ENCADRE-Réactions à l'abandon de la réforme constitutionnelle

le
0
    PARIS, 30 mars (Reuters) - François Hollande a annoncé 
mercredi qu'il renonçait à réviser la Constitution devant 
l'impossibilité d'unir l'Assemblée et le Sénat sur son projet de 
déchéance de la nationalité des auteurs d'actes terroristes, qui 
a divisé sa propre majorité. 
    Voici les premières réactions politiques à cette annonce :  
     
    NICOLAS SARKOZY, président des Républicains 
    "Nous sommes au coeur du système de M. Hollande. A force de 
promettre tout et le contraire de tout, (...) il condamne le 
pays à un blocage et à de l'immobilisme. Il a créé les 
conditions de l'échec." 
    "Peut-être pourrait-il remettre en chantier sa politique 
pénale, (...) une politique pénale digne de ce nom qui protège 
les Français".  
     
    JEAN-PIERRE RAFFARIN, sénateur LR, sur iTELE 
    "La manoeuvre s'est retournée contre son auteur. Cette 
opération a été mal engagée, le président de la République a été 
mis en échec par le groupe socialiste de l'Assemblée nationale. 
Ce sont les frondeurs, tous ceux qui sont en opposition au 
président à l'intérieur du Parti socialiste qui n'ont pas voulu 
voter à l'Assemblée nationale le texte de Versailles. 
    Aujourd'hui, il est clair que le président de la République 
essuie un camouflet, ce camouflet lui est adressé par ses 
propres amis politiques. L'autorité du président sur ses propres 
troupes est aujourd'hui en cause".  
     
    CHRISTIAN JACOB, président du groupe LR à l'Assemblée 
    "C'est un échec cinglant à la fois pour le président de la 
République et pour le Premier ministre qui est incapable de lui 
assurer une majorité dans l'hémicycle. C'est une histoire qui 
finit d'une manière assez pitoyable, une réforme mal engagée sur 
une voie hasardeuse et un président de la République qui ne 
tient pas la ligne. Il fait une annonce, à la surprise générale 
au Congrès, et ensuite il dévie de cette ligne. Donc à partir de 
là, que ce soient les députés ou les sénateurs LR ont été au 
rendez-vous à chaque fois mais nous avons un président qui n'a 
pas su tenir sa ligne et un Premier ministre qui est incapable 
de lui assurer une majorité dans l'hémicycle". 
     
    FLORIAN PHILIPPOT, vice-président du FN, sur Twitter 
    "Quatre mois de palabres sans aucun résultat : voilà donc 
l'unique réponse du pouvoir à la menace islamiste. Affligeant."  
  
 
    JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS, premier secrétaire du PS  
    "Nous présentons nos excuses aux Français. Nous n'avons pas 
convaincu la droite en général, et la droite sénatoriale en 
particulier, de rentrer dans l'union nationale pour renforcer 
notre droit dans la lutte contre le terrorisme". 
     
    PATRICK MENNUCCI, député PS et rapporteur du projet de loi 
constitutionnelle  
    "La dignité et le sérieux du président de la République 
tranchent avec les manoeuvres de la droite qui nous conduisent 
aujourd'hui à ne pas poursuivre la réforme constitutionnelle car 
la situation de la droite, notamment avec ses primaires, font 
qu'il y a des oppositions entre eux et une volonté générale de 
ne pas faire un Congrès ni pour la déchéance de nationalité, ni 
même pour la constitutionnalisation de l'état d'urgence. Donc 
c'est extrêmement regrettable (...). Cet échec c'est la faute à 
la droite qui ne veut pas au fond aller vers l'unité nationale". 
         
    CHRISTIAN PAUL, chef de file des députés PS "frondeurs" 
    "C'est un renoncement nécessaire qui vient clore quatre mois 
de controverses détestables, controverses qui ont divisé tous 
les partis politiques et surtout divisé les Français. On ne fait 
pas l'union nationale contre les principes. 
    Le président de la République aujourd'hui a tiré les 
conclusions de cette situation qui était un piège redoutable 
dans lequel il s'est lui-même enfermé contre nos alertes, contre 
nos avertissements, contre les mises en garde au nom des 
principes qui lui ont été adressés pendant quatre mois." 
     
    EUROPE ECOLOGIE-LES VERTS, dans un communiqué 
    "Les écologistes se félicitent de cette décision, obtenue de 
haute lutte grâce à la mobilisation des parlementaires et de la 
société civile. 
    Affirmer que tel ou tel camp serait responsable de l'échec 
de la révision constitutionnelle est une faute politique : on ne 
doit tout simplement pas réviser la Constitution -qui inscrit 
dans le marbre notre pacte républicain- dans l'urgence, sous le 
coup de l'émotion post-attentats." 
    "Le Président de la République porte la responsabilité d'une 
fracturation du débat public et de cette hystérie collective qui 
aura conduit des députés de la nation à envisager la création 
d'apatrides. 
    Les stigmates sur la société et le vivre-ensemble seront 
longs à effacer."     
 
 (Service France, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant