ENCADRE-Les demandes de la Grèce au menu de l'Eurogroupe

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ATHENES, 10 février (Reuters) - Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis participera mercredi à sa première réunion de l'Eurogroupe avec ses homologues des 18 autres pays ayant choisi la monnaie unique. Il devrait leur présenter une série de demandes censée alléger le fardeau de la dette publique de son pays, qui dépasse 320 milliards d'euros, soit 175% du produit intérieur brut (PIB). Voici, sur la base de déclarations officielles et d'informations obtenues de plusieurs sources, ce qu'il devrait demander à ses interlocuteurs: - Une période de transition de six mois jusqu'au 1er septembre durant laquelle la Grèce et ses partenaires discuteraient des moyens permettant de rendre la dette publique grecque soutenable. Cette période de transition durerait jusqu'à l'entrée en vigueur d'un nouvel accord. - Le refus de la dernière tranche d'aide, d'un montant de 7,2 milliards d'euros, prévue par le plan d'aide en cours. Athènes affirme ne plus vouloir traiter avec la "troïka", qui regroupe la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI). - L'abandon d'environ 30% des conditions attachées pour l'instant au plan d'aide. Aux conditions abandonnées viendraient se substituer une dizaine de réformes, dans le cadre d'un accord négocié avec l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), qui a par le passé proposé à Athènes une "boite à outils" en matière de réformes. Pour la durée de la période de transition prévue, la Grèce souhaite: - un maintien à 1,5% du produit intérieur brut (PIB) de l'objectif d'excédent budgétaire primaire (soit hors service de la dette). - un relèvement de huit milliards d'euros du plafond d'émission des bons du Trésor par rapport à celui de 15 milliards en vigueur pour l'instant. La Grèce estime que ce relèvement lui permettrait d'assurer le financement de l'Etat jusqu'en août et de rembourser les obligations détenues par la BCE qui arriveront à échéance pendant l'été. - le versement de 1,9 milliard d'euros de profits réalisés selon Athènes par la BCE et les banques centrales nationales sur les obligations d'Etat grecques qu'elles détiennent. La période de transition permettrait de renégocier le remboursement des quelque 240 milliards d'euros de dettes publiques détenues aujourd'hui par les banques centrales, les Etats de la zone euro et des institutions internationales. Les discussions pourraient porter entre autres sur un échange d'une partie de ces dettes contre des obligations perpétuelles (sans échéance fixée) et sur une réduction des intérêts. (Renee Maltezou et Lefteris Papadimas, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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