ENCADRÉ-Les relations économiques entre la Russie et la Turquie

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    MOSCOU, 25 novembre (Reuters) - L'armée de l'air turque a 
abattu mardi un chasseur-bombardier russe à proximité de sa 
frontière avec la Syrie, l'accusant d'avoir violé son espace 
aérien, provoquant un incident diplomatique entre la Russie et 
un pays de l'Otan d'une ampleur inédite en un demi-siècle. 
    Selon le Kremlin, l'avion a été abattu alors qu'il survolait 
la Syrie et il a prévenu que ce "coup de poignard dans le dos" 
aurait de très sérieuses conséquences. 
    Voici une liste des principales relations économiques liant 
les deux pays: 
     
    ÉNERGIE ET MATIÈRES PREMIÈRES 
    La Turquie est le deuxième plus gros acheteur de gaz naturel 
russe après l'Allemagne. La Russie est de son côté son principal 
fournisseur, Ankara achetant chaque année 28 à 30 milliards de 
mètres cubes de gaz sur les 50 milliards de mètres cubes qu'elle 
importe. 
    Moscou achemine également vers la Turquie du pétrole et des 
dérivés de pétrole. Selon le site de l'ambassade russe en 
Turquie, la Russie est sur ce plan le quatrième fournisseur de 
la Turquie. 
    Ankara acquiert également une grosse partie des récoltes de 
blé russe. Au cours de la dernière campagne commerciale, qui 
s'est achevée le 30 juin, 4,1 millions de tonnes de blé russe 
ont été importés par la Turquie. 
    L'industrie turque est aussi le principal marché pour les 
produits en acier semi-finis russes. 
 
    PROJETS 
    Ankara a chargé en 2013 le consortium nucléaire public russe 
Rosatom de construire quatre réacteurs nucléaires d'une 
puissance de 1.200 mégawatts pour un montant de 20 milliards de 
dollars. 
    Les deux pays travaillent également au projet d'oléoduc 
TurkStream pensé comme une alternative au projet South Stream, 
finalement abandonné l'année dernière en raison des objections 
exprimées par la Commission européenne. 
     
    ALIMENTATION 
    La Turquie est restée épargnée par l'embargo instauré en 
2014 sur les importations russes de produits alimentaires en 
provenance de l'occident. 
    En 2014, 4% des exportations turques, essentiellement des 
produits textiles et de la nourriture, ont été expédiées vers la 
Russie pour un montant représentant 6 milliards de dollars 
environ (5,66 milliards d'euros), écrivait mardi Renaissance 
Capital dans une note de recherche. 
    Sur la période de janvier à septembre, les exportations 
turques vers la Russie ont diminué de 40% à 2,7 milliards de 
dollars. 
      
    TOURISME 
    Les stations balnéaires turques sont très prisées par les 
touristes russes qui sont les plus nombreux, après les 
Allemands, à se rendre en Turquie où les Russes sont dispensés 
de visa. 
    La Turquie a encore gagné en attractivité depuis que Moscou 
a interrompu le trafic aérien vers l'Egypte après le crash fin 
octobre d'un appareil qui effectuait une liaison entre Charm el 
Cheikh et Moscou. 
    Environ 4,4 millions de Russes, dont 3,3 millions de 
touristes, se sont rendus en Turquie l'année dernière. 
    Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a 
recommandé aux Russes de ne plus se rendre en Turquie, un pays 
selon lui au moins tout aussi dangereux que l'Egypte en terme de 
risque d'attentats. 
    L'agence russe du tourisme a elle aussi préconisé de 
suspendre la commercialisation de voyages en Turquie pour la 
période des fêtes de fin d'année. 
 
 (Polina Dewitt, Denis Pinchuk, Svetlana Burmistrova et Gleb 
Goroduankin,; Nicolas Delame pour le service français) 
 
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