ENCADRE-Les mesures de renforcement de la sécurité en France

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PARIS, 13 janvier (Reuters) - Voici les principales mesures sécuritaires - accélération de procédures en cours ou nouveautés - prises par le gouvernement depuis les attentats qui ont fait 17 morts la semaine dernière en France, dont le Premier ministre Manuel Valls a présenté l'essentiel mardi devant l'Assemblée nationale. - Selon Matignon, plus de 122.000 personnels assurent la protection des points sensibles et de l'espace public. Les renforts militaires de 10.500 hommes serviront en priorité à la protection des écoles confessionnelles juives, des synagogues et des mosquées. - Renforcement des moyens humains de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en plus des 432 emplois décidés en 2013 (dont 130 ont déjà été recrutés ou affectés). "J'ai demandé au ministre de l'Intérieur de m'adresser dans les huit jours des propositions de renforcement", a dit Manuel Valls à l'Assemblée nationale. "Elles devront notamment concerner internet et les réseaux sociaux qui sont plus que jamais utilisés pour l'embrigadement, la mise en contact, et l'acquisition de techniques permettant de passer à l'acte". - La loi visant à donner un cadre légal aux services de renseignement est dans sa phase finale d'élaboration. Elle devrait être examinée en conseil des ministres dans "une poignée de mois", selon l'entourage de Manuel Valls. - PNR (Passenger name record)- surveillance des données des passagers aériens. La France s'est dotée d'un cadre légal dans la loi antiterroriste de novembre 2014. Le système est en cours de construction et il commencera à fonctionner en septembre 2015, dans un premier temps sur certains vols en dehors de la zone Schengen. Il reste à mettre en place un dispositif similaire au niveau européen. - L'une des deux principales mesures de la loi antiterroriste de novembre 2014 concerne l'interdiction de sortie du territoire (à un national ou un résident). Le décret d'application sera publié et applicable avant la fin de la semaine. - Un autre décret lié à cette loi concerne les fermetures administratives de sites internet et le déréférencement de sites djihadistes. Il sera publié et signé "dans moins d'un mois". "Cette législation vise à éviter une avalanche scandaleuse sur les réseaux sociaux les plus courants. On cherche à protéger le grand public de ce déferlement", explique-t-on à Matignon. - Prisons. Depuis la mi-octobre, la prison de Fresnes (Val-de-Marne) regroupe les détenus liés à l'islamisme radical dans un quartier spécifique de la prison. Ils sont 23 à ce jour, répartis dans huit cellules doubles et sept cellules individuelles. Au vu de résultats jugés "positifs", avec notamment un climat "apaisé" en détention, selon la chancellerie, le gouvernement a décidé d'étendre cette mesure à quatre autres quartiers pénitentiaires avant fin 2015. "Dans nos prisons, des imams, comme des aumôniers de tous les cultes interviennent. C'est normal! Mais il faut un cadre clair à cette intervention. Il nous faut aussi parvenir à une réelle professionnalisation", a dit Manuel Valls. "Avant la fin de l'année (...), la surveillance des détenus considérés comme radicalisés sera organisée dans des quartiers spécifiques créés au sein d'établissements pénitentiaires". - Pour les milieux ouverts, création d'une unité de renseignements de la police judiciaire. - Création d'un fichier où figureront l'ensemble des "terroristes" condamnés ou mis en examen, objets d'une mesure pénale ou para pénale, à l'instar des délinquants sexuels. Les personnes concernées doivent déclarer leur domicile et leur changement de domicile. Cela facilite leur suivi et permet des poursuites en cas de manquements et des contrôles au cas par cas. (Elizabeth Pineau et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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