ENCADRE USA 2016-Le programme de Donald Trump

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    par Roberta Rampton 
    WASHINGTON, 7 novembre (Reuters) - A l'annonce de sa 
candidature, en juin 2015 dans sa "Trump Tower" de Manhattan, 
les élites du Parti républicain et les politologues pensaient 
que l'aventure du magnat de l'immobilier et ex-star d'une 
émission de téléréalité ferait long feu. 
    En août, alors qu'il traversait un trou d'air dans les 
sondages après avoir été investi lors de la convention de 
Cleveland, certains ténors du Grand Old Party réfléchissaient 
aux moyens de le remplacer en vue de l'élection présidentielle 
du 8 novembre. 
    Défiant les conventions politiques et les lois qui régissent 
d'ordinaire une campagne présidentielle, Donald Trump, âgé de 70 
ans, est revenu sur Hillary Clinton dans les intentions de vote, 
promettant un duel serré jusqu'au terme de la campagne. 
    Au-delà de ses déclarations polémiques à répétition et de 
ses invectives, le milliardaire a aussi dessiné les contours de 
ce que serait le programme d'une présidence Trump, placée sous 
le signe de son slogan, "Restaurer la grandeur de l'Amérique", 
et qui serait marquée par une certaine forme d'isolationnisme et 
une remise en cause des accords de libre-échange. 
    "Nous devons empêcher qu'on nous vole nos emplois", a-t-il 
dit lundi soir lors du premier débat télévisé de la campagne 
présidentielle. 
    Ses principales propositions, thème par thème. 
 
    IMMIGRATION 
    Dès son entrée en campagne, Trump a annoncé qu'il ferait 
construire un "mur géant" le long de la frontière avec le 
Mexique pour empêcher l'immigration clandestine. 
    La construction, chiffrée entre 10 et 12 milliards de 
dollars, sera financée par le Mexique, affirme-t-il. Sinon, 
Trump se dit prêt à "saisir" les sommes que les Mexicains sans 
papier installés sur le territoire des Etats-Unis transfèrent 
aux membres de leur famille restés dans leur pays d'origine. Il 
pourrait aussi relever les frais de visa, appliquer des taxes 
sur les produits mexicains ou réduire les sommes versées au 
titre de l'aide internationale. 
    Invité fin août à Mexico par le président Enrique Peña 
Nieto, il n'a, selon ce dernier, pas évoqué la question du 
financement de ce mur. Trump a affirmé au contraire en avoir 
parlé. 
    Il s'est engagé à tripler le nombre d'agents des services de 
l'immigration et des douanes et à créer une force spéciale 
chargée d'identifier les migrants sans papiers. 
    Seront expulsés en priorité les ressortissants étrangers 
sans papiers s'étant rendus coupables de crimes, ceux arrivés 
récemment sur le sol des Etats-Unis ou étant restés au-delà de 
l'expiration de leur visa. 
    "Notre message au monde sera le suivant: on ne peut pas 
obtenir de statut légal ou devenir citoyen des Etats-Unis en 
entrant illégalement dans notre pays", a-t-il dit dans un 
discours prononcé le 31 août à Phoenix, dans l'Arizona, Etat 
frontalier du Mexique. 
    Quelque onze millions d'étrangers sans-papiers vivent aux 
Etats-Unis. 
    Après la tuerie de San Bernardino, en Californie, commise en 
décembre 2015 par un couple de musulmans radicalisés, Trump 
avait également annoncé qu'il fermerait provisoirement les 
frontières des Etats-unis à tous les musulmans. Il y a renoncé 
mais a promis un processus de vérification très poussée des 
antécédents des personnes entrant aux Etats-Unis de sorte de 
s'assurer qu'elles partagent les valeurs américaines. 
 
    COMMERCE 
    Le promoteur immobilier estime que la Chine, le Japon, le 
Mexique, le Vietnam et l'Inde lèsent les Etats-Unis en dévaluant 
leur monnaie et en fermant leurs marchés à certaines 
exportations américaines. 
    Il rejette le Partenariat transpacifique (TPP), vaste accord 
commercial liant les Etats-Unis et onze autres nations, et 
affiche son intention de renégocier l'Alena, l'accord de 
libre-échange avec le Canada et le Mexique entré en vigueur en 
1994.  
    Pour ce qui est des relations avec la Chine, Trump se dit 
prêt à accuser officiellement Pékin de manipulation des taux de 
changes et à imposer des droits compensatoires sur les produits 
"made in China" pour rééquilibrer les échanges commerciaux entre 
les deux premières puissances économiques de la planète. Il veut 
aussi dénoncer devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) 
plusieurs politiques gouvernementales chinoises de subvention 
des exportations. 
    Sur le dossier des délocalisations, un autre de ses chevaux 
de bataille, Trump a notamment promis de surtaxer à 35% les 
voitures assemblées par Ford au Mexique. 
     
    POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET FISCALITÉ 
    Trump veut juguler la dette publique fédérale en travaillant 
sur deux axes: doper l'emploi et faire la chasse aux gaspillages 
de fonds publics.  
    Il a indiqué qu'il ne toucherait pas aux budgets des 
programmes fédéraux de santé Medicare (pour les seniors) et 
Medicaid (pour les populations à faible revenu). Les budgets du 
département de l'Education et de l'Agence fédérale de protection 
de l'environnement seraient en revanche réduits. 
    Trump veut alléger et simplifier la fiscalité, proposant de 
ramener le nombre de tranches d'impositions de sept à trois avec 
des taux de 12%, 25% et 33% pour la tranche la plus élevée 
(contre 39,6% actuellement). Il supprimerait l'impôt sur les 
successions et baisserait le taux de l'impôt sur les sociétés de 
35 à 15%.  
    Les familles pourraient déduire de leurs revenus imposables 
les sommes consacrées à l'éducation de leurs enfants. 
     
    POLITIQUE ÉTRANGÈRE 
    Trump veut "mettre KO" ("Knock the hell out", a-t-il redit 
lors du débat de lundi) l'organisation Etat islamique et, pour 
ce faire, il se dit ouvert à une coopération avec la Russie.  
    Mais il maintient le secret sur les détails de sa stratégie 
pour que l'ennemi, dit-il, soit pris de court. 
    Les familles de membres de l'EI pourraient être visées et 
Trump veut aussi faire fermer des "secteurs" d'internet pour 
lutter contre le recrutement et la radicalisation en ligne. 
    Pour la Syrie, un président Trump pousserait à la création 
d'une "zone de sécurité" pour les Syriens à l'intérieur des 
frontières de leur pays, à charge pour les pétromonarchies du 
Golfe de la financer. Il refuse en revanche d'accepter des 
réfugiés syriens sur le sol des Etats-Unis. 
    Trump, dont le slogan de campagne promet de restaurer la 
"grandeur de l'Amérique", augmenterait la taille et la puissance 
de feu de l'armée américaine afin de la rendre "si forte et si 
puissante que personne n'osera s'en prendre à nous". 
    Il veut que le Japon, l'Allemagne, la Corée du Sud et 
l'Arabie saoudite contribuent davantage au financement de l'aide 
militaire fournie par les Etats-Unis. "Nous ne pouvons plus 
défendre tous ces pays", argumente-t-il. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la campagne   
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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