ENCADRE-Les candidats à l'investiture présidentielle à droite

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    PARIS, 8 septembre (Reuters) - Neuf candidats disent avoir 
réuni les conditions nécessaires pour concourir à la primaire de 
la droite en vue de la présidentielle de l'an prochain. 
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    La Haute autorité de la primaire publiera le 21 septembre la 
liste définitive, une fois les candidatures validées. Voici les 
neuf candidats, sauf invalidation : 
 
    ALAIN JUPPÉ, 71 ans, maire de Bordeaux 
    L'ancien Premier ministre fait figure de favori depuis sa 
déclaration de candidature, à l'été 2014. 
    Depuis deux ans, il a méthodiquement construit sa 
candidature, avec la publication d'ouvrages programmatiques, 
consacrés aux sujets régaliens ou à l'économie, et un dernier 
plus personnel, De Vous à moi, paru vendredi.   
    Le doyen de la primaire assume un positionnement proche du 
centre, qui lui permet de bénéficier du soutien de l'ancien 
Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et de celui, plus 
inattendu, de l'écologiste et figure de la contestation 
étudiante de 1968 Daniel Cohn-Bendit. 
    L'héritier de Jacques Chirac a ainsi peaufiné une image 
d'homme de consensus, un peu plus de vingt ans après les grandes 
grèves de 1995 durant lesquelles, alors chef du gouvernement, il 
s'était montré "droit dans (ses) bottes". 
    Jusqu'à présent, tous les sondages lui sont largement 
favorables, même si l'écart avec Nicolas Sarkozy s'est réduit 
ces dernières semaines. 
    La dernière enquête d'Ifop-Fiducial, publiée mardi, le 
crédite de 35% des intentions de vote au premier tour, contre 
33% à son principal concurrent, et 54% au second tour. 
     
    NICOLAS SARKOZY, ex-président, 61 ans  
    Retiré de la politique après sa défaite face à François 
Hollande de 2012, l'ex-chef de l'Etat a fait son retour en 2014 
pour prendre la tête de l'UMP, rebaptisée Les Républicains, puis 
se lancer dans une nouvelle campagne présidentielle. 
    Fin août, il a fait une entrée en campagne conforme à sa 
méthode consistant à saturer l'espace médiatique: sortie d'un 
nouveau livre, "Tout pour la France", début d'une tournée de 
meetings, multiples interviews à la presse. 
    Nicolas Sarkozy a d'emblée pris une orientation droitière, 
dans la lignée de la présidentielle de 2012, avec la promesse de 
suppressions massives de postes dans la fonction publique, d'un 
durcissement des conditions de naturalisation ou de 
l'interdiction du voile à l'université et dans les entreprises. 
    L'ex-président a malgré tout enregistré des soutiens massifs 
venant de toutes les sensibilités de la droite, du chiraquien 
François Baroin, à qui il promet Matignon, au centriste Maurice 
Leroy en passant par Gérald Darmanin, lequel avait auparavant 
pris ses distances. 
    Pour l'instant, le vent des sondages souffle dans son dos 
puisqu'il parvient à réduire progressivement l'écart avec le 
favori, Alain Juppé.   
    Mais il doit naviguer entre les écueils judiciaires: d'un 
côté l'affaire de ses comptes de campagne de 2012, qui lui vaut 
une mise en examen et la menace d'un procès et, de l'autre, 
celle des écoutes, pour laquelle il est aussi mis en examen. 
  
     
    BRUNO LE MAIRE, 47 ans, député de l'Eure 
    Cet énarque passé par le cabinet de Dominique de Villepin à 
Matignon et le ministère de l'Agriculture se présente comme un 
homme neuf, capable de perturber le jeu entre candidats 
d'"ancien régime" et de transgresser les codes établis. 
    Par ses prises de position, il oscille entre le centre (il 
s'est abstenu lors du vote à l'Assemblée nationale sur le 
mariage homosexuel) et la droite de son parti (il plaide pour 
l'expulsion des ressortissants étrangers visés par une fiche S). 
    L'outsider de l'élection à la présidence de l'ex-UMP de 2014 
(29,18% des voix face à Nicolas Sarkozy) apparaît en troisième 
position des enquêtes d'opinion, souvent devant François Fillon 
mais loin derrière le tandem Alain Juppé-Nicolas Sarkozy. 
         
    FRANÇOIS FILLON, 62 ans, député de Paris 
    Pour l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, la 
campagne des primaires ressemble à un marathon, entamé au 
printemps 2013. 
    Premier sur la ligne de départ, François Fillon n'a jamais 
réussi à prendre la tête dans les sondages, où il plafonne à 
environ 10%, pas plus qu'il n'est parvenu à convertir en 
intentions de vote le succès de son livre "Faire", paru en 2015. 
    Il dispose en revanche d'un solide réseau d'élus et d'une 
image d'homme d'expérience.     
    A la rentrée, il est sorti de sa réserve naturelle pour 
adresser des formules tranchantes à Nicolas Sarkozy ("Qui 
imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen?") 
quitte à contrarier ses propres soutiens, soucieux de ne pas 
accentuer les clivages à droite. 
         
    JEAN-FRANÇOIS COPÉ, 52 ans, député de Seine-et-Marne 
    Le maire de Meaux, qui n'a jamais fait mystère de ses 
ambitions présidentielles, a annoncé sa candidature le 14 
février après un an et demi de silence médiatique. 
    Contraint à la démission de la présidence de l'ex-UMP en mai 
2014 à la suite de l'affaire Bygmalion, un système présumé de 
fausses facturations destinées à masquer un dérapage supposé des 
dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, il a puisé dans 
un tour de France les ressorts du "Sursaut français", titre d'un 
livre-programme paru en janvier. 
    Maintenant que son horizon judiciaire s'est dégagé, le défi 
consiste pour lui à réparer les dégâts causés sur son image par 
cette affaire et par la guerre avec François Fillon pour la 
présidence de l'ex-UMP, en 2012. 
    Politiquement affaibli, il a perdu certains de ses 
compagnons de route, comme le président du groupe Les 
Républicains à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, rallié à 
Nicolas Sarkozy. 
     
    NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET, 43 ans, députée de l'Essonne 
    La benjamine des candidats cultive son profil atypique au 
sein des Républicains, celui d'une centriste, ambitieuse et 
rétive aux consignes de partis. 
    Ministre de l'Ecologie sous Nicolas Sarkozy, puis 
porte-parole du président-candidat en 2012, elle a par la suite 
pris ses distances avec l'ex-chef de l'Etat, lui reprochant une 
campagne trop droitière. 
    La rupture s'est encore aggravée au lendemain des élections 
régionales de décembre 2015, lorsque Nicolas Sarkozy a exclu de 
la direction des Républicains son ancienne protégée, coupable à 
ses yeux d'avoir trop bruyamment dénoncé la stratégie de son 
camp - elle s'était élevée contre le "ni-ni" consistant pour la 
droite à ne pas choisir entre la gauche et le Front national. 
    Cette ex-candidate à la mairie de Paris, battue par Anne 
Hidalgo en 2014, souffre pour l'instant de deux handicaps : son 
faible ancrage parmi les élus et des sondages peu flatteurs 
(moins de 5%). 
    En dépit de son isolement au sein de LR, elle est parvenue à 
réunir in extremis ses parrainages, en partie grâce au soutien 
apporté par certains cadres, à commencer par Alain Juppé.  
 
    HERVÉ MARITON, 57 ans, député de la Drôme 
    Les chances d'Hervé Mariton, connu notamment pour avoir 
ferraillé à l'Assemblée nationale contre le mariage homosexuel, 
sont pour l'instant minces, même s'il a réussi à franchir de 
justesse l'obstacle des signatures. 
    Les sondages le créditent d'environ 1% d'intentions de vote, 
voire moins. 
 
    JEAN-FRÉDÉRIC POISSON, 53 ans, président du Parti chrétien 
démocrate, député des Yvelines 
    Dispensé de l'obligation de réunir des parrainages, il doit 
sa qualification à son statut de président du Parti 
Chrétien-démocrate, petit parti historiquement affilié à 
l'ex-UMP.  
    Les sondages lui prêtent un faible score, de l'ordre de 1% 
des intentions de vote. 
     
    FRÉDÉRIC LEFEBVRE, 52 ans, député des Français de l'étranger 
    Fervent sarkozyste lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir, 
l'ancien secrétaire d'Etat s'est émancipé depuis 2012 et milite 
désormais pour l'instauration d'un revenu de base universel. 
    "Petit candidat" de son propre aveu, il a échoué à réunir 
les parrainages demandés mais entend se maintenir en qualité de 
président d'une formation lancée à son initiative, Nouveaux 
horizons.  
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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