ENCADRE-USA 2016-Le programme de Bernie Sanders

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    WASHINGTON, 27 mars (Reuters) - Le sénateur Bernie Sanders, 
qui brigue l'investiture du Parti démocrate pour l'élection 
présidentielle de novembre aux Etats-Unis, a fait de la lutte 
contre les inégalités et la puissance de Wall Street le thèmes 
centraux de sa campagne. 
    "Nous vivons aujourd'hui dans le pays le plus riche de 
l'histoire du monde, mais cette réalité ne signifie pas grand 
chose parce que l'essentiel de cette richesse est contrôlée par 
une petite poignée d'individus", explique-t-il en écho au 
mouvement Occupy Wall Street qui stigmatisait les 1% de la 
population plus riches que les 99% restants. 
    Pour le sénateur du Vermont, cette question de la richesse 
et des inégalités de revenus constitue "la plus grande question 
morale, économique et politique de notre temps". 
    Ses principales propositions, thème par thème. 
         
    IMMIGRATION 
    Des programmes fédéraux adoptés sous la présidence de Barack 
Obama accordent des permis de séjour temporaires aux enfants 
étrangers entrés illégalement sur le sol des Etats-Unis ou aux 
immigrés illégaux ayant des enfants nés sur le sol des 
Etats-Unis. 
    Le sénateur Sanders les élargirait pour accorder une 
protection légale à d'autres migrants. Des visas seraient 
accordés aux travailleurs étrangers ayant alerté sur des 
atteintes au droit du travail.      
    Sanders veut réformer le droit encadrant l'immigration en 
proposant une régularisation pour les sans-papiers déjà présents 
aux Etats-Unis. 
    Il propose d'améliorer la surveillance de la frontière 
mexicaine avec des moyens technologiques (caméras thermiques, 
caméras à haute résolution, capteurs de mouvements) mais refuse 
la construction d'un mur. 
    "Etablir une politique de l'immigration qui cesse de 
criminaliser des communautés de gens de couleurs et préserve 
l'unité des familles serait une priorité de mon administration", 
promet ce fils d'immigrant polonais.  
 
    COMMERCE  
    Sanders annulerait les accords de libre échange comme 
l'Alena (Accord de libre échanges d'Amérique du Nord), entré en 
vigueur en 1994. Il s'oppose au Partenariat transpacifique 
(TPP).  
    Il juge désastreux le statut de relations commerciales 
normales et permanentes accordé à la Chine en 2000. 
     
    POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET FISCALE 
    Sanders, qui se présente comme un "socialiste démocrate", 
milite pour un démantèlement des grosses banques avec une 
séparation étanche entre les activités de détail et 
d'investissement sur les marchés financiers. 
    "Wall Street ne peut continuer de se comporter comme une île 
repliée sur elle même, misant des milliards et des milliards sur 
des décisions financières risquées tout en espérant être 
renflouées par les pouvoirs publics", écrit-il.      
    Il prône un doublement du salaire minimum fédéral jusqu'à 15 
dollars de l'heure d'ici 2020. Il est aujourd'hui de 7,25 
dollars de l'heure. 
    "La réalité, c'est qu'il s'est opéré depuis le milieu des 
années 1980 un immense transfert de richesses depuis les classes 
moyennes et ouvrières vers les classes les plus riches de notre 
pays. Ce renversement du principe de Robin des bois est 
inacceptable et doit changer", défend-il sur son programme. 
    Une taxe sur les transactions financières serait créée pour 
financer la gratuité des lycées et des universités, un 
engagement que son équipe chiffre à 75 milliards de dollars par 
an. 
    Un impôt progressif serait mis en place sur les successions 
supérieures à 3,5 millions de dollars. Des mesures seraient 
prises pour empêcher les grandes entreprises de délocaliser 
profits et emplois à l'étranger à des fins d'optimisation 
fiscale. 
    Il veut aussi inciter les entreprises américaines à investir 
davantage sur le territoire des Etats-Unis. 
    Le plafond de l'imposition des revenus, qui est fixé à 
250.000 dollars, serait relevé pour financer la Sécurité 
sociale. 
    Sur le plan des dépenses publiques, Sanders promet un projet 
d'investissement sur cinq ans à hauteur de 1.000 milliards de 
dollars dans les infrastructures (réseaux routiers et 
ferroviaires, transports publics, installations portuaires, 
barrages). Il calcule qu'au moins 13 millions d'emplois 
pourraient être créés dans ce cadre. 
 
    POLITIQUE ÉTRANGÈRE 
    Sanders soutient l'accord conclu en juillet dernier avec 
l'Iran sur son programme nucléaire de même que le processus de 
normalisation des relations avec Cuba enclenché par Barack 
Obama. 
    Il est hostile au déploiement de troupes au sol en Irak et 
en Syrie. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur les primaires:  ID:nL8N15G1ZD  
 
 (Amanda Becker; Henri-Pierre André pour le service français, 
édité par Julie Carriat) 
 
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