ENCADRE USA 2016-Le programme électoral de Donald Trump

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    WASHINGTON, 9 novembre (Reuters) - Si Donald Trump n'a pas 
abordé, dans son tout premier discours de président élu, le 
détail des mesures qu'il entend prendre une fois installé à la 
Maison blanche, il a dessiné au fil de sa campagne les contours 
de ce que serait le programme d'un mandat placé sous le signe de 
son slogan, "Restaurer la grandeur de l'Amérique" et marqué par 
une certaine forme d'isolationnisme et une remise en cause des 
accords de libre-échange. 
    Ses principales propositions, thème par thème: 
 
    IMMIGRATION 
    Dès son entrée en campagne, Trump a annoncé qu'il ferait 
construire un "mur géant" le long de la frontière avec le 
Mexique pour empêcher l'immigration clandestine. 
    La construction, chiffrée entre 10 et 12 milliards de 
dollars, sera financée par le Mexique, a-t-il affirmé en se 
disant prêt, dans le cas contraire, à "saisir" les sommes que 
les Mexicains sans papier installés sur le territoire des 
Etats-Unis transfèrent aux membres de leur famille restés dans 
leur pays d'origine. Il pourrait aussi relever les frais de 
visa, appliquer des taxes sur les produits mexicains ou réduire 
les sommes versées au titre de l'aide internationale. 
    Donald Trump s'est aussi engagé à tripler le nombre d'agents 
des services de l'immigration et des douanes et à créer une 
force spéciale chargée d'identifier les migrants sans papiers. 
    Seront expulsés en priorité les ressortissants étrangers 
sans papiers s'étant rendus coupables de crimes, ceux arrivés 
récemment sur le sol des Etats-Unis ou étant restés au-delà de 
l'expiration de leur visa. 
    Quelque onze millions d'étrangers sans-papiers vivent aux 
Etats-Unis. 
    Après la tuerie de San Bernardino, en Californie, commise en 
décembre 2015 par un couple de musulmans radicalisés, Trump 
avait également annoncé qu'il fermerait provisoirement les 
frontières des Etats-unis à tous les musulmans. Il y a renoncé 
mais a promis un processus de vérification très poussée des 
antécédents des personnes entrant aux Etats-Unis de sorte de 
s'assurer qu'elles partagent les valeurs américaines. 
 
    COMMERCE 
    Le promoteur immobilier estime que la Chine, le Japon, le 
Mexique, le Vietnam et l'Inde lèsent les Etats-Unis en dévaluant 
leur monnaie et en fermant leurs marchés à certaines 
exportations américaines. 
    Il a rejeté le Partenariat transpacifique (TPP), vaste 
accord commercial liant les Etats-Unis et onze autres nations, 
et affiche son intention de renégocier l'Alena, l'accord de 
libre-échange avec le Canada et le Mexique entré en vigueur en 
1994.  
    Pour ce qui est des relations avec la Chine, Trump s'est dit 
prêt à accuser officiellement Pékin de manipulation des taux de 
changes et à imposer des droits compensatoires sur les produits 
"made in China" pour rééquilibrer les échanges commerciaux entre 
les deux premières puissances économiques de la planète. Il a 
aussi dit vouloir dénoncé devant l'Organisation mondiale du 
commerce (OMC) plusieurs politiques gouvernementales chinoises 
de subvention des exportations. 
    Sur le dossier des délocalisations, un autre de ses chevaux 
de bataille, Trump a notamment promis de surtaxer à 35% les 
voitures assemblées par Ford au Mexique. 
     
    POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET FISCALITÉ 
    Trump a dit vouloir juguler la dette publique fédérale en 
travaillant sur deux axes: doper l'emploi et faire la chasse aux 
gaspillages de fonds publics.  
    Il a indiqué qu'il ne toucherait pas aux budgets des 
programmes fédéraux de santé Medicare (pour les seniors) et 
Medicaid (pour les populations à faible revenu). Les budgets du 
département de l'Education et de l'Agence fédérale de protection 
de l'environnement seraient en revanche réduits. 
    Trump veut alléger et simplifier la fiscalité et il a 
proposé de ramener le nombre de tranches d'impositions de sept à 
trois avec des taux de 12%, 25% et 33% pour la tranche la plus 
élevée (contre 39,6% actuellement). Il supprimerait l'impôt sur 
les successions et baisserait le taux de l'impôt sur les 
sociétés de 35 à 15%.  
    Les familles pourraient déduire de leurs revenus imposables 
les sommes consacrées à l'éducation de leurs enfants. 
     
    POLITIQUE ÉTRANGÈRE 
    Trump a déclaré vouloir "mettre KO" l'organisation Etat 
islamique et, pour ce faire, il se dit ouvert à une coopération 
avec la Russie. Mais il maintient le secret sur les détails de 
sa stratégie pour que l'ennemi, dit-il, soit pris de court. 
    Les familles de membres de l'EI pourraient être visées et 
Trump veut aussi faire fermer des "secteurs" d'internet pour 
lutter contre le recrutement et la radicalisation en ligne. 
    En Syrie, un président Trump pousserait à la création d'une 
"zone de sécurité" pour les Syriens à l'intérieur des frontières 
de leur pays, à charge pour les pétromonarchies du Golfe de la 
financer. Il refuse en revanche d'accepter des réfugiés syriens 
sur le sol des Etats-Unis. 
    Trump a aussi dit vouloir augmenter la taille et la 
puissance de feu de l'armée américaine afin de la rendre "si 
forte et si puissante que personne n'osera s'en prendre à nous". 
    Il veut que le Japon, l'Allemagne, la Corée du Sud et 
l'Arabie saoudite contribuent davantage au financement de l'aide 
militaire fournie par les Etats-Unis. "Nous ne pouvons plus 
défendre tous ces pays", a-t-il argumenté. 
     
 
 (Henri-Pierre André pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
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