ENCADRE-Les dettes de la Grèce vis-à-vis des créanciers internationaux

le , mis à jour à 18:20
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BRUXELLES, 27 juin (Reuters) - La Grèce, près d'être en défaut sur un remboursement dû ce mardi au Fonds monétaire international (FMI), doit à ses créanciers institutionnels 242,8 milliards d'euros, selon un calcul de Reuters se fondant sur les statistiques officielles. L'Allemagne est de loin le premier créancier de la Grèce. Ce montant prend en compte les deux renflouements effectués depuis 2010 et supervisés par l'Union européenne (UE) et le FMI. Ils représentent une valeur nominale de 220 milliards d'euros jusqu'à présent, dont une partie a été remboursée. Il prend aussi en considération les emprunts d'Etat grecs détenus par la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales de la zone euro. Les investisseurs privés détiennent pour 38,7 milliards d'euros d'obligations souveraines grecques à la suite d'une opération d'échange de dette intervenue en 2012 et qui a réduit l'encours de la dette grecque de 107 milliards d'euros et la valeur des créances privées de quelque 75%. Athènes a également émis pour 15 milliards d'euros de bons du Trésor, qui ont atterri pour l'essentiel dans les bilans des banques grecques. Voici la composition de la dette extérieure grecque: FMI - Le Fonds s'est engagé à prêter 48,1 milliards d'euros à la Grèce, dont 16,3 milliards restaient à verser d'ici mars 2016 si la Grèce avait bouclé avec succès un second programme d'ajustement économique. La Grèce avait honoré ses engagements dans les temps jusqu'à ce mois-ci où, invoquant une clause obscure du FMI, elle avait proposé de réunir quatre versements en un seul, représentant au total un débours de 1,6 milliard d'euros d'ici la fin du mois. Les prêts les plus anciens du FMI portent un intérêt de 3,5%, supérieur à ce que facture le fonds de sauvetage de la zone euro. BCE - La banque centrale détient pour 18 milliards d'euros d'obligations grecques, dont la valeur ne représenterait sans doute plus qu'une part minime de la valeur faciale si la Grèce sortait de la zone euro. Sur ce montant, 6,7 milliards d'euros arrivent à échéance en juillet et en août. Autant de créances douteuses pour la BCE si la Grèce sort de la zone euro. Le président de la BCE Mario Draghi a dit récemment que les banques grecques s'étaient refinancés à hauteur de 118 milliards d'euros avec de la monnaie banque centrale. Cette somme englobe 89 milliards d'euros de liquidités apportées suivant la procédure d'urgence dite ELA. Elle reste de la responsabilité de la banque centrale grecque mais seulement si la Grèce reste dans la zone euro. Dans le cas contraire, c'est un passif pour tous les autres pays de la zone euro. En outre, l'équivalent d'environ 45 milliards d'euros de billets de banque circulant en Grèce constitue un autre passif que l'Eurosystème des banques centrales de la zone euro devrait également supporter. ZONE EURO - Les pays partenaires de la Grèce au sein de la zone euro ont accordé à cette dernière 52,9 milliards d'euros de prêt bilatéraux dans le cadre du premier programme de renflouement de 2010. Suivant le second programme convenu en 2012, la Grèce a reçu à cette heure 141,8 milliards d'euros du Fonds européen de stabilité financière (FESF), le fonds de sauvetage financier de la zone euro. Elle devait recevoir encore 1,8 milliard d'euros d'ici au 30 juin mais, sauf grosse surprise, cet apport est devenu hors propos. L'exposition totale de l'Allemagne née des deux programmes de renflouement est la plus élevée de tous les pays de la zone euro, atteignant au total 57,23 milliards d'euros. Elle est suivie de la France (42,98 milliards d'euros), de l'Italie (37,76 milliards) et de l'Espagne (25,1 milliards). A cela, il faut ajouter leur participation aux prêts du FMI, dans la limite de leur quote-part respective. Les pays de la zone euro ont déjà allongé l'échéance de leurs prêts à la Grèce, la portant de 15 à 30 ans, et ramené l'intérêt servi sur certains prêts à 0,5 point de base au-dessus de leur coût d'emprunt. Ils ont également accordé à la Grèce un moratoire de 10 ans sur le service de la dette due au FESF -- devenu le Mécanisme européen de stabilité (MES) -- et lié au second plan de renflouement. La Grèce demande un nouvel allègement de sa dette aux Européen et a pour cela le soutien du FMI. Les pays de la zone euro n'accepteraient d'étudier la question que si Athènes encadrait mieux ses finances publiques. (Alexander Saeedy et John O'Donnell, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

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