ENCADRE-Menaces sur l'unité du Royaume-Uni après le Brexit

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    LONDRES, 24 juin (Reuters) - Ecosse, Irlande du Nord, 
Gibraltar: il n'aura fallu que quelques heures vendredi pour que 
la victoire des partisans du Brexit au référendum de la veille 
fasse resurgir des tensions et des revendications historiques à 
même de menacer le Royaume-Uni et ses 215 années d'existence. 
     
    ECOSSE: UN NOUVEAU RÉFÉRENDUM "SUR LA TABLE" 
    En Ecosse, le maintien dans l'UE l'a emporté à 62% et a été 
majoritaire dans chacune des circonscriptions électorales. 
    Dès lors, a commenté la Première ministre du gouvernement 
autonome, Nicola Sturgeon, chef de file du Parti national 
écossais (SNP), l'option d'un nouveau référendum est de nouveau 
sur la table. 
    Même si le SNP a perdu sa majorité absolue au Parlement 
d'Edimbourg, elle juge "hautement probable" la tenue d'un second 
référendum d'autodétermination, moins de deux ans après l'échec 
de la consultation de septembre 2014. 
    "Il va de soi que l'option d'un second référendum doit être 
sur la table et qu'elle est sur la table", a-t-elle insisté face 
à la presse. 
    Sturgeon a ajouté qu'elle ferait tout ce qui est en son 
pouvoir pour que le vote des Ecossais soit respecté, "en 
d'autres termes, pour garantir notre place dans l'UE et dans le 
marché commun" et empêcher que les Ecossais soient exclus contre 
leur gré de l'Union européenne. 
    Après l'échec de 2014, le SNP avait jugé qu'il n'y aurait 
pas de nouveau référendum à moins d'une évolution majeure. Pour 
Sturgeon, c'est bien le cas depuis le vote de jeudi. Elle estime 
en outre qu'il sera politiquement difficile pour le futur 
gouvernement britannique de s'opposer à la tenue d'un nouveau 
référendum écossais.  
         
    IRLANDE DU NORD: LE SINN FÉIN VEUT UN "RÉFÉRENDUM SUR LA 
FRONTIÈRE" 
    En Irlande du Nord aussi, seule région britannique qui 
partagerait une frontière terrestre avec un territoire de l'UE, 
en l'occurrence la République d'Irlande, les partisans du "In" 
ont été majoritaires, votant à 56% pour le maintien dans l'UE. 
    Pour le camp nationaliste, qui prône la réunification avec 
la République d'Irlande après la partition de 1921, l'écart 
entre le vote nord-irlandais et le vote britannique démontre que 
le moment est venu désormais d'organiser un référendum. 
    D'autant qu'un divorce avec l'UE pourrait avoir de très 
fortes implications économiques sur l'Irlande du Nord en 
compliquant les échanges avec sa voisine du sud. 
    "Le gouvernement britannique n'a désormais plus de mandat 
démocratique pour représenter les habitants d'Irlande du Nord 
dans les futures négociations avec l'Union européenne", a 
commenté Martin McGuinness, dirigeant du parti nationaliste Sinn 
Féin et vice-Premier ministre du gouvernement. 
    "Je crois que l'organisation d'un 'référendum sur la 
frontière' est un impératif démocratique", a-t-il ajouté au 
micro de la RTE. 
    Mais l'unioniste Arlene Foster, qui dirige le gouvernement 
nord-irlandais, ne veut pas en entendre parler: "Les appels à la 
tenue d'un référendum sur la réunification de l'Irlande sont 
opportunistes", a-t-elle commenté. "Il n'y a aucune chance, même 
s'il y avait une consultation sur la frontière, que celle-ci 
soit en faveur d'une Irlande unifiée", a ajouté la dirigeante du 
Parti unioniste démocrate (DUP). 
     
    GIBRALTAR: UNE "RÉVOLUTION COPERNICIENNE" POUR MADRID 
    A Madrid, le ministre des Affaires étrangères, Jose Manuel 
Garcia-Margallo, a estimé que la victoire du Brexit modifiait du 
tout au tout l'avenir de Gibraltar, à la pointe sud de la 
péninsule ibérique, et le statut de territoire britannique 
d'outre-mer qui est le sien depuis 1713. 
    "C'est une révolution copernicienne qui ouvre des 
perspectives complètement nouvelles sur la question de 
Gibraltar", a-t-il dit au micro de la radio Onda Cero. "Et 
j'espère que la formule de co-souveraineté, pour ainsi dire le 
drapeau espagnol sur le 'rocher', est beaucoup plus proche 
qu'auparavant." 
    En 2002, Gibraltar avait massivement rejeté cette formule de 
souveraineté partagée entre Londres et Madrid. Mais ses 30.000 
habitants ont également voté dans des proportions similaires en 
faveur du maintien dans l'UE. 
     
    VOIR AUSSI 
    Les REACTIONS internationales:   
    Les REACTIONS au Royaume-Uni:   
    Les REACTIONS en France:   
    LE POINT sur le référendum:       
 
 (Mark John avec Elizabeth O'Leary à Edimbourg, Padraic Halpin à 
Dublin et Angus Berwick in Madrid,; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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