ENCADRE-Les membres de la coalition anti-EI flous sur leurs intentions

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(Répète orthographe §17) PARIS, 16 septembre (Reuters) - Une vingtaine de pays ont annoncé leur intention de participer à la coalition mise sur pied par les Etats-Unis pour lutter contre l'Etat islamique en Irak et en Syrie mais la plupart restent vagues sur le rôle spécifique qu'ils entendent jouer. Barack Obama a annoncé mercredi dernier l'intensification de la campagne aérienne lancée début août par les Etats-Unis contre l'organisation radicale sunnite, avec l'envoi de forces spéciales supplémentaires et la possibilité de frapper en Syrie. Washington exclut en revanche, comme ses partenaires, une offensive terrestre. FRANCE La France, qui a effectué lundi ses premiers vols de reconnaissance au-dessus du territoire irakien, n'exclut pas de mener des frappes aériennes en Irak et prévoit l'envoi de forces spéciales pour aider la formation des forces armées irakiennes. Paris a également acheminé de l'aide aux populations civiles et livré des armes aux peshmergas, les combattants kurdes. Contrairement aux Etats-Unis qui envisagent de mener des frappes en Syrie, la France écarte pour l'instant ce scénario en raison de problèmes juridiques et militaires. Elle ne souhaite pas non plus que des frappes contre l'EI en territoire syrien puissent profiter au gouvernement de Bachar al Assad. L'armée française est déjà sollicitée sur d'autres fronts, avec plus de 5.000 hommes déployés en Afrique de l'Ouest. Le budget annuel des opérations extérieures de l'armée atteint déjà près de trois fois la somme initialement prévue, alors que le gouvernement est pressé par l'UE et l'Allemagne de réduire ses dépenses. ROYAUME-UNI Londres n'exclut aucune option, mais n'a pas explicitement annoncé son intention de participer à des frappes aériennes en Irak. Le gouvernement britannique a fourni une aide humanitaire, livré des armes aux Kurdes et promis d'entraîner les forces irakiennes. A moins de neuf mois des élections législatives, en pleine campagne sur le référendum d'indépendance en Ecosse, le gouvernement sait trop comment l'opinion britannique a désavoué Tony Blair lorsque ce dernier s'était associé à George Bush pour envahir l'Irak en 2003. Le Premier ministre conservateur David Cameron garde également en tête le souvenir du rejet par le Parlement, durant l'été 2013, d'une action militaire en Syrie après la mort de centaines de civils dans une attaque à l'arme chimique. Des ministres du gouvernement ont souligné qu'ils solliciteraient un vote des élus avant toute nouvelle campagne de frappes. ALLEMAGNE L'Allemagne a fait une entorse à sa politique de non-participation à des conflits mise en place après la Seconde Guerre mondiale en livrant des armes aux forces kurdes. Angela Merkel a expliqué que la situation dans le nord de l'Irak faisait exception en raison de la "barbarie" de l'EI. Mais Berlin exclut toute frappe aérienne. L'Italie doit également livrer des armes aux peshmergas. La plupart des autres pays européens n'ont guère envie d'aller au-delà d'une aide humanitaire ou logistique. TURQUIE En tant que pays membre de l'Otan et proche allié des Etats-Unis, qui partage sa frontière avec à la fois l'Irak et la Syrie, la Turquie exclut de participer à une campagne militaire. Le pays compte plus de 40 otages aux mains des djihadistes. Ankara soutient la rébellion sunnite en Syrie et redoute que des frappes contre l'EI profitent à Damas. Les Turcs sont aussi tièdes à l'idée de renforcer les forces kurdes en Irak et en Syrie, alors qu'ils sont confrontés aux velléités séparatistes du PKK dans le Nord-Est. PAYS ARABES En dehors d'un accord de principe collectif donné cette semaine au secrétaire d'Etat américain John Kerry, les pays arabes n'ont pas détaillé les modalités de leur participation, jugée cruciale par les Etats-Unis pour éviter que la campagne contre l'EI soit perçue par le monde musulman comme une croisade de l'Occident contre l'islam. L'Egypte, dotée d'importants moyens de lutte contre les insurrections, réclame que l'EI ne soit pas la seule cible de la coalition et que d'autres groupes armés soient également visés. Elle fait état de contacts entre l'EI et le groupe djihadiste du Sinaï Ansar Baït al Maqdis. L'Arabie saoudite va, selon Washington, former des rebelles syriens considérés comme modérés et soutenus par les Américains. Les autres pays pourraient participer à des raids aériens ou à des vols de surveillance, ou fournir une aide humanitaire. De nombreux pays arabes sont déjà confrontés à des problèmes de sécurité intérieure et leur priorité est de contenir les conflits voisins en renforçant leurs moyens de défense et de contrôle des frontières. (John Irish, Arshad Mohammed; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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