ENCADRE-Les forces de sécurité, cibles croissantes d'attaques en France

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    PARIS, 21 avril (Reuters) - La fusillade qui a coûté la vie 
à un policier jeudi soir sur les Champs-Elysées à Paris est la 
dernière d'une série d'attaques ayant pris pour cible les forces 
de l'ordre en France, placées en état d'alerte depuis janvier 
2015. 
    "Nous devons tous prendre conscience que nos forces de 
sécurité font un travail particulièrement difficile, qu'elles 
sont exposées, on le voit encore ce soir, et que le soutien de 
la Nation est total à leur égard", a déclaré François Hollande 
dans une déclaration à l'Elysée.  
    "Tout doit être fait pour que ces policiers, gendarmes et 
militaires puissent exercer leur mission, bien sûr dans l'état 
de droit et avec le respect des procédures mais avec la 
confiance de toute la nation", a ajouté le chef de l'Etat.  
    Depuis plus de deux ans, les forces de l'ordre, dont la 
présence a été renforcée dans les grandes villes face à la 
menace, se retrouvent en première ligne et sont de plus en plus 
souvent la cible des attaques djihadistes commises sur le sol 
français. 
    En mars 2012 déjà, trois militaires avaient été tués par 
Mohamed Merah, un à Toulouse et deux à Montauban.  
    Trois ans après, deux policiers sont abattus le 7 janvier 
2015 lors de l'attentat contre Charlie Hebdo. Le lendemain, une 
policière est tuée à Montrouge.  
    Le 7 janvier 2016, un assaillant est abattu devant un 
commissariat du 18e arrondissement à Paris, armé d'une feuille 
de boucher et portant sur lui une ceinture d'explosifs factice, 
avant d'être abattu. 
    Cinq mois plus tard, deux policiers sont tués à l'arme 
blanche à leur domicile à Magnanville (Yvelines), un meurtre 
revendiqué par l'Etat islamique.  
       
    CIBLES OU REMPARTS? 
    Les militaires de l'opération Sentinelle, un dispositif de 
surveillance de sites sensibles déclenché en janvier 2015 et qui 
mobilise actuellement 7.000 hommes sur l'ensemble du territoire, 
sont également pris pour cibles.  
    En mars dernier, un homme a tenté de dérober le fusil 
d'assaut d'une militaire de l'opération Sentinelle à l'aérogare 
d'Orly Sud avant d'être abattu.  
    Il s'agissait de la quatrième agression de soldats 
Sentinelle après celles de Nice en février 2015, de Valence en 
janvier 2016, et au Louvre en février 2017. 
    Cette série d'attaques a relancé le débat sur l'efficacité 
de l'opération Sentinelle, jugée contre-productive par certains 
malgré l'évolution du format et la mise en place de patrouilles 
dynamiques et non plus statiques.  
    Pour le colonel Benoît Brulon, porte-parole de Sentinelle, 
"les militaires sont au milieu de la population, la cible des 
terroristes est évidemment de frapper la population" 
    "Plutôt que des cibles, je pense que les militaires sont 
plutôt des remparts", déclarait-il à France Inter en mars. "Je 
ne pense pas que l'agresseur du Louvre avec sa machette, s'il 
n'avait pas croisé le chemin de la patrouille Sentinelle, serait 
rentré tranquillement chez lui". 
    A l'approche de l'élection présidentielle, les autorités 
françaises ont prévu un renforcement du dispositif de sécurité.  
    Au total, plus de 50.000 policiers et gendarmes seront 
mobilisés, en complément des 7.000 militaires Sentinelle, pour 
assurer la sécurité des 67.000 bureaux de vote ouverts en France 
pour le premier tour dimanche et le second, prévu le 7 mai.      
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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