ENCADRE-Le projet sécessionniste catalan et la riposte de Madrid

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MADRID, 25 septembre (Reuters) - Près de 5,5 millions d'électeurs sont appelés aux urnes dimanche pour élire le Parlement régional de Catalogne, un scrutin que les indépendantistes utiliseront pour prendre le pouls des velléités sécessionnistes des Catalans. Les premiers résultats sont attendus à 20h00 (18h00 GMT). Voici une liste des questions entourant le scrutin: POURQUOI LES CATALANS SOUHAITENT-ILS ÊTRE INDÉPENDANTS ? Les indépendantistes expliquent que la Catalogne, qui a sa propre langue et sa propre culture, est une "nation" et qu'elle doit à ce titre être autorisée à devenir un Etat. Ils jugent également que la Catalogne, une des plus riches régions d'Espagne, transfère trop d'argent aux régions les plus pauvres et qu'elle serait donc en meilleure santé financière si elle devenait indépendante. LE SCRUTIN EST-IL UNE ELECTION OU UN REFERENDUM ? Les Catalans élisent dimanche les 135 membres du parlement régional pour les quatre prochaines années. Mais pour donner à cette élection une allure de référendum, les principales formations sécessionnistes ont créé une plateforme commune "Junts pel Si" (ensemble pour le oui) dont la seule ambition est de séparer la Catalogne de l'Espagne. Les enquêtes d'opinion montrent que les séparatistes devraient manquer la majorité absolue des voix, mais ils devraient cependant l'obtenir au Parlement. Selon l'institut CIS, présenté comme le plus fiable d'Espagne, les formations séparatistes, Junts pel Si comprise, devraient obtenir 44% des voix et 68 à 69 siège sur les 135 de l'assemblée. COMMENT LES SÉPARATISTES ESPÈRENT DEVENIR INDÉPENDANTS ? Le projet présenté par Junts pel Si prévoit quatre étapes. Dans un premier temps le Parlement déclarera solennellement que le processus indépendantiste est enclenché. Dans un deuxième temps, les Catalans seront invités à prendre part à un processus constituant alimenté par des débats publics devant d'achever sur un référendum portant sur l'adoption d'une constitution. Dans un troisième temps, un gouvernement d'union nationale sera formé pour jeter les fondations du nouvel Etat, instaurer un Trésor, une banque centrale voire une armée. Ces trois phases devraient durer autour de 18 mois et permettre d'atteindre la quatrième et dernière étape, la déclaration d'indépendance. QUAND ET COMMENT MADRID INTERVIENDRA POUR BLOQUER LE PROCESSUS ? Les deux premières phases du projet nationaliste sont purement politiques et peuvent s'inscrire dans le cadre constitutionnel espagnol sans que le gouvernement central puisse intervenir. L'organisation d'un référendum sur une constitution se heurterait en revanche à la justice car elle violerait la constitution du royaume, tout comme la mise en place d'un nouvel État et la déclaration d'indépendance. Madrid souhaite mettre en oeuvre au plus vite une réforme constitutionnelle qui conférerait au Tribunal constitutionnel des prérogatives susceptibles d'empêcher tout décision unilatérale catalane. La juridiction a déjà bloqué un texte catalan qui ouvrait la voie à la création d'un Trésor. COMMENT SE TERMINERA LE BRAS DE FER ? Les analystes politiques pensent que le bras de fer s'achèvera par un dialogue approfondi entre les autorités catalanes et espagnoles débouchant sur une réforme fiscale favorable à la Catalogne et sur une hausse des investissements de l'Etat central dans les grands projets d'infrastructure. Une réforme constitutionnelle pourrait également être adoptée pour préserver la culture et la langue catalane. (Julien Toyer; Nicolas Delame pour le service français)

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