ENCADRE-Que prévoit l'accord de paix dans la bande de Gaza?

le
0

par Nidal al-Mughrabi et Luke Baker GAZA/JERUSALEM, 27 août (Reuters) - L'accord conclu mardi entre Israéliens et Palestiniens au Caire a mis fin à un conflit de sept semaines qui a fait plus de 2.100 morts côté palestinien et 70 dans le camp israélien. Voici les grandes lignes de cette accord, telles qu'elles ont été présentées par des responsables palestiniens et israéliens. MESURES IMMÉDIATES - Le Hamas et les autres groupes armés palestiniens acceptent d'arrêter les tirs de roquettes et de mortiers en direction d'Israël. - L'armée israélienne suspend toutes ces opérations, dont les raids aériens et les interventions terrestres. - Israël accepte la réouverture des points de passage avec la bande de Gaza pour faciliter l'acheminement de marchandises, dont une aide humanitaire et des matériaux de reconstruction. Cette mesure figurait déjà dans l'accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hamas en novembre 2012, mais elle n'a jamais été appliquée. - Dans le cadre d'un accord bilatéral distinct, l'Egypte accepte de rouvrir le poste frontalier de Rafah. - L'Autorité palestinienne, présidée par Mahmoud Abbas, rival du Hamas, doit assumer la responsabilité du contrôle des frontières de Gaza. Israël et l'Egypte s'assureront qu'aucun armement, munitions ou matériel à "double usage" ne sera livré au Hamas. Les deux pays vérifieront également que le ciment et le béton armé serviront bien à la reconstruction de maisons et non de tunnels utilisés pour attaquer Israël. - L'Autorité palestinienne coordonnera les efforts de reconstruction de Gaza, en lien avec les donateurs internationaux, dont l'Union européenne, le Qatar, la Turquie et la Norvège. - Si le cessez-le-feu est respecté, Israël réduira la "zone sécuritaire tampon" qu'elle a établi du côté gazaoui de la frontière, en ramenant la zone d'exclusion de 300 à 100 mètres. Cet assouplissement permettra aux Palestiniens d'exploiter davantage de terres agricoles proches de la frontière. - Israël va élargir la zone de pêche palestinienne au large des côtes de Gaza, en l'étendant de trois à six milles marins, avec de possibles nouvelles extensions par la suite. Les Palestiniens souhaitent revenir aux 12 milles prévus par les lois internationales, comme cela avait été brièvement le cas après l'accord de novembre 2012. Israël est revenu sur cette mesure en mars 2013. MESURES ULTÉRIEURES DEVANT FAIRE L'OBJET DE NÉGOCIATIONS - Le Hamas réclame la libération de centaine de Palestiniens arrêtés en Cisjordanie occupée après l'enlèvement et le meurtre de trois adolescents israéliens en juin. Un responsable du Hamas en exil en Turquie a reconnu la semaine dernière l'implication du mouvement islamiste dans ce crime qui a conduit à la guerre. - Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, demande l'élargissement des détenus palestiniens ayant servi une longue peine dont la libération programmée avait été abandonnée après l'effondrement des négociations de paix. - Israël exige du Hamas et des autres groupes armés qu'ils restituent les corps et les objets personnels des soldats tués au combat. - Le Hamas demande la construction d'un port à Gaza pour faciliter le transport de personnes et de marchandises. Israël, qui était jusqu'à présent fermement opposé à ce projet, pourrait se montrer moins inflexible en échange de garanties en matière de sécurité. Le projet de port figurait déjà dans les accords de paix d'Oslo, en 1994. - Les Palestiniens souhaitent également la reconstruction d'un aéroport à Gaza. Inauguré en 1998, l'aéroport Yasser Arafat International a été détruit par un bombardement israélien deux ans plus tard. - Le Hamas réclame le déblocage des fonds gelés par l'Autorité palestinienne pour pouvoir payer les quelque 40.000 policiers, fonctionnaires et autres personnels administratifs de la bande de Gaza qui n'ont pas touché leur salaire depuis la fin de l'année dernière. - Israël a dit à plusieurs reprises ces dernières semaines vouloir une "démilitarisation" totale de la bande de Gaza. Les Etats-Unis et l'Union européenne s'y sont dits favorables mais cette mesure à laquelle le Hamas est opposé semble difficile à mettre en pratique. Elle pourrait revenir sur le devant de la table pendant les futures négociations. (Avec Ari Rabinovitch à Jérusalem; Tangi Salaün pour le service français) )

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant