ENCADRE-Pluie de roquettes sur la région de Debaltseve en Ukraine

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par Aleksandar Vasovic YENAKIEVE, Ukraine, 2 février (Reuters) - Les plus violents combats en cours dans l'est de l'Ukraine se concentrent autour du noeud ferroviaire de Debaltseve, une localité contrôlée par Kiev soumise depuis plusieurs jours à un pilonnage incessant des forces séparatistes pro-russes. Les villes voisines de Yenakieve et Vouhlegirsk, situées sur la grande route qui mène à Debaltseve, au nord-est de Donetsk, sont également la cible de bombardements rebelles. Positionnés dans les collines environnantes, les séparatistes font tonner sans relâche leurs canons et lance-roquettes multiples. Le bruit strident d'une salve d'une trentaine de roquettes déchire le ciel, les forces gouvernementales ripostent dans les quinze minutes. Dans une rue de la banlieue de Yenakieve, un obus a atterri sur un immeuble d'une dizaine d'étages, détruisant l'appartement du troisième. La femme a été tuée sur le coup, son mari seulement blessé. "Il a fallu grimper par le balcon pour évacuer le blessé, et nous avons laissé sa femme allongée dans les gravats. Elle a été récupérée plus tard par une équipe de secours", explique Anatoli Pomazanov, un homme de 42 ans qui possède une épicerie dans l'immeuble. "C'est comme ça tous les jours. Les bombardements sont incessants. On laisse nos enfants dans les caves. On ne les laisse sortir que quand les canons se taisent, une demi-heure au maximum. Je voudrais demander au président (ukrainien Petro) Porochenko: sommes-nous aussi ukrainiens ou de simples cibles ?" Natalia, qui a 68 ans et vit avec sa fille dans l'appartement situé au-dessous de celui qui vient d'être rasé, s'interroge en pleurant: "Dites-moi ce que je dois faire. Tout ce que j'ai est là. Les soldats sont à seulement deux kilomètres d'ici. Mais ici, il n'y a rien à viser." Des habitants chargent des bagages dans leurs voitures, impatients de quitter la ville. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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