportable pour nos concitoyens qui vivent dans la 
précarité" 
    "Mes chers compatriotes, le monde, l'Europe, la France ont 
traversé pendant tout mon mandat des épreuves particulièrement 
graves. J'ai engagé nos forces armées au Mali, en Centrafrique, 
en Irak, en Syrie, pour défendre nos valeurs et combattre le 
terrorisme islamiste qui nous avait frappés et qui nous menace 
encore, frappés à Paris, à Saint-Denis, à Nice et dans tant 
d'autres lieux ensanglantés" 
    "Dans ces circonstances particulièrement éprouvantes, 
terribles même, j'ai voulu que soit maintenue la cohésion 
nationale, que nous puissions éviter les divisions, les 
surenchères, les stigmatisations et donc les amalgames" 
    "Mais en même temps, nous avons tenu bon et j'ai pris les 
mesures qui étaient nécessaires, notre arsenal pénal a été durci 
sans mettre en cause à aucun moment nos libertés" 
    "J'ai également procédé à des recrutements massifs dans nos 
armées, dans la gendarmerie, dans la police parce que nous en 
avons besoin et qu'il y a encore beaucoup à faire" 
    "Sur les réfugiés, j'ai tenu à ce que la France puisse 
prendre sa part, parce que nous sommes la France, dans l'accueil 
de ceux qui fuyaient la guerre et qu'en même temps nous 
puissions toujours maîtriser nos frontières" 
    "Sur tous ces sujets, je n'ai qu'un seul regret et je veux 
ici l'exprimer, c'est d'avoir proposé la déchéance de 
nationalité parce que je pensais qu'elle pouvait nous unir alors 
qu'elle nous a divisés" 
    "Au niveau européen, j'ai agi en votre nom pour que 
l'austérité puisse être enfin terminée pour beaucoup de peuples 
et j'ai fait en sorte que la Grèce puisse rester dans la zone 
euro parce que sinon elle aurait éclaté cette zone euro 
tellement elle était traversée de tensions et de crises" 
    "J'ai également régulé la finance et le système bancaire 
parce ce que j'avais trouvé en 2012 était source de tous les 
risques" 
    "Voilà ce que j'ai fait, voilà ce que j'assume devant vous, 
en revendiquant les avancées, en reconnaissant les retards et 
même en admettant certaines erreurs parce que je porte un bilan 
et j'en assume toute la responsabilité" 
    "Dans cinq mois vous aurez mes chers compatriotes à faire un 
choix pour notre pays. La droite vient de désigner son candidat 
après une large consultation, je respecte la personne, le 
parcours de François Fillon mais j'estime que le projet qu'il 
porte met en cause notre modèle social et nos services publics 
sans aucun bénéfice au contraire pour notre économie et avec un 
risque d'aggravation des inégalités" 
    "Quant à l'extrême-droite, elle nous appelle au repli, à la 
sortie de l'Europe et du monde et elle prend comme référence ce 
qui vient de se produire aux Etats-Unis. Je vous le dis 
nettement, franchement : le plus grand danger c'est le 
protectionnisme, c'est l'enfermement, et ce serait d'abord un 
désastre pour les travailleurs français. Or, comme président de 
la République, je tiens d'abord à ce que le travail en France 
puisse être soutenu et valorisé"  
    "Plus que quiconque, mes chers compatriotes, je mesure 
l'enjeu de la période qui s'ouvre. Comme président de la 
République, je dois diriger l'Etat, j'ai la responsabilité 
d'assurer le fonctionnement régulier de nos institutions 
jusqu'au terme de mon mandat et dans un contexte où la menace 
terroriste n'a jamais été aussi élevée" 
    "Comme socialiste, parce que c'est l'engagement de toute ma 
vie, je ne peux accepter, je ne peux me résoudre même, à la 
dispersion de la gauche, à son éclatement, parce qu'elle 
priverait de tout espoir de l'emporter face au conservatisme et 
pire encore, face à l'extrémisme" 
    "Pour ma part, je ne suis animé que par l'intérêt supérieur 
du pays. Le pays, depuis plus de quatre ans et demi, je l'ai 
servi avec sincérité, avec honnêteté. L'expérience m'a apporté 
l'humilité qui est indispensable à l'action publique et face aux 
épreuves j'ai pu avoir une capacité inépuisable de résistance 
devant l'adversité" 
    "Mais le pouvoir, l'exercice du pouvoir, les lieux du 
pouvoir et les rites du pouvoir ne m'ont jamais fait perdre ma 
lucidité ni sur moi-même ni sur la situation car je dois agir" 
    "Et aujourd'hui, je suis conscient des risques que ferait 
courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas 
largement autour d'elle. Aussi j'ai décidé de ne pas être 
candidat à l'élection présidentielle au renouvellement donc de 
mon mandat"  
    "Je tenais ici à vous en faire part directement comme je m'y 
étais engagé au début du mois de décembre, tel que je l'avais 
moi-même annoncé" 
    "Je le fais en prenant toute ma responsabilité mais aussi en 
appelant à un sursaut collectif et qui engage tous les 
progressistes qui doivent s'unir dans ces circonstances parce 
que ce qui est en cause ce n'est pas une personne, c'est 
l'avenir du pays" 
    "Je ne veux pas que la France soit exposée à des aventures 
qui seraient coûteuses et même dangereuses pour son unité, pour 
sa cohésion, pour ses équilibres sociaux, voilà le message que 
j'étais venu ici vous adresser" 
    "Dans les mois qui viennent mon devoir, mon seul devoir sera 
de continuer à diriger le pays celui que vous m'avez confié en 
2012 en m'y consacrant pleinement et dans le dévouement le plus 
total à la République. Vive la République et vive la France" 
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant