ENCADRE-Réfugié, migrant, demandeur d'asile, quelles différences ?

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LONDRES, 1er septembre (Thomson Reuters Foundation) - L 'Europe voit arriver depuis plusieurs mois à ses frontières terrestres et maritimes un nombre croissant de personnes originaires d'Afrique ou d'Asie fuyant les guerres et la pauvreté. Les termes de réfugié, de demandeur d'asile ou de migrant sont fréquemment utilisés de manière interchangeable pour décrire ces individus, mais ils recouvrent des réalités et des statuts bien différents. QU'EST-CE QU'UN RÉFUGIÉ ? Un réfugié est une personne qui a quitté son pays par crainte de persécution du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social déterminé ou de ses opinions politiques et qui ne peut se réclamer de la protection de ce pays, selon la définition des Nations unies. Il peut advenir que ce soit l'Etat lui-même qui menace cette personne de persécution. La reconnaissance du statut de réfugié garantit à une personne d'être protégée par les lois et conventions internationales, principalement la convention de 1951 relative au statut de réfugié. L'Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) lui fournit alors vivres, abri et protection. QUELLES OPTIONS POUR UN RÉFUGIÉ ? Un réfugié a trois options: le rapatriement dans son pays d'origine, l'intégration dans son pays d'accueil, l'installation dans un pays tiers. COMBIEN DE RÉFUGIÉS DANS LE MONDE ? A la fin 2014, le HCR estimait à 19,5 millions le nombre de réfugiés à travers le monde, en hausse de 2,9 millions par rapport à 2013. Les réfugiés appartiennent au groupe plus vaste des personnes déplacées, qui totalisait pour la même année 2014 59,5 millions, avec 38,2 millions de personnes déplacées dans leur propre pays, ou déplacés internes, et un million 800.000 demandeurs d'asile. QU'EST-CE QU'UN DEMANDEUR D'ASILE ? Un demandeur d'asile est une personne ayant fui son pays en quête de protection internationale et cherchant à obtenir le statut de réfugié. Si les autorités du pays d'accueil considèrent que cette personne n'est pas habilitée à obtenir le statut de réfugié ni toute autre forme de protection internationale, elle peut être renvoyée dans son pays d'origine. QU'EST-CE QU'UN MIGRANT ? Réfugiés et migrants empruntent généralement les mêmes routes mais les migrants choisissent de quitter leur pays pour des raisons qui ne relèvent pas de la persécution. Ils peuvent vouloir étudier à l'étranger, retrouver des membres de leur famille ou améliorer leurs perspectives économiques -- on parle alors de migrant économique dans ce dernier cas. Un migrant continue de bénéficier de la protection de son pays même lorsqu'il est à l'étranger. Les réfugiés ne choisissent pas, ils doivent quitter leur pays pour préserver leur vie ou leur liberté. QU'EST-CE QU'UN IMMIGRANT ILLÉGAL ? Un immigrant illégal est une personne dépourvue d'autorisation de séjour dans un pays donné. Un demandeur d'asile peut devenir immigré illégal si sa demande est rejetée et qu'il reste dans son pays d'accueil. L'EUROPE EN QUÊTE D'UNE RÉPONSE CONCERTÉE Face à la "crise des migrants", qui met à l'épreuve l'unité et la solidarité de ses 28 pays membres, l'Union européenne peine à trouver des solutions concertées. L'UE cherche notamment à établir une liste d'Etats "sûrs" dont les ressortissants n'auraient quasiment aucune chance d'obtenir le statut de réfugié et seraient automatiquement renvoyés dans leur pays d'origine. Il devrait s'agir principalement des pays des Balkans candidats à l'adhésion à l'UE. L'UE a réservé 2,4 milliards d'euros à la gestion sur plusieurs années de l'afflux de migrants et réfugiés, afin de leur fournir abris, vivres et médicaments. L'Italie et la Grèce, deux des pays en première ligne, devraient recevoir environ la moitié de cette somme. D'autres pays membres de l'UE ont promis de prendre en charge 24.000 demandeurs d'asile arrivés en Italie et 16.000 autres arrivés en Grèce, ce qui remet en question le mécanisme de Dublin en vertu duquel les migrants doivent demander l'asile dans le pays de l'Union européenne par lequel ils sont entrés dans l'espace communautaire. Les dirigeants des pays membres ont refusé l'idée de quotas obligatoires proposés par la Commission européenne, qui espère un accord avant la fin de l'année sur un système permanent de relocalisation. Selon les chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 300.000 personnes ont franchi cette année la mer Méditerranée pour rejoindre l'Europe, et 2.373 autres ont péri en tentant d'atteindre les rives du continent, environ 300 de plus que lors de la même période de 2014. (Astrid Zweynert et Alex Whiting, avec Alastair MacDonald à Bruxelles; Thomson Reuters Foundation est la fondation caritative de Thomson Reuters dédiée à la couverture des sujets humanitaires et liés aux droits des femmes, à la lutte contre la corruption et au changement climatique; http://www.trust.org; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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