ENCADRE-Le système de santé népalais débordé face au séisme

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par Rupam Jain Nair KATMANDOU, 26 avril (Reuters) - Le séisme dévastateur qui a frappé samedi le Népal a mis à nu les failles du système de santé, débordé par les conséquences de la catastrophe. Le pays himalayen de 28 millions d'habitants ne compte que 2,1 médecins et 50 lits d'hôpital pour 10.000 habitants, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé paru en 2011. Cette situation aggrave la crise humanitaire à laquelle le Népal est confronté depuis le tremblement de terre de samedi, le pire en 81 ans, qui a fait 2.460 morts et 7.000 blessés selon un bilan encore provisoire communiqué dimanche en fin de journée. "Les informations que nous recevons font état d'un haut niveau de destruction. Tout se joue dans les heures à venir, les hôpitaux sont débordés, nous devons agir vite", a déclaré dimanche le directeur des opérations internationales de Médecins du Monde, Gilbert Potier, dans un communiqué. L'ONG a annoncé en partenariat avec Solidarités International l'envoi d'une équipe d'urgence de douze personnes et de 15 à 20 tonnes de matériel médical. Médecins sans Frontières a envoyé huit équipes, dont une unité chirurgicale partie de Bruxelles dimanche après-midi. A Katmandou jusqu'à présent, les blessés graves ont été envoyés au Centre de traumatologie du Bir Hospital, qui a ouvert en février dernier avec 200 lits. Selon les médecins sur place, il faudrait un millier de lits supplémentaires pour prendre en charge les patients qui leur ont été acheminés depuis samedi en ambulance ou en taxi. "Face au séisme, la meilleure infrastructure publique hospitalière du Népal s'écroule au moment où elle devrait traiter davantage de patients en urgence", constate Sarvendra Moongla, un des chefs du service de chirurgie. Des enfants présentant des blessures multiples sont allongés sur le sol en marbre poussiéreux de l'établissement, tandis que des centaines d'adultes aux membres fracturés sont étendus sous des tentes à l'extérieur, entourés de proches qui cherchent à les nourrir et à les hydrater. Faute de morgues en nombre suffisant, 13 cadavres ont été alignés devant l'hôpital, l'un des plus vieux du Népal. De nombreux patients ont été invités à quitter les lieux afin de faire de la place aux rescapés. "Mon père a imploré le médecin de me garder à l'hôpital. Je saigne encore et je ne peux pas marcher", raconte ainsi Anita Dhungana, 31 ans, opérée quelques heures avant le tremblement de terre, et qui devait initialement rester au repos dans l'établissement pendant 48 heures. Devant le Medical College de Katmandou, à une demi-heure de route de l'hôpital Bir, Khile Sherpa, 20 ans, attend d'être soigné. Son oeil droit a été lacéré et il porte un bandage qui lui couvre la moitié du visage. Il dit avoir été évacué du camp de base de l'Everest, en partie détruit par une avalanche qui a fait au moins 17 morts. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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