ENCADRE-Les prochaines étapes de la procédure de destitution au Brésil

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    BRASILIA, 18 avril (Reuters) - Les députés brésiliens ont 
entériné dimanche soir à une très large majorité la procédure de 
destitution de la présidente Dilma Rousseff, qui va à présent se 
poursuivre au Sénat. 
    Après décompte final des votes, 367 élus se sont prononcés 
pour la destitution quand 342 suffisaient; 137 ont voté contre 
et sept se sont abstenus. Deux députés n'ont pas pris part au 
scrutin. (voir  ID:nL5N17L037  
    La première femme à avoir été élue à la tête de la première 
puissance économique d'Amérique latine est accusée d'avoir 
manipulé les comptes publics pour favoriser sa réélection, en 
2014. Elle dénonce un "coup d'Etat" et "la plus grosse fraude 
juridique et politique" de l'histoire du Brésil. 
    Voici les prochaines étapes de la procédure selon la 
Constitution brésilienne. 
 
    1. Le Sénat forme une commission chargée d'évaluer la 
validité juridique de la requête en destitution, mais pas le 
fond de l'affaire. Elle rendra une recommandation non 
contraignante au Sénat. 
    Si les 81 sénateurs votent à la MAJORITÉ SIMPLE pour 
accepter l'affaire, Rousseff sera automatiquement écartée du 
pouvoir et suspendue. Le vice-président Michel Temer assurera 
l'intérim. 
    Le calendrier n'est pas encore fixé, mais on s'attend à ce 
que ce premier vote intervienne début mai. 
     
    2. Le Sénat disposera alors d'un DÉLAI DE 180 JOURS (six 
mois) pour conduire le procès de Dilma Rousseff sous la 
présidence du président du Tribunal fédéral suprême, Ricardo 
Lewandowski. Selon les analystes, si le processus de destitution 
se poursuit, il sera rapide, compte tenu de la crise politique. 
Il devrait être décidé fin mai. 
     
    3. Si au terme de ce procès, le Sénat vote sa destitution à 
la MAJORITÉ QUALIFIÉE DES DEUX TIERS, soit 54 sénateurs, Dilma 
Rousseff sera privée de ses droits politiques et ne pourra 
prétendre à une fonction élective pendant huit ans. 
    Dans cette hypothèse, une première depuis la destitution du 
président Fernando Collor de Mello en 1992 pour corruption, 
Michel Temer serait confirmé comme président de la République 
pour le reste du mandat de Dilma Rousseff, qui prend fin le 31 
décembre 2018.     
 
 (Antony Boadle avec Daniel Flynn à Sao Paulo; Danielle Rouquié 
et Bertrand Boucey pour le service français, édité par 
Henri-Pierre André) 
 
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