ENCADRE-Les affaires qui menacent Nicolas Sarkozy

le
1

PARIS, 22 décembre (Reuters) - Le nom de Nicolas Sarkozy, qui a fait son retour en politique en étant élu à la tête de l'UMP, ou celui de ses proches, sont associés à plusieurs "affaires" politico-financières susceptibles d'enrayer ses ambitions présidentielles. Voici un résumé de ces dossiers et de leur avancée : * AFFAIRE BYGMALION Trois anciens cadres de l'UMP ont été mis en examen le 4 octobre pour faux et usage de faux et pour abus de confiance dans le cadre de cette affaire : un système présumé de fausses factures qui aurait été destiné à couvrir des dépassements de frais de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Il s'agit de l'ancien directeur général Eric Cesari, proche de Nicolas Sarkozy, de l'ancien directeur de la communication Pierre Chassat et de Fabienne Liadzé, ex-directrice des affaires financières. Tous ont l'interdiction d'entrer en contact avec des protagonistes de cette affaire ou des personnes susceptibles d'être entendues, dont Nicolas Sarkozy. Quatre anciens cadres de la société Bygmalion (Bastien Millot, Guy Alvès, Franck Attal et Sébastien Borivent), ont également été mis en examen dans ce dossier. Jérôme Lavrilleux, ex-directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, à l'origine des révélations sur cette affaire, a affirmé que la décision de mettre en place une double comptabilité avait été prise avec quatre autres responsables de l'UMP et de la société et dédouané Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy. Tous deux nient avoir eu connaissance de ce système présumé de fausses factures. Fin novembre, le parquet de Paris a élargi au délit de financement illégal de campagne électorale cette enquête initialement ouverte des chefs de faux et usage de faux, abus de confiance, tentative d'escroquerie, et complicité et recel de ces délits. * PÉNALITÉS POUR DÉPASSEMENT DES COMPTES DE CAMPAGNE 2012 Le parquet de Paris a ouvert le 6 octobre dernier une information judiciaire pour abus de confiance, complicité et recel de ces délits dans le dossier des pénalités de Nicolas Sarkozy pour dépassement des comptes de campagne 2012, prises en charge par l'UMP. En juillet 2013, le Conseil constitutionnel avait estimé que Nicolas Sarkozy devait restituer au Trésor public une avance forfaitaire de 150.000 euros versée pour sa campagne présidentielle perdue de 2012 et payer 363.615 euros de dépassement du plafond légal des dépenses. Mais l'UMP a pris en charge cette pénalité via une souscription baptisée "Sarkothon". Or le code électoral stipule que seul le candidat doit payer les pénalités pour dépassement, pas son parti. Réélu à la tête de l'UMP, Nicolas Sarkozy a adressé en décembre au trésorier du parti un chèque de 363.615 euros pour rembourser ce paiement. Le lendemain, l'ancienne trésorière de l'UMP Catherine Vautrin a été mise en examen pour abus de confiance. Fabienne Liadzé, ex-directrice des affaires financières de l'UMP, a été placée sous le statut de témoin assisté dans cette enquête. * ACCUSATIONS DE FINANCEMENT LIBYEN DE LA CAMPAGNE DE 2007 Le parquet de Paris a ouvert en avril 2013 une information judiciaire sur des allégations de l'homme d'affaires Ziad Takieddine, qui dit avoir des preuves du financement par la Libye de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. L'information porte sur des chefs de "corruption active et passive", "trafic d'influence", "faux et usage de faux", "abus de biens sociaux" et "blanchiment, complicité et recel de ces infractions". Nicolas Sarkozy a toujours démenti les dires de l'homme d'affaires franco-libanais. * L'ARBITRAGE TAPIE En 2008, un arbitrage réalisé sous le mandat de Nicolas Sarkozy a attribué 403 millions d'euros à Bernard Tapie, soldant le litige qui opposait l'homme d'affaires au Crédit Lyonnais dans la revente d'Adidas. Les enquêteurs soupçonnent un "simulacre d'arbitrage" et s'interrogent notamment sur les liens entre l'homme d'affaires et l'un des ex-juges du tribunal arbitral, Pierre Estoup. L'Etat a déposé plusieurs recours pour remettre en cause cette sentence arbitrale. Bernard Tapie a reconnu avoir participé à une importante réunion fin juillet 2007 à l'Elysée concernant l'arbitrage, en présence notamment de Claude Guéant, alors secrétaire général de la présidence et ancien ministre de l'Intérieur. L'homme d'affaires, mis en examen pour escroquerie en bande organisée ainsi que quatre autres personnes, a jugé impensable que Nicolas Sarkozy n'ait pas donné son feu vert à cet arbitrage mais il a plusieurs fois dédouané l'ancien chef de l'Etat. La directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde, ministre de l'Economie et des Finances à l'époque des faits, a été mise en examen par la Cour de justice de la République le 26 août pour négligence d'une personne dépositaire de l'autorité publique ayant mené à la destruction, au détournement ou à la soustraction par un tiers de fonds publics. La cour d'appel de Paris doit se prononcer le 17 février 2015 sur un recours du Consortium de réalisation (CDR), structure créée en 1995 pour gérer le passif du Crédit Lyonnais après sa quasi-faillite, qui demande la révision de l'arbitrage. * SONDAGES DE L'ÉLYSÉE Une information judiciaire pour favoritisme, détournement de fonds publics (dont détournement ou destruction d'archives publiques), vise des sondages et des prestations de communication commandés par l'Elysée sous Nicolas Sarkozy, de 2007 à 2012. Cette enquête a été ouverte à la suite d'une plainte avec constitution de partie civile de l'association Anticor. Le plaignant estime qu'une bonne partie des sondages commandés sans appel d'offres par la société de Patrick Buisson Publifact entre 2007 et 2009 n'avaient pas d'intérêt public lié à la fonction présidentielle. Sur la période 2010-2012, Anticor estime que certains sondages réalisés, après appels d'offres, ne relevaient pas non plus de la fonction présidentielle. Sont également visés par leur plainte des contrats de prestations en communication passés entre 2007 et 2012 entre l'Elysée et les sociétés de Pierre Giacometti et de Patrick Buisson, tous deux conseillers et amis de Nicolas Sarkozy, soupçonnés d'avoir bénéficié de favoritisme. Selon Mediapart, toutes les études effectuées entre 2010 et 2012 ont "disparu". D'où un élargissement de l'enquête à des faits de détournement et destruction d'archives publiques début octobre 2014. * AFFAIRE DES ÉCOUTES Une information judiciaire a été ouverte le 26 février dernier sur la base d'écoutes téléphoniques visant l'ancien chef de l'Etat et nombre de ses proches, qui valent aujourd'hui à Nicolas Sarkozy d'être mis en examen pour "trafic d'influence actif, corruption active et recel de violation de secret professionnel." Fait rare, l'enquête a toutefois été suspendue fin septembre, jusqu'à ce que soient examinées les requêtes en nullité déposées par l'ancien président et son avocat. Cette décision devrait suspendre l'enquête au moins jusqu'à début 2015 et l'examen de ces requêtes à une date qui n'a pas encore été fixée. Les soupçons sont apparus au détour d'une enquête sur des accusations de financement libyen de sa campagne électorale en 2007, poussant la justice à placer sur écoute deux téléphones utilisés par Nicolas Sarkozy. Les juges veulent vérifier si Nicolas Sarkozy a cherché à faciliter la promotion à Monaco de Gilbert Azibert, avocat général près la Cour de cassation, en échange de renseignements sur l'avancée du dossier sur des soupçons d'abus de faiblesse aux dépens de la milliardaire Liliane Bettencourt, pour lequel il a bénéficié d'un non-lieu. Les interceptions auraient révélé que l'ancien président et son avocat étaient bien renseignés sur la procédure alors en cours à la Cour de cassation. Depuis le début de l'affaire, Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog dénoncent des écoutes illégales. * "KAZAKHGATE" Les noms d'anciens proches de Nicolas Sarkozy et de son ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant apparaissent dans cette affaire de rétrocommissions présumées en marge de contrats signés en 2010 entre l'Elysée et le Kazakhstan. Une information judiciaire a été ouverte le 18 mars 2013 pour blanchiment en bande organisée, corruption active d'agents publics étrangers et complicité et recel de ces délits. À ce jour, trois personnes dont une avocate niçoise ont été mises en examen et aucun proche de l'ex-président ne figure parmi elles. Mais d'après Le Monde, un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et une ex-chargée de mission de Claude Guéant sont également visés par l'enquête. Les contrats en question, de près de deux milliards d'euros, comprenaient l'acquisition par le Kazakhstan d'ici 2016 de 45 hélicoptères de l'ex-Eurocopter, rebaptisé Airbus Helicopters AIR.PA . La société, dont le site en région parisienne a été perquisitionné début septembre, assure que ce projet "a été et reste conduit de façon parfaitement légale et appropriée." Selon Le Monde, "Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir fait pression en 2011 sur le Sénat belge, à la demande du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, afin d'adoucir le sort judiciaire de trois hommes d'affaires d'origine kazakhe poursuivis en Belgique". Des soupçons balayés par Claude Guéant. * KARACHI Deux juges d'instruction ont multiplié les investigations concernant des soupçons de corruption en marge de contrats d'armement et de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était porte-parole. Début juin, six personnes, dont l'ancien ministre Renaud Donnedieu de Vabres et l'homme d'affaires Ziad Takieddine, ont été renvoyés en correctionnelle dans le volet financier de cette affaire. Deux proches d'Edouard Balladur, Nicolas Bazire, membre du conseil d'administration et du comité exécutif de LVMH LVMH.PA et Thierry Gaubert seront également jugés. La Cour de justice de la République enquête de son côté sur le rôle présumé joué par l'ancien Premier ministre UMP Edouard Balladur et son ancien ministre de la Défense François Léotard dans ce même dossier. Les juges parisiens qui l'ont saisie estiment que les éléments de l'enquête rendent par ailleurs nécessaire l'audition par cette Cour de Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, comme témoin assisté. Ils semblent convaincus qu'une partie des commissions perçues par l'intermédiaire en armement Ziad Takieddine à la faveur de contrats signés avec l'Arabie saoudite et le Pakistan ont servi à financer la campagne d'Edouard Balladur via un système de rétrocommissions. L'une des hypothèses envisagées est que la fin du versement des commissions, ordonnée par Jacques Chirac, élu président en 1995, aurait provoqué l'attentat de Karachi qui a tué 11 Français en 2002, en représailles contre Paris. (Chine Labbé avec service France, édité par Yves Clarisse)


Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • jean-648 le lundi 22 déc 2014 à 15:34

    je comprends qu'il veuille être président. Il sera tranquille avec la justice 5 ans puis après le premier avion direction les Baléares.